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La France, un arsenal à 297 milliards €
Etude de cas
d’après un article rédigé en avril 2005 par Jean-Marie Collin (Abolition des armes nucléaires)


  Le 13 avril 1960, la France réalisait dans le Sahara algérien, sur le site d’Hamoudia, son premier essai nucléaire atmosphérique[l]. Aux termes de l’article 9 du Traité de Non Prolifération qui a fixé la date limite au 1er janvier 1967, elle fait partie des puissances nucléaires reconnues.

    «L’arsenal nucléaire français aurait coûté au moins 297 milliards € pour la période s’étalant de 1945 à 2010. Globalement, l’arsenal nucléaire français a consommé 46% du budget d’équipement des armées entre 1960 et 1998 et 22% du budget total de la défense pour la même période»[2]

    Le stock d’armes nucléaires français a atteint son plus haut niveau en 1991, avec 536 têtes réparties entre ses trois composantes: terre, air et mer[3]Aujourd’hui, l’arsenal nucléaire français se compose de 348 têtes nucléaires[4], réparties entre deux composantes, la force océanique stratégique (FOS) et la force aérienne stratégique (FAS).

NombrePortéeMise en serviceType / PuissanceTêtes nucléaires
602.750 km1988300 kt50
24650 km1978300 kt10
486.000 kmoct. 19966 * 150 kt288
Etat des forces françaises en 2004: 348 têtes nucléaires

 La composante sous-marine[5] transporte 93% des forces nucléaires françaises. Elle est constituée de trois sous-marins nucléaires lanceurs d’engin SNLE-NS ( Le Triomphant S616Le Téméraire S617Le Vigilant S618) et d’un SNLE (L’inflexible S615). Chaque bâtiment peut transporter 15 missiles capables d’emporter six ogives nucléaires (type TN-71 ou TN-75), soit un “emport” total de 95 ogives. Cette force stratégique ne pourrait être pleinement opérationnelle sans les six sous-marins nucléaires d’attaques (SNA)[6]. Leurs mission, outre de faire de la lutte anti-sous-marine et antinavire aux profits de la force d’action navale, est de protéger les SNLE et le porte-avion Charles-De-Gaulle.

    Sous le terme de composante aérienne, il faut en réalité dissocier la composante aéronavale basée sur le porte-avions Charles-De-Gaulle (24 Super Étendards à capacité nucléaire) et la force aérienne basée à Istres et à Luxeuil (60 mirages 2000-N).

    La France n’a pas l’intention de se séparer de sa force de dissuasion et compte bien maintenir un niveau minimum (qui semble actuellement atteint). La loi de programmation militaire pour les années 2003-2008 prévoit de consacrer 19,3% de ses ressources pour poursuivre et assurer la modernisation de l’arsenal nucléaire.

· La mise en service du quatrième SNLE-NG le Terrible 8619 est prévue pour l’année 2010;

· Le développement du programme du missile M-51, qui équipera à l’horizon 2010 les SNLE-NS (un premier test de ce missile a été effectué en janvier 2004);

· La mise en service des bombardiers Rafale au standard nucléaire (F3) est prévue pour 2006

· La première flottille de Rafale F3 marine devrait entrer en service en 2010[7];

· Le laser Mégajoule construit au Centre d’Etudes Scientifiques et Techniques d’Aquitaine (CESTA) situé au Barp doit permettre la mise au point des armes nucléaires du futur  la Tête Nucléaire Aéroportée (TNA) et la Tête Nucléaire Océanique (TNO).

· La Tête nucléaire océanique (TNO) qui équipera les missiles M-51 devrait être opérationnelle en 2015.

· Le nouveau missile air-sol ASMP-A devrait remplacer en 2007-2008 le missile ASMP. Il devrait également être doté de la nouvelle tête nucléaire aéro-portée (TNA);

    En 1992, la France a ratifié le TNP, ce qui l’oblige par conséquent à poursuivre des négociations pour parvenir à un désarmement nucléaire général et complet.


1. Puissance évaluée entre 60 et 70 kt; nom de code Gerboise bleu.

2. Bruno Barrillot, Audit atomique: le coût de l’arsenal nucléaire français 1945-2010, CDRPC, Lyon, 1999.

3. Damoclès, Guides des forces nucléaires françaises, janvier 1992.

4. Sipri, Yearbook 2004, Sipri / Oxford University Press, 2004

5. En 1954 démarra le projet de mise en place d’une composante sous-marine dotée d’une propulsion nucléaire avec le projet Q244. Après de multiples essais et avec l’aide des Etats-unis, la France parvint à mettre en service son premier SNLE le 1er décembre 1971 (Le Redoutable 5611).

6. Ces sous-marins sont dits nucléaires en raison de leurs modes de propulsion, mais ne possèdent aucune arme atomique, seulement des armes conventionnelles (torpille…)

7. Charles Cova,  «Les flottilles aux standards F2 et F3 entreront respectivement en service en 2007 et 2010», projet de loi de finance pour 2003, Avis, Défense Marine, p 31.