ENERGIES RENOUVELABLES sol(ID)aires
LES "BIOCARBURANTS"
ACTUALITE principalement FRANCAISE
2006
Source ADIT:
    ·· juin: France, Le biodiesel sera produit à Limay dès 2008:
    Le Port autonome de Limay-Porcheville fait partie des seize sites français choisis pour accueillir une unité de production de biocarburants. Ce projet s’inscrit dans le programme mis en place par le gouvernement pour promouvoir les énergies renouvelables. Financée par Sarp Industries, la future usine fabriquera 60 000 tonnes de biodiesel par an.
Delphine Szydlowski   Le Courrier de Mantes
    C'est sur le Port autonome de Limay-Porcheville, que prendra place l'unité de production de biodiesel.
    Le gouvernement a donné un coup d’accélérateur au développement des biocarburants en annonçant la construction de seize nouvelles usines de production lors du dernier salon de l’Agriculture. Objectif: atteindre 5,75% d’incorporation dans les carburants à l’horizon 2008. Un niveau qui devra atteindre 7% en 2010.
    Parmi les projets retenus par l’État, celui de Sarp Industries, prévu sur la zone portuaire de Limay-Porcheville.
    Ce projet industriel innovant porte sur la création d’un site de fabrication de biodiesel axé sur la valorisation de déchets - des huiles alimentaires usagées - avec compléments d’huile pure d’origine végétale.

Une situation stratégique
    La future usine de biocarburant sera implantée à proximité du centre de traitement et de valorisation de déchets dangereux de Sarp Industries. Une situation géographique qui a de nombreux atouts. «Cette situation permettra le recours au transport fluvial pour l’alimentation de l’unité et l’acheminement du produit fini. Elle permet aussi la mutualisation des échanges énergétiques. L’énergie produite par Sarp sera utilisée pour faire fonctionner le process de l’usine de biocarburants», explique Clément Leveaux, le directeur de la communication de Sarp Industries/Véolia Propreté.
    L’unité de Limay produira 60.000 tonnes de biodiesel par an. Les huiles utilisées pour la fabrication du biocarburant proviendront des chaînes de restauration rapide et de la restauration collective, sur toute la partie située au nord de la Loire.
    La collecte de cette matière première sera prise en charge par Eco-gras, une filiale dédiée de Veolia Propreté.
    Pour Sarp Industries, ce projet représente un investissement de 22 millions €. En terme d’emplois, c’est une vingtaine d’embauches qui sont prévues à terme sur le site.
    Les travaux devraient démarrer début 2007 pour une livraison prévue au premier trimestre 2008.

Dans les transports collectifs
    Le biodiesel fabriqué à Limay sera utilisé dans les bus de la Connex, gérés par Veolia Transport, et dans les camions de marchandises dépendant du réseau Veolia Propreté. C’est ce qu’on appelle une synergie parfaite!
    Grâce à cette nouvelle unité, Veolia développe sa première filière “Biodiesel” en France et confirme son statut de leader dans la valorisation des déchets en énergie renouvelable. «Ce projet marque le début d’une nouvelle ère pour Sarp, poursuit Clément Leveaux. Comme on a su le faire en 1975 avec la valorisation des déchets dangereux, on est en train d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire de l’entreprise. L’avenir, c’est la valorisation de la matière!»

Quelques données sur le biodiesel
    Dans la famille des biocarburants, il existe trois grandes filières: les huiles végétales, utilisées à l’état brut , le bioéthanol (produit de la fermentation de plantes riches en sucre/amidon) et le biodiesel.
    Le biodiesel, également appelé diester, est un carburant obtenu à partir d’huile végétale ou animale transformée par un procédé chimique appelé transestérification. Cette opération consiste à faire réagir de l’huile avec de l’alcool pour faire diminuer sa viscosité. L’alcool est la plupart du temps du méthanol. Pour que la réaction se déroule plus rapidement, il faut chauffer le liquide à 50°C et ajouter une base comme catalyseur. Le procédé permet de récupérer de la glycérine, ce qui est une source de valeur ajoutée.
    Le diester, c’est d’abord un biocarburant pour les véhicules diesel, il se mélange au gazole. Il est incorporé dans des proportions variables allant de 5% pour les véhicules classiques à 30% pour les flottes captives de collectivités locales ou d’entreprises (bus, poids lourds).
    L’avantage majeur porte sur l’impact environnemental. L’utilisation de biocarburant permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
    Mais l’utilisation des biocarburants représente également un élément de réponse à l’augmentation du coût des carburants et à la baisse des réserves pétrolières.
    Les plus gros producteurs de biodiesel sont les Etats-Unis, l’Allemagne et la France. La production est relativement faible (inférieure au million de tonnes en France en 2004) par rapport à la consommation de diesel. La France produit chaque année environ 300.000 tonnes de diester, soit à peine 1% du carburant consommé.

    ·· mars: Lille carbure au biogaz:
http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=99506
    Depuis 1994, des bus lillois expérimentent le biogaz carburant, un biométhane raffiné et mis à disposition pour des bus roulant au gaz naturel. Porté par une conviction politique constante, la démarche a permis de faire la jonction entre le traitement des déchets et le transport urbain. Avec cette expérience, la plus ancienne d'Europe, Lille est en tête des villes européennes sur ce procédé.
    Le 23 mars 2006, le temps d'une journée de conférences, Lille est devenu le point de rencontre des villes participant au projet de recherche et développement BioGASMAX : BioGAS as fuel vehicle MArket eXpansion to 2020 Air quality. Démarré en janvier 2006 pour s'achever fin 2009, ce projet, inscrit au programme européen Biofuels cities, vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre et la dépendance pétrolière des 28 partenaires – élus, industriels, universitaires, etc. - en faisant la promotion du biogaz carburant, une énergie renouvelable issue de la méthanisation des déchets organiques, des "biodéchets", et des boues de station d'épuration. La méthanisation est un procédé de dégradation de la matière organique par une flore microbiologique. Elle s'applique à la plupart des déchets municipaux et permet notamment de produire du biogaz.
    La présentation des expériences en cours à Rome en Italie, Göteborg, et Stockholm en Suède, Harlem aux Pays-Bas et Lille Métropole, s'est terminée par une visite sur le site de Sequedin, près de Lille. Cette plate-forme de méthanisation de biodéchets, qui sera en service à partir de 2007, vise à produire 4,5 millions de m3 par an de biogaz épuré, du méthane quasi-pur, à 97%. Là, une canalisation dédiée reliera l'installation de biogaz au dépôt de bus voisin et permettra d'approvisionner en carburant les 2/3 de la flotte des 150 bus lillois roulant au gaz naturel.

Une expérience sans équivalent
    L'engagement de Lille en faveur du biogaz carburant ne date pas d'hier. Durant 10 ans, de 1994 à 2003, des "biobus" prototypes ont sillonné l'agglomération. Le site local de concentration de biogaz carburant de la station d'épuration de Marquette-lez-Lille a produit l'équivalent de la consommation de 4 bus. Soit environ 1200 m3/jour, d'une qualité comparable au gaz naturel délivré par Gaz de France et obtenue à partir d'un excédent de biogaz de 3.000 m3 brûlé jusqu'alors dans les torchères de la Marquette.

Capable de purger le biométhane de ses impuretés puis de le stocker dans des bouteilles haute pression reliées à une borne où les bus venaient faire le plein, cette installation d'avant-garde, la plus ancienne aussi – menée dans le cadre européen du programme Thermie – est aujourd'hui jugée trop vétuste. Elle sera remplacée fin 2006 par une unité plus moderne qui subviendra aux besoins d'une dizaine de bus.
    "Produire du biogaz carburant n'est pas une finalité en soi," modère Pierre Hitzberger, responsable Recherche et Développement à la direction des Résidus Urbains de Lille Métropole (LMCU). Il faut raisonner en filière. Penser les complémentarités de façon à "optimiser la performance économique et environnementale en traitant au mieux des déchets qui sont de toutes façons à la charge de la collectivité."

« Les bus au biogaz et le tri sélectif sont liés »
    Deux facteurs au moins sont à prendre en compte avant de s'engager dans un schéma biogaz carburant. D’une part, l'existence ou non d’un gisement suffisant de déchets méthanisables, avec la volonté de les traiter au mieux. De l'autre, la présence, réelle ou planifiée, de véhicules roulant au gaz naturel: bus, bennes à ordures, voitures individuelles… Par exemple, à Lille, 120 véhicules légers "au méthane" équipent déjà la communauté urbaine, et, dès 1999, la ville s'est donnée comme objectif de passer la totalité des bus au gaz.
    Outre la recherche de synergies, l'effet de taille, de masse critique, est également un critère essentiel. "Pour pouvoir mettre en place ce type d'équipement et arriver à des coûts acceptables, la quantité de biodéchets à méthaniser doit être au moins égale à 250.000 tonnes. Cela représente un bassin d'environ 300.000 personnes" poursuit Pierre Hitzberger. Pour lui, l'échelle d'une communauté urbaine paraît être la bonne dimension, puisqu'elle offre aussi "des moyens humains en terme d'ingénierie suffisants pour étudier un tel projet qui n'a rien de standard."
    Outre une réduction de 20% du coût commercial du biogaz carburant, l'un des objectifs de l'initiative BioGASMAX est aussi de mettre en place une chaîne complète de technologie biogaz, à Stockholm et à Lille. Le projet BioGASMAX, doté d'un budget de 17 millions €, est financé à hauteur de 7,5 millions € par l'Union Européenne et le reste par les villes partenaires dont Lille Métropole, qui apporte près de 4,5 millions €.