CERN – la physique des particules piégée par l’OTAN


Andre Gsponer
Directeur de l’Independent Scientific Research Institute (ISRI) à Genève
Jacques Grinevald
Professeur à l’Institut Universitaire d’Etude du Développment (IUED), Université de Genève


     CERN – la physique des particules piégée par l’OTAN
     En publiant une adaptation de l’article de l’historien John Krige sur l’origine du CERN, La Recherche d’octobre 2004 (No.379; p.64-69) a eu le grand mérite de dépasser les légendes qui circulent à ce propos, et ainsi d’ouvrir le débat sur les vraies fonctions du CERN, qui comme pour toute organisation internationale, sont avant tout politiques.

     En tant que participant actif, ou (et) observateur attentif, du dévelopment du CERN et de la physique des hautes énergies durant ces trentes dernières années, nous voudrions faire quelques commentaires, notamment en nous référant à l’original: I.I. Rabi et la naissance du CERN (Physics Today, September 2004, p.44-48) [1].

     D’abord le titre, devenu: CERN l’atome piégé par le plan Marshall. En effet, si les idées à l’origine du CERN en 1954 remontent au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, sa création proprement dite a beaucoup moins à voir avec le plan Marshall (1948-1952) qu’avec l’initiative «Atomes pour la Paix» de l’Administration Eisenhower en 1953. En effet, comme l’ont montré les politologues [2], cette démarche américaine de déclassernent d’une partie des secrets de la fission nucléaire était avant tout une intiative de politique étrangère, tout comme la création du CERN, ainsi que le démontre John Krige.

     De fait, l’initiative «Atomes pour la Paix» a été suivie en 1957 par une initative soviétique dont on parle peu, une démarche similaire de déclassement d’une partie des secrets de la fusion thermonucléaire, initiative rapidement récupérée par les Américains en 1958 [3]. Il en a résulté que la Grande Bretagne, suivie par d’autres Etats, se sont rapidement engagés dans des programmes nationaux, ce qui explique en partie pourquoi aujourd’hui encore l’effort international pour la fusion thermonucléaire n’est pas comparable à celui de la recherche centralisée en physique des hautes énergies, dont le CERN est le prototype.

     Ainsi, l’épisode relaté par John Krige démontre, documents officiels à l’appui, que la création du CERN s’inscrit dans une dynamique où les trois axes scientifico-technologiques du nucléaire (la fission, la fusion, et l’accélération des particles — Voir La Recherche No.124, juillet/août 1981, p.866-868) ont été autant que possible endigués, neutralisés, «piégés» voire même «pillés» par la politique étrangère américaine. En fait, ces conclusions étaient déjà les nôtres quand nous avons publié La Quadrature du CERN en 1984 (voir La Recherche No.165, avril 1985, p.506) [4].

Mais nous ne savions pas alors que François de Rose, considéré comme l’un des fondateurs du CERN (dont il a présidé le Conseil de 1959 à 1962), avait écrit en tant qu’ancien Représentant permanent auprès du Çonseil atlantique, dans la Revue de l’OTAN d’octobre 1978, pages 16-20 et 26-30, un article sur la politique scientifique de l’OTAN où le CERN était montré en exemple, et dont les conclusions vont largement dans le sens de celles de John Krige ou des nôtres. En particulier, dans une perpective de complémentarité atlantiste, où domine la vision d’une Amérique plus «apte» à «assimiler et utiliser les développements scientifiques et techniques», donc mieux «disposée» que l’Europe «à accueillir les innovations et les progrès», François de Rose rappelle qu’il aurait été «dommageable pour l’Amérique elle-même» de ne pas avoir un accès direct «aux découvertes de base, aux enseignements et aux travaux accomplis en Europe» [5].

     C’est ainsi que, bien que ne faisant pas partie de l’Organisation, les Etats Unis ont toujours eu un accès privilégié aux résultats scientifiques et technologiques du CERN. Ceci est illustré par le fait que des expériences cruciales pour le développement des armes à faisceaux de particules ont pu être faites sans difficultés au CERN au début des années 1980 [6],


suite:
et qu’en ce moment même des scientifiques américains travaillant sous contrat Défense participent à des expérience sur l’antimatière [7], alors qu’il est explicitement reconnu que ce genre de collaboration permet aux USA de faire l’économie de la construction d’installations similaires sur leur propre territoire, voir La Recherche de novembre 1986 (No.182; p.1440-1443) [8].

     Mais cela ne veut pas dire que les Européens n’ont pas pu profiter de la «tête de pont» CERN, notamment pour détourner à leur avantage certains aléas de la démocratie. C’est ainsi que lorsqu’en 1965 des complications politico-administratives ont freiné la livraison d’un super-ordinateur CDC 6600 dont la France avait besoin pour mettre au point sa bombe à hydrogène [9], les scientifiques français ont pu utiliser une machine similaire que le CERN venait de recevoir [10] pour apprendre à s’en servir et commencer à écrire leurs programmes. En fait, si dans ce cas un Etat européen dont la politique nucléaire indépendantiste inquiétait le Congrès américain a pu bénéficier du CERN, un événement assez semblable s’est produit en 2001 lorsque le CERN a signé un accord de coopération avec l’Iran [11], au grand dam de la classe politique américaine.

     Pourquoi? Comme nous le confirme John Krige dans son article original, avec référence à la CIA, le CERN avait aussi été créé à l’avantage de l’Occident pour que «les scientifiques américains puissent discrètement juger la compétence de leurs collègues soviétiques et d’ailleurs, […] en bref, pour que le CERN puisse constituer une base utile à l’espionnage scientifique informel» [12].

C’est ainsi que lorsque les scientifiques et ingénieurs irakiens ont assidûement fréquentés le CERN dans les années 1970, par le biais de collaborations avec des Universités anglaises, il ne fait aucun doute que Washington fut rapidement informé de ce que les Irakiens s’inspiraient de la technologie des accélérateurs pour enrichir de l’uranium à des fins militaires [13]. Si on les a laissé faire, pour ensuite prétendre en 1991 que l’on ne savait rien, c’est que la règle de ce jeu là consistait, et consiste toujours, à frapper fort au moment où l’autre commettrait une erreur.

     C’est ainsi que le CERN, né avec la Guerre froide, continue à jouer, voir à étendre, son rôle politique de passage obligé pour tout pays voulant accéder à la technologie des accélérateurs de particules, que ce soit en raison de leurs applications scientiques, industrielles, ou militaires. Il n’est donc pas étonnant de constater que depuis qu’ils ont fait des essais nucléaires, l’Inde et le Pallistan sont devenus des partenaires hautement considérés au CERN, comme le démontrent les nombreuses pages consacrées à ces deux pays dans le Courrier CERN depuis quelques années [14].

     Que dire alors du CERN à l’occasion de son 50ème anniversaire? Principalement qu’il a largement concrétisé, voir dépassé, les rêves de ses promoteurs — les visionnaires atlantistes tels que Isidor I. Rabi (qui représenta les Etats Unis auprès du Comité scientifique de l’OTAN), J. Robert Oppenheimer (président de 1946 à 1952 du «GAC», le très influent comité de huit personnes, dont Rabi, conseillers scientifiques et politiques de l’«AEC», la Commission américaine pour l’énergie atomique), François de Rose en France, Edoardo Amaldi en Italie, et beaucoup d’autres [15].

Il est donc navrant, pour nous qui sommes convaincus que l’Europe a un autre message à apporter au monde que celui de la puissance, de voir que le CERN piégé dans la dynamique atlantiste, a empêché plutôt que favorisé un véritable processus d’unification européenne centré sur des valeurs morales et scientifiques qui lui seraient propres.

p.9

(suite)


Notes et références:

[1] J. Krige,
http://www.physicstoday.org/vol-57/iss-9/p44.html I.I. Rabi and the birth of CERN, Physics Today (September 2004)
44-48.

[2] R. Kollert, Die Politik der latenten Proliferation. Militärische Nutzung ‘friedlicher’ Kerntechnik in Westeuropa, Dissertation (Deutscher Universitätsverlag, Wiesbaden, 1994, ISBN-3-8244-4156-X) 551 pp.

     R. Kollert, ‘Atoms-for-peace:’ A foreign policy concept of the Cold War gets into a clue to latent proliferation, INESAP Information Bulletin, No. 9 (May 1996) 22-24.

[3] A. Gsponer et J.P Hurni,
http://arXiv.org/pdf/physics/0401110
ITER The International Thermonuclear Experimental Reactor and the Nuclear Weapons Proliferation Implications of Thermonuclear-Fusion Energy Systems (PDF), report ISRI-04-01 (2 February 2004) 80pp. Voir plus particulièrement la section 2.9, pages 51 à 54.

[4] J. Grinevald, A. Gsponer, L. Hanouz, and P. Lehmann,
http://cui.unige.ch/isi/sscr/phys/Quadrature.html
La Quadrature du CERN, avec:
http://cui.unige.ch/isi/ssc/phys/Jungk-preface.html
préface de Robert Jungk (Editions d’En bas, Lausanne, 1984)186 pp.

[5] François de Rose, Les progrès scientifiques et techniques:
Les problèmes qu’ils posent à l’Ouest, Revue de l’OTAN, Vol.26 (Octobre 1978)16-20, 26-30. Pour le CERN, et la fusion thermonucléaire, voir plus particulièrement les pages 26 et 27.

[6] Voir la postface, Le CERN, vingt ans après,
http://cui.unige.ch/isi/ssc/phys/Jungk-postface.html
que Robert Jungk a écrite en 1986 pour la réédition de son livre de 1966 sur le CERN. Voir aussi La Quadrature du CERN, pages 29 à 34. Pour les détails techniques, voir section 9.1. de A. Gsponer:
http://arXiv.org/pdf/physics/0409157
Physics of high-intensity high-energy Particle Beam Propagation in open Air and outer-space Plasmas (PDF), report ISRI-82-04 (September 2004) pages 63-71.

[7] G. Gabrielse et al., First measurement of the velocity of slow antihydrogen atoms, Phys. Rev. Lett. Vol.93 (13 August 2004) 073401-1. En page 073401-4 on lit que l’expérience est partiellement financée par l’Air Force Office of Scientific Research of the United States. Cette publication est annoncée dans: CERN Courier (October 2004):
http://www.cerncourier.com/main/article/44/8/6 p.8.

[8]http://cui.unige.ch/isi/ssc/phys/LaRecherche.html
Version web avec quelques liens internet supplémentaires.


suite:
[9] U.S. delays jumbo systems for France, Datamation, Vol. 11 (January 1965) 95.

[10] C. Jones, Computing at CERN, CERN Courier (September 004):
http://cerncourier.com/main/article/44/7/27 p.32.

[11] Un premier accord de coopération apportant 1.4 millions de francs suisses au CERN a été signé le S juillet 2001: CERN Courier (September 2001):
http://cerncourier.com/main/article/41/7/18/4/cernpeo15_9-01 p.38.

[12] Référence No.8 de: http://www.physicstoday.org/vol57/iss-9/p44.html (erreur de lien?!…) version Physics Today de l’article de John
Krige: Wilton Lexow, The Science Attaché Program (CIA, Studies in Intelligence, Spring 1966) p.21:
http://www.cia.gov/csi/studies/declass Instructions pour la commande.

[13] Voir l’article de Suren Erkman: http://cui.unige.ch/isi/ssc/phys/Erkman.html
Bombe atomique: L’Irak est passé par le CERN, dans le Journal de Genève du 22 avril 1995. Voir aussi La Quadrature du CERN pages 60, 70, 71, et 73. Pour plus de détails techniques et politiques, voir A. Gsponer:
http://nuclearweaponarchive.org/Iraq/Calutron.htmlIraq’s calutrons: 1991-2001.

[14] Pour un numéro consacrant une page entière de nouvelles à l’Inde, et une autre au Pakistan, voir le Courrier CERN de décembre 2003, pages:
http://cerncourier.com/main/article/43/10/6 8-1 et http://cerncourier.com/main/article/43/10/7 8-2, et respectivement pages: http://cerncourier.com/main/article/43/10/10 10-1 et http://cerncourier.com/main/article/43/10/11 10-2 .

Il va sans dire que la Chine, qui pour les USA a remplacé l’URSS en tant grand rival, jouit d’une considération similaire, voir par exemple Courrier CERN mars 2003:
http://cerncourier.com/main/article/44/2/20 p.3 1-32. [15] L’importance du rôle d’Oppenheimer est plus particulièrement soulignée par François de Rose, ce que rapporte notamment l’historien Robert Jungk, voir La Quadrature du CERN p.5 1. Voir aussi:
http://www.cerncourier.com/main/article/44/8/22

Origins: the early days of CERN, dans le numéro commémoratif du Courrier CERN (Octobre 2004) p.74; ainsi que:
http://cerncourier.com/main/article/42/6/20/3
CERN Pioneers, CERN Courier (July/August 2002) p.35.

p.10

(suite)


CERN: 50 ème anniversaire
PRESENTATION OFFICIELLE
COMPAREZ ET COMPRENEZ

     GENEVE, 18/10/04 (AFP) – Les chefs d’Etat d’Espagne, de France et de Suisse sont attendus mardi à Genève pour les cérémonies du cinquantenaire de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (Cern), en hommage aux découvertes alignées par le plus grand laboratoire mondial de physique des particules.

     Le roi d’Espagne Juan Carlos accompagnera les présidents français Jacques Chirac et suisse Joseph Deiss pour ces cérémonies qui se dérouleront au siège du Cern, de part et d’autre de la frontière franco-suisse.

     Entouré des représentants des gouvernements des pays membres, M. Chirac inaugurera la «Porte De Gaulle» située en territoire français.
     Une partie des expériences menées au CERN se déroulent dans un tunnel de 27 km de long qui serpente à 100 m sous terre des deux côtés de la frontière.

     Dans cette galerie, le Cern tente de recréer les conditions du «big bang» grâce à un grand collisionneur de hadrons qui a coûté près de 2,27 milliards d’euros. Ce projet phare, qui sera achevé en 2007, remplace l’accélérateur de particules LEP qui occupait ce tube de 4,4 m de large depuis 1989.

     Depuis sa création le 29 septembre 1954, le Cern et ses 2.500 employés s’efforcent de percer les mystères du «big bang» et de l’antimatière.

     A l’intérieur du grand collisionneur, grâce à des aimants de la taille d’un immeuble de sept étages et d’une puissance inégalée, les particules entreront en collision à une vitesse proche de celle de la lumière, perrnettant aux scientifiques d’ouvrir une fenêtre sur les premiers instants de l’univers.

     Pour analyser les résultats de cette expérience, des milliers d’ordinateurs seront mis en batterie dans le monde, dont 1.500 alignés dans un vaste hangar du CERN.

     Financé sur fonds publics, le Cern diffuse gratuitement ses découvertes, qui ont valu six prix Nobel à ses chercheurs.

     Créé à l’origine par 12 Etats européens, il en rassemble aujourd’hui 20, mais il est en relation avec 7.000 chercheurs répartis dans 85 pays. Il continue ainsi à servir de pont entre savants du monde entier. Durant la guerre froide, le Cern était l’un des rares lieux de collaboration entre chercheurs soviétiques et américains. Pour son cinquantenaire, le Cern avait ouvert samedi ses portes au public. 800 scientifiques ont accueilli plus de 32.000 visiteurs, soit un tiers de plus que lors de la précédente journée portes ouvertes, il y a cinq ans.

     Pour assouvir la soif de connaissance du public, l’organisation inaugure également mardi un «Globe de la science et de l’innovation». Ce pavillon accueillera des expositions complétant les visites guidées des laboratoires, suivies chaque année par quelque 30.000 personnes.Les recherches fondamentales menées au Cern ont peu d’impact sur la vie quotidienne des terriens, mais les équipements qui y sont mis au point peuvent parfois servir dans d’autres domaines. Ainsi c’est pour simplifier la communication entre les chercheurs de l’établissement qu’un de ces chercheurs, le Britannique Tim Berners-Lee, a mis au point le world wide web, le logiciel qui a favorisé le développement de l’internet dans le grand public. Le Cern est également à l’origine de scanners médicaux utilisés dans le diagnostic du cancer ainsi que de techniques utilisées pour produire des microprocesseurs.

suite:


ÉNERGIE: Le Prix Nobel de physique 1984 projette d’exploiter les ressources de 350 miroirs sur quarante hectares de terrain
LE FIGARO 19/08/04

Rome : de notre correspondant Richard HeuzéEn Sicile, la centrale électrique solaire de Carlo Rubbia s’inspire d’Archimède     En 212 avant Jésus-Christ, Archimède avait inventé de vastes miroirs concaves pour incendier la flotte romaine qui assiégeait le port de Syracuse. C’est en hommage au savant grec que le Prix Nobel de physique 1984 et ancien patron du Centre européen pour la recherche nucléaire (Cern) basé à Genève, Carlo Rubbia, a donné son nom à un projet prometteur de production d’énergie solaire à coût réduit et forte intensité.

     D’un montant de 50 millions d’euros “amortissable en six ans”,
le projet se propose d’émettre dans le réseau en trois ans quelque 20 MWé solaire capable d’éclairer une ville de
20.000 habitants à raison de six centièmes d’euro par kW/h, ce qui est inférieur de moitié au coût actuel de production.

     Le projet est commun à l’Enel et à l’Enea, l’établissement public pour les sources d’énergie alternative. Le chantier, situé sur un site mitoyen de la centrale Enel à cycle combiné de Priolo (Sicile) a été inauguré le 19 mai.

     L’énergie solaire qui sera produite sera injectée dans le réseau au travers de la centrale.
     La technologie employée sera révolutionnaire. Sur une surface de quarante hectares équivalant à vingt terrains de football, 360 “collecteurs paraboliques” seront construits à Priolo, près de Syracuse. Conçus selon le principe des miroirs concaves d’Archimède et pouvant pivoter sur eux-mêmes de manière à suivre le soleil dans sa course, ils seront capables de concentrer sa chaleur et de la convoyer dans des tubes d’acier emplis de nitrate de sodium et de potassium. La température à l’entrée atteindra 550o, contre un maximum de 350o avec la technologie actuelle de panneaux solaires.

     L’énergie ainsi recueillie est convoyée par un système de “réservoirs vers une génératrice de vapeur où le fluide brûlant arrivant des miroirs sert à réchauffer des serpentins d’eau froide qui dégagent de la vapeur. Une turbine transforme celle-ci en énergie électrique aussitot insérée dans un réseau de lignes à haute tension.

     “Des prototypes combinant solaire et gaz naturel opèrent en Californie depuis des années. Ils n’ont toutefois jamais donné lieu à une exploitation industrielle sur vaste échelle, notamment en raison des risques de contamination de l’environnement liés aux huiles minérales utilisées pour propager la chaleur. Mon projet a l’avantage de ne présenter aucune émission de gaz nocifs autres que de l’hydrogène qui peut être récupéré pour un nombre infini 
d’emplois“, a expliqué Carlo Rubbia dans la presse italienne.

     Ce projet devrait permettre d’économiser 12.500 tonnes d’équivalent pétrole et d’éviter la dispersion dans l’atmosphère de 40.000 tonnes d’anhydride carbonique par an.

     A long terme, la production d’énergie solaire sur grande échelle devrait abaisser de manière drastique le coût du matériel, qu’il s’agisse des miroirs comme des équipements annexes comme les convertisseurs de chaleur et les turbines électriques. Carlo Rubbia juge ce projet idéal pour les agglomérations moyennes du Sud méditerranéen, pour les terres arides et les îles. Autre avantage, non négligeable: de tels miroirs solaires s’intègrent mieux dans le paysage que les panneaux classiques car ils épousent les reliefs du terrain. En outre ils ne reflètent pas la lumière vers le haut, une gêne souvent à l’origine de protestations des populations locales.

p.11

(suite)


Retour vers la G@zette 217/218