UN GROUPE DE SCIENTIFIQUES


POUR L’INFORMATION SUR L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE


PAGE D’INFOS de GSIEN


(extrait de la Gazette 143/144 de 1995)

 Depuis 1976, il existe, en France, un groupement de scientifiques indépendants qui diffuse de l’information sur les nombreuses questions que soulèvent le développement de l’industrie nucléaire en France. Lors de l’accident nucléaire de Tchernobyl, ce groupe a été abondamment sollicité par la presse et le public pour répondre aux carences des services officiels.

    Les compétences pluridisciplinaires du Groupe de Scientifiques pour l’Information sur l’Énergie Nucléaire ont été largement reconnues puisque plusieurs de ses membres ont participé à des expertises de projets nucléaires… à l’étranger. En réclamant l’accès à la documentation, la pluralité des analyses, afin d’obliger les services officiels à fournir une inforrnation sincère, le GSIEN a témoigné qu’une large fraction de la communauté scientifique française souhaitait des structures d’évaluation indépendantes d’un des plus importants programmes nucléaires au monde.

    La catastrophe de Tchernobyl a largement montré qu’en France, l’information sur le nucléaire est biaisée: on ne peut être en même temps promoteur et garant de la sûreté, on ne peut confier aux mêmes services la sûreté des systèmes et les conséquences de l’échec de ces mêmes systèmes.

    Rappelons que c’est l’absence totale de débat démocratique sur l’énergie nucléaire qui est à l’origine du GSIEN et la motivation de son activité, compte tenu de la démission du pouvoir politique vis-à-vis des nucléocrates du CEA, de l’EdF et de l’indifférence absolue de ceux-ci vis-à-vis de l’opinion publique et même de la législation.

 Le GSIEN, c’est plus de 120 dossiers scientifiques publiés dans la revue «La Gazette Nucléaire»,c’est la publication de plusieurs livre et de nombreuses interventions devant des organismes officiels ou pour le public, c’est aussi la réponse à de nombreuses demandes (scolaires, journalistes, associations…)

    Ce groupe indépendant, à but non-lucratif, ne fonctionne que par la volonté de ses membres et avec les financements de leurs cotisations. A l’heure (*) où les importantes avaries du réacteur surgénérateur Superphénix soulèvent des inquiétudes et son redémarrage sans cesse repris les confirme, il est important qu’un groupe tel que le GSIEN puisse continuer à bien fonctionner. Cela dépend largement de votre soutien.

Pour soutenir notre action, vous pouvez:

– adhérer à l’association (pour cela nous contacter en précisant votre (vos) spécialités scientifiques, des sciences humaines à la physique. Votre candidature sera soumise au bureau)

– vous abonner à la revue la Gazette Nucléaire: abonnement pour un an, France 23€, étranger 28€

– participer à ses activités (préciser vos compétences ou centres d’intérêt): contactez la rédaction.


Le GSIEN participe:

– au réseau national de mesure: cela piétine, mais rien n’est simple

– au PNGMDR: je vous tiens au courant des divers problèmes

– à l’ANCLI: participation aux enquêtes publiques de Gravelines (MOX pour les 5 et 6), de l’EPR à Flamanville

– étude du dossier de création de Flamanville 3 (EPR) et du rapport de sûreté

– au CSSIN: dossier EPR, Tchernobyl, Démantèlement

– à l’AVEN: articles et conférence de A. Behar, participation de R. Sené aux réunions avec les CEA-DAM

– au Groupe radioécologie du Nord Cotentin

– au Groupe d’Expertise Pluraliste

– aux CLI de Saclay, de Bruyère le Châtel, de la Hague

     Par contre, il va falloir qu’on arrive à obtenir un peu d’argent, sinon on coule: on a effectivement l’expertise de la 3ème décennale de Fessenheim; j’espère qu’on pourra tenir jusque-là. Remarquez, il faut bien s’arrêter un jour…

Monique Sené, présidente


La légion d’honneur à Monique Sené!
Communiqué AFP du GSIEN, 5 octobre 1998


 Le samedi 3 octobre 1998 a eu lieu une réunion exceptionnelle du GSIEN. Cette réunion se tenait pour la remise de la légion d’honneur à la présidente Monique Sené et de ce fait à l’ensemble du GSIEN. Pour les membres du GSIEN et leurs compagnons de longue date (militants de Plogoff, de Segré, de Pougue Hérisson, de Poitiers, de Strasbourg, de Lyon, de partout…), c’était la reconnaissance de leur lutte pour la prise en compte de leur questionnement et de leur fastidieux travail d’expertise indépendante. Après presque 25 ans d’efforts ils appréciaient cette reconnaissance, tout en sachant qu’il faudrait inlassablement continuer cette lutte citoyenne.

    La majorité des membres a été sensible au fait que cette distinction lui vienne du ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement .

    Né il y a 23 ans en décembre 1975, le Groupement s’efforce de fournir aux citoyens une information aussi complète que possible sur tout le cycle du nucléaire, de la mine aux déchets en passant par la centrale. Le groupement oeuvre pour une sûreté de haut niveau, pour une prise en charge de la santé des populations et pour, au moins, une forte réduction du programme nucléaire. Ses membres répartis sur toute la France participent aux différentes commissions locales, font des conférences et diffusent la Gazette Nucléaire.

     Le GSIEN réaffirme ses demandes, comme en 1974 lors de l’appel des “400 scientifiques”

   – Un débat sur la politique énergétique, la prise en charge des aspirations des citoyens. La mise en place d’une vigoureuse politique de préservation de l’énergie et de diversification des sources pour limiter les pollutions. Partir des besoins pour définir une politique et développer toutes les sources autres que le nucléaire.

     – La séparation stricte des fonctions contrôleur-contrôlé. Que la sûreté et donc la sécurité des populations soit le moteur de nos autorités.

     – La prise en charge de la santé des populations grâce à un suivi autour des sites aussi bien au plan radiologique que chimique

     – Face à l’accumulation des problèmes techniques pour les réacteurs (fissures, erreurs de conception et de réalisation), techniques toujours sur les déchets mais aussi éthiques, il faut être conscient que seul l’arrêt du nucléaire (réacteurs et retraitement) éloignera la menace d’un accident et limitera les quantités de déchets. Cet arrêt ne nous dispensera pas de gérer les millions de tonnes existantes, les sites contaminés,…

    Que les autorités et nos amis se rassurent ce n’est pas une médaille qui va stopper notre action. Bien au contraire nous considérons comme indispensable d’être toujours vigilants et de rester à l’écoute des populations et des travailleurs. Si des progrès ont été faits, il reste à les concrétiser. De toute façon le risque est toujours présents, donc le questionnement et la vigilance seront toujours aussi nécessaires.


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