| LE MONDE | 23.06.08
Plus de 3;000 maires d'une vingtaine de départements
ont reçu, ces derniers jours, un dossier d'information adressé
par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).
Celle-ci a été chargée, début juin, par le
ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, de lancer un appel à
candidatures. Il s'agit d'identifier des municipalités volontaires
pour accueillir un centre de stockage de déchets radioactifs de
faible activité à vie longue (FAVL). Cette installation,
dont l'ouverture est l'un des objectifs fixés par la loi de juin
2006 sur la gestion des déchets radioactifs, devrait être
mise en service en 2019. "Plusieurs élus se sont manifestés",
indique-t-on à l'Andra.
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Dans l'éditorial du dossier adressé
aux élus, le député UMP François-Michel Gonnot
(Oise) et Marie-Claude Dupuis, respectivement président et directrice
générale de l'Andra, soulignent que "ce projet constitue
une véritable opportunité de développement économique".
Au chapitre 1, intitulé "une opportunité à saisir
pour dynamiser votre territoire", le dossier détaille l'ampleur
du projet: 200 à 350 millions € de coût de construction;
10 à 30 millions € annuels d'exploitation pendant vingt ans;
100 emplois en phase de construction, 50 en phase d'exploitation (jusque
vers 2040), 5 en phase de surveillance. Dans sa lettre de mission, Jean-Louis
Borloo souhaitait que l'Andra veille à ce que le stockage "se traduise
par un développement harmonieux du territoire d'accueil".
Pour le réseau Sortir du nucléaire, le projet de développement proposé aux collectivités territoriales s'apparente à de la "corruption légale". "Nous refusons tout projet, a fortiori d'enfouissement, car c'est un cadeau empoisonné pour les générations futures, estime son porte-parole, Fabrice Lhomme, avant d'ajouter : nous discuterons des options une fois qu'on aura décidé de la sortie du nucléaire." Au contraire, dans un témoignage figurant dans le dossier de l'Andra, Jacky Bonnemains, président de l'association écologiste Robin des bois recommande "sous réserve de conformité géologique" le stockage ultime des déchets FAVL. "Il s'agit d'une question vitale, note-t-il, en attente d'une réponse depuis cent ans" pour les plus anciens de ces déchets. Hervé Morin
Chronologie
Juin 2008. Lancement de l'appel à candidatures pour un stockage de déchets faiblement radioactifs à vie longue. 31 octobre. Date limite de réponse pour les collectivités intéressées. 2009-2010. Campagne d'investigation sur sites et concertation locale en lien avec la Commission nationale du débat public. Fin 2010. Délibération des communes pour confirmer leur candidature. Proposition d'un site d'implantation. 2011-2013. Poursuite des études. 2013-2015. Instruction de la demande d'autorisation de création du stockage. 2015-2019. Construction. |