INFORMATIONS CHRONOLOGIQUES DIVERSES SUR LE NUCLÉAIRE
2006
décembre
· Source ADIT: Finlande, Finland’s reactor slows further (http://www.modernpowersystems.com):
    Latest estimates for the completion of the Olkiluoto 3 reactor in Finland have pushed the development back until the turn of 2010-2011, owner operators Teollisuuden Voima Oy (TVO) report.
    Following earlier delays related to concrete composition, project director Martin Landtman says that while extensive reinforcement work of the reactor building is in progress, the construction works have proceeded slower than planned. The equipment manufacturing has continued according to plan, except for the manufacture of the main coolant lines, with the plant supplier Areva deciding to recast a part of the pipe forgings.
    Delays in the construction works and in manufacturing of the main coolant lines affected the time schedule of the fixed-cost project, TVO says.
novembre
· Source courriel@agirpourlenvironnement.org
AFP - 07 nov. - Déchets nucléaires: le site de Soulaines (Aube) est radioactif (étude):
    Le site de stockage de déchets nucléaires de Soulaines dans l'Aube rejette des substances radioactives, selon une étude indépendante présentée mardi à la presse et dont les commanditaires dénoncent un "mensonge" des autorités.
    "Dès l'ouverture (en 1992), on peut démontrer qu'il y a eu des rejets radioactifs liquides et gazeux", a indiqué Michel Marie, du Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs (Cedra, à l'origine de l'étude).
    "Dans l'enquête publique avant l'ouverture, on a vendu ce site à la population en lui certifiant qu'il n'y aurait pas de rejets radioactifs", a-t-il ajouté, évoquant un "mensonge".
    Le site de Soulaines a pris le relais de celui de La Hague pour le stockage des déchets de faible et moyenne activité.
    "On voudrait calculer l'impact sanitaire du site de Soulaines. 
Or les chiffres de l'Andra (ndlr: Agence nationale pour la gestion des déchet radioactifs, qui gère le site) ne sont pas exhaustifs", a-t-il souligné.
    "Il y a toute une série de points sur lesquels les informations ne sont pas correctes", a indiqué l'auteur de l'étude, Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire et membre de la Commission de recheche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad).
    Un responsable de l'Andra, Francis Chastagner, a répondu à la presse qu'il y avait "des rejets mais en-dessous des normes".
    En mai, Greenpeace avait dénoncé "une contamination non-expliquée de la nappe phréatique sous le site de Soulaines".
    L'étude a été présentée à une commission du conseil régional de Champagne-Ardenne qui "est d'accord pour poursuivre des études complémentaires sur le site de Soulaines", selon M. Marie. 
· Sources ADIT:
    · · Belgique, Un éditorial du journal Le Soir: NUCLÉAIRE: ON DÉCIDE PUIS ON DISCUTE
    · · Suède, Trois mois après un court-circuit à Forsmark, un incendie oblige le site de Ringhals à fermer (http://www.liberation.fr)
Les centrales suédoises pètent les plombs
Par Anne-Françoise HIVERT   QUOTIDIEN: mercredi 15 novembre 2006
Scandinavie de notre correspondante
    C'est une vraie série noire pour les centrales nucléaires suédoises. Dans la nuit de lundi à mardi, une explosion a provoqué l'incendie d'un transformateur de courant près d'un des réacteurs de la centrale de Ringhals, au sud de Göteborg.
    L'installation, reliée à l'une des turbines, a pris feu peu après minuit, pour des raisons encore inconnues. Le système de sécurité s'est aussitôt déclenché. Le réacteur a été arrêté. «Tout a fonctionné comme il fallait» , affirmait hier le porte-parole de la centrale. Sauf que ça commence à faire beaucoup pour le royaume nordique.
    Le 25 juillet, un court-circuit dans le réseau électrique en bordure d'un des réacteurs de la centrale de Forsmark, située à 150 km de Stockholm, avait révélé des défaillances dans le système d'arrêt d'urgence. Seuls deux des quatre générateurs de secours qui auraient dû s'enclencher pour alimenter le système de refroidissement du réacteur s'étaient allumés automatiquement.
    Classé de niveau 2 sur l'échelle d'Ines (International Nuclear Event Scale) qui en compte sept, l'incident avait été qualifié de «très sérieux» par l'organisme suédois de l'inspection de la sûreté nucléaire (SKI). Par mesure de sécurité, la moitié du parc nucléaire suédois était restée immobilisée pendant plus d'un mois. Quant à la centrale de Forsmark, elle a dû attendre début octobre pour redémarrer ses réacteurs. C'était sans compter une nouvelle série de problèmes: des coupures d'électricité pour Forsmark 1 et une fuite du radiateur pour Forsmark 2, toujours à l'arrêt aujourd'hui.
    Comme si cela ne suffisait pas, l'organisme suédois de l'inspection de la sûreté nucléaire vient d'annoncer qu'il avait porté plainte près le procureur d'Uppsala contre la direction de la centrale. Une première en Suède. Le SKI dit avoir constaté une suractivité de l'un des réacteurs de mars à avril. Il aurait signalé l'irrégularité à la direction de la centrale. Mais celle-ci aurait ignoré la mise en garde.
    La centrale de Ringhals avait échappé à la fermeture, après l'incident du 25 juillet. Mais l'incendie de lundi soir devrait maintenir le réacteur 3 à l'arrêt plusieurs jours. Coût: 10 millions de couronnes (plus de 1 million €) par jour. Le réacteur fournit à lui seul 5% de l'électricité produite en Suède.
    · · ITER: l'avenir de la fusion nucléaire, http://usinfo.state.gov, Interview de Norbert Holtkamp, le chercheur qui, avec Kaname Ikeda, Directeur général d'ITER, dirigera la construction du plus grand réacteur à fusion nucléaire du monde
    · · Le centre de stockage de déchets radioactifs de l'Aube irrite les associations (http://www.lemonde.fr/)
    · · Allemagne, Les déchets de la recherche nucléaire vont coûter des milliards à l'état fédéral:
    Le gouvernement allemand prévoit de dépenser pres de 5 milliards € d'ici 2035 pour l'arrêt, le démantèlement et le stockage des installations de recherche nucléaire. Pour faire face aux imprévus, une somme supplémentaire de 20% de ce montant doit être mise de côté.
    C'est ce qui ressort d'un rapport du ministère fédéral de l'enseignement et de la recherche (BMBF) adressé à la commission du budget du Bundestag.
    Environ deux tiers de l'ensemble des déchets à faible et moyenne radioactivité en Allemagne proviennent d'installations de recherche et de médecine. C'est pourquoi le Bund est responsable de la prise en charge de la majorité des résidus. Les centres de recherche les plus importants sont ceux de Karlsruhe et Julich. Selon le ministère de la recherche, il est économiquement souhaitable d'investir rapidement dans la mise en place de capacités de stockage définitif.
    L'ancienne mine de fer "Schacht Konrad" dans la Saxe - qui présente des conditions de stockage très favorables - pourrait alors rentrer en fonction dès 2014. Si rien n'était entrepris dans cette voie, il faudrait stocker les résidus dans des entrepôts temporaires à la gestion coûteuse.
    Au BMBF, on espère par ailleurs qu'un terrain d'enfouissement pour déchets à haute radioactivité sera disponible vers 2035.
    Mais le manque de personnel qualifié rend la tache ardue. Dans les projets d'arrêt et de démantèlement, les coûts du travail des experts dans le cas de FZK (centre de recherche de Karlsruhe) qui représentaient autrefois déjà 4% du total, s'élèvent dorénavant à 8%. Pour cette raison, "nous avons la ferme intention de fournir un effort important dans le maintien de nos compétences", a déclaré Frieder Meyer-Krahmer, secrétaire d'Etat au BMBF. Il se réjouit d'ailleurs que des fournisseurs d'énergie financent actuellement le travail de dix doctorants effectuant leur doctorat dans le secteur nucléaire.
    L'Allemagne pourrait même envisager de tourner le probleme à son avantage. Le FZK a en effet breveté un procédé de vitrification pour déchets fluides hautement radioactifs. Cette technique encore inégalée pourrait être exportée de part le monde.
Source: Handelsblatt - 07/11/2006
    · · Allemagne, Nouvel entrepôt de stockage de déchets nucléaires en Bade Wurtemberg:
    Jusqu'à aujourd'hui, les déchets radioactifs de la centrale nucléaire de Neckarwestheim (Baden-Wurtemberg) étaient stockés dans l'entrepôt de la centrale de Philippsburg (près de Karlsruhe). Désormais, Necarwestheim dispose de son propre entrepôt intermédiaire de déchets dont la construction vient de s'achever: constitué de deux galeries de 84 et 90m de long, il pourra accueillir l'équivalent de 151 "trains atomiques" ou "castors", ("Cask for Storage and Transport of Radioactive Material") contenant des barres de combustible usées. 
     L'entreposage commencera dès novembre. Ce projet, qui aura coûté plus de 40 millions € au fournisseur d'eélectricité EnBW (Baden Wurttemberg), ne constitue qu'une solution temporaire, précise la ministre de l'environnement Tanja Gonner (CSU).
Source: Die Welt - 21 octobre
    · · Chine, Test d'un nouveau réacteur reproduisant la fusion solaire:
    Des scientifiques de l'Institut de Physique des Plasmas de l'Académie des Sciences de Chine (Hefei, capitale de la province de l'Anhui) ont réalisé le confinement magnétique d'un plasma à très haute température grâce à un réacteur de fusion expérimental surnommé "soleil artificiel".
    De son vrai nom EAST (pour Tokamak Supraconducteur Avance Experimental), ce réacteur reproduit le processus de fusion solaire, sans émission de gaz à effet de serre et émettant peu de déchets radioactifs par rapport aux réacteurs classiques qui "cassent" les atomes entre eux. 
Cette expérience est une avancée intéressante vers la production d'énergie à partir de la fusion des atomes, principe du projet international ITER dont la Chine fait partie.
    D'après les scientifiques, cette énergie bon marché et inépuisable pourrait ouvrir d'intéressantes perspectives alternatives aux énergies fossiles.
    Sources: "Premier test d'un nouveau réacteur de fusion thermonucléaire en Chine" - Les nouvelles a travers la Chine et le monde - 29/09/2006 -
http://www.french.xinhuanet.com/french/
    · · Brésil, Nucléaire: séminaire franco-brésilien:
    Un séminaire franco-brésilien sur la production d'électricité à partir du nucléaire s'est tenu le 9 octobre 2006 à Sao Paulo. Organisé par l'Association Paulista des Professionnels formés en France (ASPEF) et Ubifrance, il a notamment permis de réaliser un point sur le programme nucléaire brésilien et de faire se rencontrer les acteurs des deux pays.
    Le Brésil dispose de plusieurs atouts dans le secteur de l'atome: 6ème réserve mondiale uranium (alors qu'un tiers du territoire a été exploré), 6 centres de recherche et 4 réacteurs de recherche. En outre, il dispose d'une centrale nucléaire en activité située dans l'Etat de Rio de Janeiro. Elle est composée de deux réacteurs, Angra 1 et Angra 2, qui représentent 2,5% de la capacité de production d'électricité installée. Une troisième tranche, Angra 3, fait l'objet de consultations depuis plusieurs années sans qu'une décision n'ait été encore prise.
    Les tentatives de relance du projet n'ont pour l'instant pas abouti et ont été source de division au sein du gouvernement. Cependant, les perspectives semblent s'améliorer.
    En revanche, le Brésil risque de rencontrer des problèmes en termes de ressources humaines qualifiées. Si le programme n'a pas repris d'ici 10 ans, le pays pourrait se retrouver sans cadres expérimentés dans ses centrales.
    En réponse, il a été proposé la création d'échanges, voir d'un double diplôme entre l'Institut National des Sciences et Techniques Nucléaires (CEA) et l'Ecole Polytechnique de l'Université de Sao Paulo ou l'Institut brésilien de Recherche Energétique et Nucléaire (IPEN).
    Lors de ce séminaire, un intérêt pour des coopérations scientifiques et universitaires a clairement été exprimé par les deux parties. Le manque de projets clairement définis du côté brésilien handicape actuellement le développement de telles initiatives. Ces coopérations ne reprendront vraisemblablement que si le gouvernement décide d'un programme nucléaire clair impliquant notamment la relance de la construction d'Angra 3.
Pour en savoir plus, contacts:
- ASPEF - aspef.compaq@uol.com.br
- Boris Galand - Service scientifique du Consulat de France a Sao Paulo - boris_galan@yahoo.fr
- Sergio Costa - Mission Economique de Sao Paulo - sergio.costa@missioneco.org
Source: ASPEF, Service Scientifique Consulat de France à Sao Paulo, Mission Economique de Sao Paulo
· octobre
· Sources ADIT:
    · · Le CEA, laboratoire du démantèlement de l'héritage nucléaire (Le Monde)
    · · Union Européenne, Déclassement des installations nucléaires et gestion des déchets radioactifs:
25 octobre 2006 - 10:21 (Par Pierre Melquiot)
    La Commission européenne a adopté une recommandation sur l'utilisation efficace des fonds affectés au déclassement des installations nucléaires. Consciente de la nécessité impérieuse d'assurer la sécurité du citoyen, la Commission européenne a adopté aujourd'hui une nouvelle recommandation contenant des mesures qui visent à garantir la disponibilité et la gestion correcte de ressources financières adéquates pour toutes les activités de déclassement d'installations nucléaires et pour la gestion sûre du combustible irradié et des déchets radioactifs.
    Pour Andris Piebalgs, membre de la Commission européenne en charge de l'énergie, « l'adoption de cette recommandation est un jalon important pour faire de l'énergie nucléaire une solution offrant sûreté et sécurité. La sûreté nucléaire aurait tout à gagner si l'on harmonisait dans l'ensemble de l'UE les règles relatives à la constitution, à la gestion et à l'utilisation des fonds de déclassement, de manière à garantir la disponibilité de moyens suffisants au moment où ils sont nécessaires ».
    Vu l'actuel débat sur le retour en force de l'énergie nucléaire dans plusieurs États membres, la Commission européenne accorde une attention particulière aux nouvelles installations nucléaires. L'option préférée pour toutes les installations nucléaires est celle d'un fonds distinct - à gestion externe ou interne - avec des contrôles appropriés de son utilisation, et une recommandation claire dans ce sens est formulée pour les nouvelles installations nucléaires.
    La recommandation adoptée ce jour respecte entièrement le principe de subsidiarité dans le domaine de la sûreté nucléaire, dont la responsabilité incombe au détenteur de licence sous la supervision de l'autorité nationale de réglementation. 
Dans cette optique, la Commission propose la création d'organismes nationaux compétents qui sont entièrement indépendants dans leurs décisions vis-à-vis des contributeurs aux fonds de déclassement et qui disposent d'un mandat et de la capacité d'émettre un avis d'expert en matière de déclassement.
    La Commission s'engage aussi à établir le cadre nécessaire pour des consultations continues avec les États membres dans le cadre de cette recommandation. C'est pourquoi elle a l'intention de créer un groupe permanent d'experts nationaux et de publier un rapport annuel sur l'utilisation des fonds destinés au déclassement et à la gestion des déchets dans tous les États membres concernés.
    Le déclassement des installations nucléaires et la gestion des déchets radioactifs est une question qui est appelée à prendre une importance grandissante dans les prochaines années: à l'horizon 2025 en effet, il est raisonnable d'envisager qu'un tiers environ des 148 réacteurs nucléaires actuellement en exploitation dans l'Union européenne élargie devront être déclassés.
    Conformément à la directive 2003/54/CE sur le marché intérieur de l'électricité, le Parlement européen, le Conseil et la Commission ont présenté une déclaration interinstitutionnelle soulignant la nécessité pour les États membres de garantir que des ressources financières suffisantes pour les opérations de déclassement et de gestion des déchets sont effectivement utilisées aux fins pour lesquelles elles ont été créées et sont gérées dans la transparence, afin d'éviter ainsi la création d'obstacles à une concurrence loyale sur le marché intérieur de l'électricité en Europe. Dans le droit fil de cette déclaration et soulignant la nécessité d'harmoniser davantage la gestion de ces ressources financières, la Commission européenne a présenté une recommandation concernant les régimes de financement du déclassement.
    · · Norvège, Chernobyl haunts the Norwegian uplands:
    Tougher controls on the slaughter of sheep have been imposed in Norway after they were found to be contaminated with unusually high levels of radioactivity from the Chernobyl disaster in 1986.
    The Norwegian Radiation Protection Authority (NRPA) says the problem has arisen because the sheep have feasted on an unusually large crop of mushrooms, which were more plentiful than usual because of wet weather. Previous research has shown that fungi take up more radioactivity from the soil than grasses or other plants.
    There are 36 areas of upland Norway where Chernobyl contamination still requires controls on sheep. According to the NRPA, levels of caesium-137 from the Chernobyl disaster reached 7000 becquerels per kilogram in sheep this year, more than twice maximum levels in previous years.
    Farmers can reduce the level of radioactivity in sheep by giving them non-contaminated food for a month before slaughter. For some farmers, this period will now have to be doubled to reduce caesium-137 levels to below Norway's safety limit of 600 bq/kg.
    Per Strand, the NRPA's head of environmental radioactivity, stresses that the precautions mean that lamb on the market is safe to eat. He says, though, that the discovery of such high levels of radioactivity so long after the Chernobyl accident came as a surprise.
    "No one at the time expected contamination to be so high more than 20 years after the event," he says.

From issue 2575 of New Scientist magazine, 28 October 2006, page 7

    · · Canada, Grands Lacs, Un projet qui sème la crainte:
    Le projet de la société publique Ontario Power Generation d'enfouir des déchets nucléaires près du lac Huron suscite l'inquiétude de plusieurs groupes écologistes des deux côtés de la frontière et d'un élu américain.
    Le distributeur ontarien d'électricité veut en effet implanter une enceinte souterraine de stockage de déchets nucléaires au site nucléaire Bruce, à Kincardine, à environ 225 kilomètres au nord-ouest de Toronto et à 80 kilomètres de l'État du Michigan.
    L'entreprise, propriété du gouvernement ontarien, assure que les déchets qui seraient enfouis ne seraient pas parmi les plus dangereux, comme du combustible nucléaire épuisé. Elle affirme plutôt qu'elle y entreposerait des déchets ne présentant que peu de risques, comme des vêtements, des outils contaminés ou des pièces usagées provenant de réacteurs.
    Elle ajoute que les déchets seraient enfouis sous au moins 550 mètres de roches sédimentaires et que des projets similiares ont été mis en palce un peu partout dans le monde depuis des années, sans accident. Elle soutient aussi que son projet est plus sécuritaire que l'entreposage de surface, la méthode temporaire présentement utilisée par les centrales nucléaires ontariennes.
    Les opposants au projet ont un tout autre avis. Ils affirment que l'emplacement, situé à moins de deux kilomètres du Lac Huron, est inadéquat pour entreposer des déchets qui seront radioactifs pendant des milliers d'années.
    Le président de la Coalition for a Nuclear Free Great Lakes [coalition pour des Grands Lacs sans nucléaire], Michael Keegan, estime que si le projet va de l'avant, Ontario Power Generation y entreposera éventuellement des déchets beaucoup plus dangereux que ceux envisagés. Pour sa part, Greenpeace demande qu'un comité indépendant soit mis en place pour évaluer le projet.
    Un membre du congrès américain est aussi inquiet face à ce projet. Le démocrate Bart Stupak a demandé à l'Environmental Protection Agency et à la Commission mixte internationale, un organisme canado-américain qui traite de questions touchant les Grands Lacs, d'étudier le dossier.
    Devant les inquiétudes, Ontario Power Generation a souligné que le projet devra recevoir l'aval de la Commission canadienne de sûreté nucléaire. Si le projet est accepté, la construction de l'enceinte souterraine commencerait au plus tôt en 2012. Les premiers déchets y seraient entreposés en 2017.
http://www.house.gov/apps/list/press/mi01_stupak/102006CanadianNuclearWaste.html
http://www.opg.com/power/nuclear/waste/dgr.asp
    · · France - Japon, Areva-MHI, nouveau tandem du nucléaire (Le Figaro):
     Les groupes français et japonais vont fabriquer ensemble des réacteurs de troisième génération.
     L'ALLIANCE officialisée hier entre Areva et Mitsubishi Heavy (MHI) prend tout de suite du poids dans le paysage nucléaire mondial : le groupe français et son partenaire nippon ont décidé de fabriquer ensemble des réacteurs de troisième génération de 1.000 mégawatts. Sans compter une coopération à tous les niveaux du cycle nucléaire (approvisionnement, combustible, services...).
     Cet accord achève la réorganisation et l'internationalisation de l'industrie nucléaire japonaise. Cette dernière est née et a prospéré grâce à l'ambitieux programme nucléaire civil du Japon. Soucieux de diversifier ses ressources pour ne dépendre d'aucune, l'Archipel a accordé une place de choix à cette énergie dans le «panier» de ses approvisionnements, à côté des énergies fossiles: en trente ans la part du pétrole est passée de 77 à 52%, et celle du nucléaire de 1 à 12%. La part de ce dernier va encore augmenter: d'ici à 2030, le Japon portera de 54 à 65 le nombre de ses réacteurs.
     Depuis les années 1950, les centrales nucléaires nippones ont été construites par Toshiba, Hitachi et MHI, sous licence américaine. Aujourd'hui, le marché nippon est mûr, et les trois groupes souhaitent se développer à l'étranger en profitant du décollage de la demande mondiale pour cette énergie. Hitachi a un partenariat de longue date avec General Electric. Les deux groupes construiront ensemble deux centrales au Texas, les premières autorisées par le gouvernement américain depuis l'accident de Three Mile Island en 1979.

Prix colossal
     Au début de cette année, Toshiba a racheté pour un prix colossal (5,4 milliards de dollars) le constructeur de réacteurs Westinghouse. Toshiba a calculé que l'investissement serait rentabilisé dans... dix-sept ans. MHI, en relation d'affaires avec Westinghouse depuis quarante ans, s'est retrouvé sans partenaire international. Areva a sauté sur l'occasion, calculant que le français et le japonais pourraient associer leurs talents sur les réacteurs de troisième génération, et qu'un label japonais lui ouvrirait les portes des marchés asiatiques. Les négociations qui ont abouti à un accord ont été lancées seulement cet été. «On craignait un rapprochement entre General Electric et MHI. Il était aussi question de créer un grand acteur national japonais», reconnaît-on chez Areva.

    · · Le casse-tête finlandais d'Areva (Le Figaro):
     Face aux difficultés rencontrées dans la construction de l'EPR, Anne Lauvergeon va nommer un nouveau chef de projet.
     LE CHANTIER de l'EPR en Finlande va-t-il faire des dégâts chez Areva ? Alors que la première pierre du réacteur de troisième génération a été posée il y a tout juste un an à 250 kilomètres d'Helsinki, le groupe français multiplie les alertes. Le délai tout d'abord : Areva a prévenu avant l'été que le projet avait déjà pris un an de retard. Autre mauvais signe : un résultat opérationnel semestriel en forte baisse, - 64% à 115 millions €, grevé par une provision que l'entreprise s'est abstenue de détailler. Toutefois, selon le consensus des analystes, elle pourrait grimper à 300 millions €, voire plus. 
Nouvelle preuve des difficultés, l'annonce imminente d'un nouveau chef de projet. Cela dans une logique de «muscler les équipes et d'intensifier les efforts», dixit le groupe.
     Face à ces difficultés, interrogée par Le Figaro, Anne Lauvergeon, la présidente du directoire d'Areva, se veut rassurante : «La construction de l'EPR finlandais est un challenge. Il s'agit d'un prototype, synonyme d'un formidable bond en avant. Le projet va se faire en cinq ans, au lieu de quatre initialement prévus. Cinq ans, c'est la durée moyenne de construction des centrales de la précédente génération hors prototype
    · · Finlande, Le retard du réacteur nucléaire EPR finlandais provoque des tensions:
 LE MONDE | 25.10
    Qui blâmer pour le retard d'un an pris par le chantier du réacteur nucléaire de troisième génération EPR, construit sur le site d'Olkiluoto, en Finlande, par Areva? Le groupe français et l'Agence finlandaise de sûreté nucléaire (STUK) se renvoient la balle, et les associations écologistes comptent les points.
     "Les Finlandais font confiance à leurs autorités. Je ne crois pas qu'ils ont encore réalisé qu'ils vont en partie devoir payer les retards accumulés par le réacteur. Mais ça viendra", assure Lauri Myllyvirta, de la section finlandaise de Greenpeace. Selon lui, la stratégie du gouvernement pour répondre aux critères de Kyoto de réduction des gaz à effet de serre repose essentiellement sur ce réacteur de 1 630 mégawatts. "Il est donc peu probable qu'il reconnaîtra la moindre erreur, d'autant qu'il y a des élections législatives en mars 2007", estime M. Myllyvirta. Actuellement, le débat porte plutôt sur l'opportunité de construire un sixième réacteur nucléaire, réclamé par l'industrie finlandaise.
    La première phase du chantier d'OL3, nom officiel du réacteur EPR, qui sera le troisième réacteur en activité sur le site d'Olkiluoto, a rencontré des difficultés imprévues, a confirmé un rapport rendu public par STUK en juillet. Des anomalies dans la composition du béton utilisé pour la dalle du réacteur ont notamment entraîné l'arrêt des travaux, l'hiver dernier. Plus poreux, ce béton pourrait rendre plus vulnérables à la corrosion les structures métalliques qui le traversent. Fin février, un rapport avait confirmé la moindre résistance du béton, mais ses conclusions étaient toutefois que sa résistance finale resterait supérieure aux spécifications de départ, "avec une bonne marge".
    STUK évoque aussi des "problèmes rencontrés dans la fabrication des principaux composants". L'agence finlandaise, qui regrette un manque de contrôle exercé sur les sous-traitants, rapporte l'explication donnée par Areva : "Si l'on considère l'échelle de ce projet, premier du genre, les problèmes ayant provoqué ces retards ne sont pas inhabituels."
    "Areva manquait peut-être d'expérience dans les travaux publics", estime Seija Suksi, directeur de l'enquête sur OL3 à STUK, avant d'ajouter : "Il est bien sûr dommage qu'Areva se soit fait les dents sur la Finlande." "Quand on voit les erreurs réalisées sur des travaux a priori peu complexes, on peut s'attendre à de sérieux problèmes quand on passera aux choses sérieuses", s'inquiète Greenpeace.
"ENQUÊTE APPROFONDIE"
    Sans nier la défaillance de sous-traitants finlandais et français, Areva pointe la lenteur de la procédure de certification suivie par STUK. Le groupe français, qui vient de s'allier au japonais Mitsubishi pour "compléter sa gamme" en concevant un réacteur inspiré de l'EPR, mais n'excédant pas 1.000 MW, a été contraint de constituer des "provisions significatives" dans ses comptes pour anticiper des surcoûts liés aux délais.
    Par ailleurs, la Commission européenne a indiqué, mardi 24 octobre, avoir lancé une "enquête approfondie" afin d'établir si la garantie accordée par la France en faveur d'un prêt de 570 millions d'euros par un consortium bancaire à la compagnie finlandaise d'électricité TVO pour l'achat de l'EPR est compatible avec les règles de la concurrence. Cette garantie, apportée par la Coface, a-t-elle favorisé le projet d'Areva? Le groupe français se défend d'avoir bénéficié d'avantages indus. La garantie, notifiée à la Commission, est, selon lui, conforme à la réglementation européenne.
Olivier Truc (à Stockholm) et Hervé Morin
     · · Le chantier de Flamanville devant le tribunal administratif:
     Le juge des référés du tribunal administratif de Caen a indiqué, mardi 24 octobre, qu'il rendrait sa décision jeudi concernant une éventuelle suspension des travaux de construction du réacteur nucléaire EPR de Flamanville
     (Manche), que réclament plusieurs associations écologistes. Le Réseau sortir du nucléaire, Greenpeace et la Confédération paysanne, entre autres, contestent la légalité du permis de construire accordé par le préfet de la Manche.
     Ce dernier a autorisé le démarrage des travaux de terrassement et de bétonnage préparatoires à la construction du réacteur avant l'avis des commissaires- enquêteurs et la signature du décret d'autorisation ministérielle. 
Pour les opposants à l'EPR, "il y a violation de la loi de protection du littoral".
     Ce que contestent EDF et le préfet, pour lesquels "le décret signé, en 1977, prévoyait une plate-forme pour quatre réacteurs". "Nous ne sommes donc pas sur un site vierge", argumentent-ils.
     Par ailleurs, la Commission européenne a transmis aux autorités françaises, mardi, "son point de vue favorable" à la construction du réacteur EPR sur le site de Flamanville. - (Corresp.)
    · · Nouvelles de Belgique mais à propos du nucléaire mondial...
    · · Belgique, Suez contraint de céder une part de son nucléaire en Belgique:
http://www.lefigaro.fr/
     Dans le cadre de sa fusion avec GDF, le groupe est en passe de perdre son bras de fer avec le gouvernement belge.
     SUEZ va devoir se séparer d'une partie de sa production nucléaire en Belgique. Malgré sa détermination, le groupe dirigé par Gérard Mestrallet n'a rien pu faire face à la volonté de Guy Verhofstadt. À une semaine des élections municipales belges, le premier ministre veut frapper fort. Et quoi de plus symbolique que les centrales nucléaires dont Suez a le monopole outre-Quiévrain.
     Malgré les négociations de ce week-end, les modalités de cette séparation ainsi que le volume concerné - on parle de près de 900 mégawatts - n'ont pas été fixés. Des annonces sont attendues pour mercredi au plus tard. Il ne s'agirait néanmoins pas d'une cession pure. «Nous avons déjà des difficultés pour avoir un système de sécurité commun sur nos deux sites, alors il est hors de question d'avoir des concurrents sur une même centrale», prévient José Boulanger, représentant syndical chez Electrabel.
     Surtout, Suez met un point d'honneur à récupérer en Europe ce qu'il cédera en Belgique. Il tient à des échanges d'actifs, non à des ventes. Et les prétendants ne manquent pas: E.ON en Allemagne, Enel en Italie, EDF en France, Centrica en Grande-Bretagne ou Iberdrola et Endesa en Espagne regardent de près le dossier.
     Via Electrabel, Suez gère deux centrales, sept réacteurs nucléaires. Cela représente 6.000 mégawatts, soit un peu plus de 50% des capacités électriques de Suez en Belgique. La cession d'une partie de cette production pourrait passer par une concession par laquelle Suez gérerait pour le compte d'autrui des installations. Il le fait déjà pour EDF, avec lequel il a échangé des tranches de nucléaire en Belgique contre des tranches d'atome en France.
     Une «golden-share»Cette nouvelle est un coup dur pour Suez. Le groupe qui va fusionner avec GDF ne voulait rien céder sur le nucléaire qu'il a financé seul. Gérard Mestrallet avait résisté, l'année dernière, à Guy Verhofstadt. Ce dernier voulait profiter du rachat des minoritaires d'Electrabel par Suez pour ouvrir plus largement le marché à la concurrence. Sans succès.
     Cette fois-ci, le premier ministre n'a pas laissé passer sa chance. Il veut pour la Belgique trois opérateurs dans le gaz et trois dans l'électricité, dotés de capacité nucléaire. Il a même obtenu plus de garantie encore. Jacques Chirac lui aurait promis une «golden-share» dans le nouvel ensemble GDF-Suez. Cette action spécifique donnerait au gouvernement belge les mêmes droits que l'État français, c'est-à-dire celui de s'opposer à toute décision stratégique qui irait à l'encontre des intérêts nationaux.
     Une première. Le droit français ne prévoit en effet rien dans ce cas de figure pour un État étranger. Cette action spécifique s'ajouterait à celles déjà détenues par la Belgique dans Fluxys (infrastructures de gaz), Distrigaz (négoce de gaz) et Synatom, filiale de Suez qui regroupe les 4 milliards d'euros nécessaires au démantèlement des centrales nucléaires.
    · · Le nucléaire au cœur des divergences entre les présidentiables (LE MONDE | 04.10.06):
     Le débat autour du nucléaire entre les candidats à l'Elysée se noue autour de la construction du réacteur de troisième génération EPR, à Flamanville (Manche), d'ici à 2012.
     Nicolas Sarkozy est le seul à soutenir le projet lancé par le gouvernement: l'EPR serait la meilleure solution pour diviser par quatre les émissions de gaz à effets de serre d'ici à 2012, conformément au protocole de Kyoto. Il insiste pour développer la recherche sur les déchets nucléaires et les énergies renouvelables.
     Les présidentiables du PS, malgré des dissensions internes, se sont prononcés contre le projet EPR. Selon eux, le protocole de Kyoto peut être respecté sans l'EPR.
Ils estiment que le budget nécessaire à la construction de l'EPR empêcherait de financer le développement des énergies renouvelables. Leur souhait : sortir à terme du nucléaire.
     Le PCF demeure favorable à l'EPR en attendant la quatrième génération de centrales. La candidate des Verts, Dominique Voynet, comme celui de la LCR, Olivier Besancenot, sont pour une sortie rapide et programmée du nucléaire. Philippe de Villiers (MPF) et Jean-Marie Le Pen au FN, ne sont pas opposés à l'EPR. M. de Villiers réclame néanmoins des garanties scientifiques.
    · · Allemagne, RWE envisage de construire de nouvelles centrales nucléaires en Europe:
     Harry Roels, patron de l'entreprise numéro deux allemand de l'énergie RWE a indiqué jeudi 10 août 2006 que RWE envisage de construire de nouvelles centrales nucléaires en Europe, en dehors de l'Allemagne.
     L'Allemagne a en effet décidé d'abandonner le nucléaire civil et il est prévu que la dernière de ses 17 centrales restantes ferme aux environs de 2020. Cette décision est régulièrement critiquée par les groupes d'énergie, qui mettent en avant la plus grande dépendance énergétique qui risque d'en résulter pour le pays, ainsi que les possibles difficultés pour tenir les objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
     Lors d'une conférence de presse à Essen (ouest de l'Allemagne), M. Roels a précisé qu'il existe des projets à l'étude pour de nouvelles centrales nucléaires à l'étranger, en Europe. Toutefois la décision d'implantation sera conditionnée par "une acceptation des centrales nucléaires (dans le pays concerné), en plus d'une logique économique".
Tout en rappelant que le thème du nucléaire avait été au programme du dernier sommet du G8, M. Roels a commenté cette décision qui, d'après lui, est nécessaire afin de ne pas perdre "le contact avec cette technologie a l'international".
     RWE a réaffirmé qu'il allait demander une autorisation pour laisser en fonctionnement plus longtemps sa centrale Biblis A, dont la fermeture est programmée pour 2008. La demande sera déposée "avant la fin de l'été", selon M. Roels. "Vu l'accident récent en Suède, je comprends très bien les inquiétudes des citoyens en Allemagne et en Europe", mais "RWE a toujours eu la sécurité comme premier critère pour ses installations. Sans cela, nous ne laisserions pas ces centrales nucléaires fonctionner".
Source: Depêche AFP - 10/08/2006
· Source STOP-Essais, Essais sous critiques aux Etats-Unis
     Le 30 août 2006, les Etats-Unis ont procédé à un nouveau tir sous-critique de la série Unicom. Cet essai a été effectué sur le site d'essais du Nevada et a été mis en oeuvre par le Los Alamos National Laboratory (LANL), l'un des laboratoires du Department of Energy qui a la charge de la mise au point des armes nucléaires américaines. Il s'agit du 23ème essai sous-critique effectué par les Etats-Unis depuis février 1991, c'est-à-dire après la signature du traité d'interdiction totale des essais.
     Ces expériences sont effectuées dans un puits souterrain, comme cela se faisait pour les essais en réel. Elles permettent de vérifier le comportement du plutonium et des composants d'une arme nucléaire au moment de la mise à feu des explosifs chimiques contenus dans une tête nucléaire. Comportant des quantités de plutonium inférieures à la masse critique, les engins testés ne développent pas d'énergie nucléaire. C'est du moins ce qu'affirment les expérimentateurs. Ainsi, à Moruroa, dans les années 1970, plusieurs expériences sous critiques, ou tirs de sécurité, ont provoqué un début de réaction en chaîne nucléaire. 
     Aujourd'hui, les essais dits de sécurité français sont effectués à Moronvilliers et ils sont analysés par la machine à rayons X dite "Airix". Contrairement aux Etats-Unis, la France n'annonce ni ne donne aucune précision sur les expériences faites à Moronvilliers.
     Les patrons du LANL déclarent régulièrement après chaque tir sous critique que ces expériences sont destinées à vérifier la sûreté et la fiabilité du stock d'armes nucléaires. Lors de sa récente visite au centre CEA de Bruyères-le-Châtel pour inaugurer les «super calculateurs» du système de simulation des essais, Jacques Chirac a fait une déclaration identique. Depuis longtemps, la «vérification de la sûreté et de la fiabilité des stocks» est le langage codé employé , après le traité d'interdiction des essais, pour désigner les opérations conduisant à la mise au point des armes nucléaires du futur.
septembre
· L'entreprise française AREVA mise en cause à TCHERNOBYL, Article publié dans le numéro de septembre 2006 (N°39) de la revue "Le Dniepr" de l'association humanitaire "Les enfants de Tchernobyl", Les.enfants.de.tchernobyl@wanadoo.fr, www.lesenfantsdetchernobyl.fr
· Solange FERNEX nous a quitté... Info arrivée cette nuit en provenance de ACDN (Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire) et reprise de http://acdn.france.free.fr/spip/breve.php3?id_breve=185&lang=fr
· Sources ADIT:
    · · Russie, Le nucléaire, chantier privilégié de Poutine:
NOUVELOBS.COM | 07.09.06 | 17:44
     D'ici 2030, la Russie envisage d'être dotée de 58 réacteurs nucléaires sur son territoire. Elle développe également le marché à l'étranger.
     Sergueï Kirienko, le chef de l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique (Rosatom) a déclaré jeudi 7 septembre que la Russie envisageait la construction de 40 à 50 réacteurs nucléaires à l'étranger et jusqu'à 58 sur son territoire d'ici 2030, selon l'agence Ria Novosti.
Le pays compte actuellement 10 centrales nucléaires, qui regroupent en tout 31 réacteurs d'une capacité totale de 23.242 mégawatts. Fin janvier, Vladimir Poutine, le président russe, avait fait part de son souhait que 25% de l'électricité produite en Russie soit nucléaire à l'horizon 2030, contre 16% à 17% aujourd'hui.
Les projets en cours
     Atomstroïexport, l'unique société chargée de la construction de centrales nucléaires à l'étranger a des chantiers en cours à Tiawan en Chine, à Kudankulam en Inde et la centrale controversée de Bouchehr en Iran.
     Elle participe également à un appel d'offres pour construire une centrale nucléaire dans le Nord de la Bulgarie à Béléné et se dit prête en mai à construire des centrales nucléaires en Turquie. La construction de la première centrale à Sinop (Turquie), sur les rives de la mer Noire, doit commencer en 2007. Elle doit commencer à être mise en exploitation en 2012.
    · · L'Europe planifie la construction d'un complexe de laser à fusion
    · · Children told to stay off radioactive beach:
     A beach near Dounreay power station has become Britain's first officially acknowledged radioactive public landscape after pieces of plutonium fuel rods were found there.
     Signs warning visitors of the radiation dangers have been posted on the beach, and last month a potentially carcinogenic 4mm fragment of fuel rod was found — the latest in a series of discoveries involving radioactive material.
     Signs from the Scottish Environmental Protection Agency warn visitors to Sandside of the dangers of radiation
     Scottish Environmental Protection Agency signs warn visitors to Sandside of the dangers of radiation
     These are thought to have come from accidental discharges from Dounreay over a 30-year period.
     The beach, part of the Sandside estate in Reay, north-east Scotland, used to be a popular destination for locals and visitors. But the area is now considered such a risk that the Scottish Environmental Protection Agency is advising people not to take children on the sands.
     "It used to teem with life — people came here from all over," said Geoffrey Minter, 62, who bought the estate in 1990. "Now you hardly see anyone. When I came here, I thought I'd realised a dream."
     "There's a beautiful golf course looking out over the bay, and some excellent wild salmon fishing. Nobody knew about contamination then."
     One day in 1997, Mr Minter was informed that the beach had been fenced off after routine monitoring by Dounreay's inspectors uncovered a radioactive particle.
     Managers from the plant assured him that the event was a one-off. But since then, 66 more particles have been found. The latest comes from rods that Dounreay's workers call "bone seekers". They pose a danger to anyone who comes in contact with them.
     Mr Minter has carried out his own investigations and says he has uncovered numerous cases of incompetence and errors, including serious accidents covered up by the Official Secrets Act. Faced with the evidence of their own records, the plant's managers admitted that the particles on the beach probably came from accidental releases. They said that, over the years, tens of thousands of irradiated particles could have been spread over the local coastline.
     Mr Minter initiated legal proceedings against the plant for damaging the environment and in 2003 a judicial review found that the plant had failed in its duty of care by contaminating the landscape. Dounreay then began regular monitoring.
     Two weeks ago, talks between the UK Atomic Energy Authority (UKAEA), which runs Dounreay, and Mr Minter over how to deal with the contamination broke down. In a statement, the UKAEA said: "We wanted to ensure that we could find a fair, reasonable and documentable resolution to this issue. Unfortunately, despite every effort, it has not been possible to achieve this."
     Mr Minter says UKAEA officials now want him to sell Sandside beach to them. He believes that under the 1965 Nuclear Installations Act, Dounreay would not be at legal risk from contaminating its own land.
     He says he is not interested in selling the beach, and wants the UKAEA to commit to returning the landscape to its original condition and to keeping it clean and safe.
     Last month, the plant was fined £2 million over a radioactive spillage last year, and the past decade has seen a series of well-documented safety failures at Dounreay.
     These include the loss of 375lb (170kg) of weapons-grade uranium, enough to make several bombs, as well as serious contamination of employees.
     Herbie Lyall, 74, who worked as an inspector at the plant for many years, cites errors, accidents and bad procedure, including claims that workers commonly disposed of radioactive material in the sea at night to avoid having it appear on official documents.
     "I once saw a man taking test samples using a Wellington boot tied to a piece of string because the proper equipment had rusted," he said. "It was like a Laurel and Hardy film."
     His accusations have been denied by the UKAEA, although the agency said: "There were practices from the 1950s to the 1960s that we would not repeat today. Standards have risen in health and safety and environmental protection, and government legislation has also been tightened considerably."
     The Dounreay reactor is now decommissioned, and the plant's personnel are mostly occupied with cleaning the site. This will cost £2.6 billion and take until 2036.
     Mr Minter said: "Some of the plutonium particles lying on the sea bed have a half-life of 300 years. I want to ensure that future generations can enjoy the beach in safety and that they won't look back at us and ask why we did nothing while this beautiful landscape was being polluted."
Simon Barber
    · · Un document de l'AEN (OCDE): Sûreté du stockage géologique de déchets radioactifs HAVL en France
Examen international par des pairs du «Dossier 2005 Argile» concernant le stockage dans la formation du Callovo-Oxfordien
ISBN 92-64-02300-3. 81 pages (332 ko).
    · · Etats - Unis, Areva candidat pour la première usine américaine de retraitement nucléaire:
     Rompant avec la doctrine en vigueur depuis la fin des années 1970, les Etats-Unis envisagent de construire une unité capable de traiter et de recycler les combustibles nucléaires usés. Un investissement estimé à 15 milliards de dollars, qui pourrait faire l'objet d'un appel d'offres avant la fin de l'année. Le groupe français a déjà soumis des plans.
     Un virage stratégique majeur est en train de s'amorcer dans le nucléaire aux Etats-Unis. Après avoir prolongé la durée de vie de leurs centrales, puis annoncé la construction de nouveaux réacteurs (lire ci-dessous), les autorités américaines semblent prêtes à aller encore plus loin dans la relance de cette énergie, en se convertissant au traitement et au recyclage des combustibles usés. Une annonce en ce sens avait été faite en début d'année par le président George W. Bush (Les Echos du 2 février 2006). Le Département américain de l'énergie (DoE) vient de lui donner une traduction concrète en interrogeant les différents acteurs du secteur sur la faisabilité d'un tout premier «centre intégré de traitement-recyclage».
     Dans le cadre de ce «concours d'idées», le leader mondial du nucléaire, Areva, a récemment soumis à Washington le descriptif d'une usine novatrice, mais pas totalement révolutionnaire, puisqu'elle reviendrait à combiner sur un même site des installations comparables à celles de La Hague (pour le traitement) et de Melox à Marcoule (pour le recyclage). Une quinzaine d'autres «déclarations d'intérêt» auraient été formulées à ce stade par des concurrents. Parmi eux, on imagine que des acteurs tels que General Electric, Bechtel, le britannique BNFL, ou les constructeurs de centrales japonais n'ont pu rester insensibles à un chantier de cette ampleur: selon la technologie retenue, une unité de ce type représenterait en effet un investissement compris entre 10 et 15 milliards de dollars...
     Pour donner plus de poids à son dossier, Areva s'est d'ores et déjà associé à deux ingénieristes américains, Washington Group International (GI) et BWXT. Ensemble, ils ont prévu de répondre à l'appel d'offres qui pourrait être lancé avant la fin de l'année par le DoE. La suite des événements dépend évidemment du contexte énergétique et politique. Si rien ne vient remettre en cause le coup d'accélérateur voulu par l'administration Bush, le candidat retenu pourrait se voir confier dès la mi-2007 un premier contrat portant sur les études de conception de la future usine. Dans le meilleur des cas, le démarrage de la construction interviendrait en 2010, pour une mise en service à l'horizon 2020.
     Mais rien n'est joué. Entre-temps, un rapport d'étape est déjà programmé mi-2008, autrement dit à quelques mois de la prochaine élection présidentielle américaine. Dans l'hypothèse où un(e) démocrate s'installerait début 2009 à la Maison-Blanche, rien ne dit que le DoE ne rangerait pas le projet dans ses cartons. Politiquement, la décision de se lancer dans le traitement-recyclage constitue en effet aux Etats-Unis une véritable rupture par rapport à la doctrine en vigueur.

Nouvelles pistes
     Parce qu'il était convaincu que ce procédé risquait de favoriser la prolifération des matières nucléaires à travers le monde, l'ancien président Jimmy Carter avait choisi, à la fin des années 1970, d'abandonner toute forme de recherche en ce domaine. Depuis, les exploitants de centrales nucléaires américains n'ont donc eu d'autre choix que d'entreposer leurs déchets, en attendant qu'une solution de stockage définitive ne leur soit proposée. Problème: compte tenu de la prolongation de la durée de vie des centrales existantes et de l'entrée en service de nombreuses autres unités ces prochaines années, les autorités américaines savent déjà que le site d'enfouissement retenu, à Yucca Mountain, dans le Nevada, ne suffira pas à accueillir tous les déchets produits outre-Atlantique.

     C'est ce qui a poussé l'administration Bush à explorer de nouvelles pistes. Pour les partisans du traitement-recyclage, cette option présente un double avantage: tout en sécurisant l'approvisionnement en combustible, elle permet de réduire significativement le volume des déchets ultimes.
     Dans le dossier remis au DoE, les équipes d'Areva estiment que leur usine diviserait par quatre la taille des déchets à stocker à Yucca Mountain.

     Le traitement-recyclage: une solution contestéeLe traitement consiste à séparer les déchets ultimes des matières valorisables contenues dans le combustible nucléaire usé, comme l'uranium et le plutonium. L'usine Areva de La Hague (Manche) est la plus grande installation de traitement au monde.Le recyclage consiste, lui, à mélanger l'uranium et le plutonium récupérés, pour les transformer à nouveau en combustible nucléaire. Ce mélange réintroduit dans les centrales porte le nom de Mox. En France, l'usine Melox de Marcoule (Gard) produit chaque année 145 tonnes de combustible recyclé.Leader mondial du secteur, Areva domine 70% du marché mondial du traitement, et 80% du marché du recyclage.Privilégiée par la France, l'option du retraitement nucléaire demeure très contestée par les écologistes.


Vingt-sept ans après Three Mile Island,
les centrales refleurissent outre-Atlantique
     Pour réduire la dépendance américaine à l'égard du pétrole, Washington encourage depuis peu la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. Plus d'une vingtaine de projets sont aujourd'hui à l'étude.
     Le réveil du nucléaire, le président George W. Bush en parle depuis son arrivée à la Maison-Blanche, en 2001. Mais il aura fallu attendre le début de son second mandat, l'an dernier, pour voir se concrétiser les promesses formulées aux industriels du secteur. A la faveur de la loi sur l'énergie, votée durant l'été 2005, un certain nombre de mesures ont été prises pour faciliter la construction de nouvelles centrales aux Etats-Unis, en accélérant notamment l'obtention des permis de construire et des licences d'exploitation. Le résultat ne s'est pas fait attendre : un an plus tard, plus d'une vingtaine de projets sont à l'étude, selon les données collectées par le Nuclear Energy Institute (NEI). S'ils devaient voir le jour, le parc de centrales nucléaires s'en trouverait accru de près de 25% outre-Atlantique.

Westinghouse en tête
     Une véritable aubaine pour les constructeurs de réacteurs, qui se bousculent aux portes du marché américain, gelé depuis l'accident de Three Mile Island, en 1979. De Westinghouse à Areva, en passant par General Electric (GE) ou le canadien AECL, tous se sont empressés de faire certifier le design de leurs nouveaux modèles. Dans cette course de vitesse, l'AP1000 de Westinghouse (qui n'a jamais été construit à ce jour) semble avoir pris une longueur d'avance, puisqu'il est censé équiper une dizaine de centrales, selon le NEI. Mais on peut parier que les réacteurs de troisième génération de GE seront eux aussi bien placés.
     Pour pouvoir rivaliser avec ces interlocuteurs traditionnels des exploitants de centrales américains, le français Areva n'avait qu'une solution : s'américaniser. C'est ce qu'il a fait l'an passé en s'alliant avec l'électricien Constellation Energy. Rassemblés sous la bannière UniStar Nuclear, les deux groupes ont décidé d'unir leurs forces pour favoriser la commercialisation du tout nouveau réacteur EPR aux Etats-Unis. Au terme de l'accord conclu il y a un an, quatre nouvelles tranches devraient ainsi voir le jour sur les sites de Calvert Cliffs (Maryland) et de Nine Mile Point (New York), deux centrales exploitées par Constellation. Si les deux partenaires obtiennent les autorisations nécessaires, le premier de ces réacteurs pourrait être raccordé au réseau à l'horizon 2015. Mais d'ici là, d'autres commandes sont possibles. Après Constellation, des acteurs aussi importants que Duke Power et Entergy ont eux aussi exprimé leur intérêt pour l'EPR français auprès des autorités américaines.

    · · Norvège, Arrêt d'urgence d'un réacteur nucléaire en Norvège:
LEMONDE.FR avec AFP | 09.09
     Un réacteur nucléaire, utilisé à des fins de recherche et situé à 25 kilomètres d'Oslo, a été arrêté d'urgence dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 septembre, des niveaux élevés de radioactivité y ayant été détectés. Ces niveaux anormaux de radioactivité ont été constatés à l'intérieur du réacteur, mais pas à l'extérieur du bâtiment l'abritant.
     "Vers 3 heures cette nuit, l'alarme du réacteur de l'Institut technique d'énergie, à Kjeller, s'est déclenchée. Le réacteur a immédiatement été éteint. Aucune radioactivité au-dessus des valeurs normales n'a été mesurée en dehors" du bâtiment, a indiqué l'Agence norvégienne de protection de la radiation dans un communiqué.
     "La situation est sous contrôle, le réacteur a été fermé et toutes les mesures d'urgence ont été prises. Ce que nous faisons maintenant est (...) d'essayer de procéder à d'autres mesures autour, pour s'assurer qu'aucune fuite n'a eu lieu", a-t-elle précisé, ajoutant que "jusqu'à présent, aucune fuite en dehors de l'endiguement n'a été détectée".
     Un responsable de l'Agence, Ingar Amundsen, a dit qu'il était encore trop tôt pour pouvoir fournir les causes de l'incident, considérant qu'il pourrait s'agir "d'une fuite au niveau de la gaine métallique contenant le combustible nucléaire".
     Des prélèvements de l'eau dans le réacteur vont être analysés et les résultats pourraient être connus au cours de la journée. Aucune évacuation de population dans les environs du réacteur n'a eu lieu et personne ne se trouvait à l'intérieur du bâtiment lorsque l'alarme s'est déclenchée.
août
· Allemagne, Réduction de la longévité des déchets radioactifs! (annonces et discussions!)
· Source Greenpeace, Moins d'un Français sur trois (31%) souhaitent le développement du nucléaire!
    Moins de quatre jours avant la fin de l'enquête publique relative à la construction d'un nouveau réacteur électronucléaire dit EPR à Flamanville dans la Manche, Agir pour l'Environnement publie avec Greenpeace un sondage exclusif effectué par l'institut BVA. Ce sondage a été réalisé par téléphone les 21 et 22 juillet derniers auprès d'un panel de 1006 personnes représentatives de la population française. 
    Face aux enjeux énergétiques, 84% des Français plaident en faveur des énergies renouvelables quand 77% aimeraient voir se développer des campagnes de maîtrise de l'énergie. Au regard de ce plébiscite, il est à noter que moins de 31% des Français souhaitent que l'énergie nucléaire soit développée pour répondre à la crise énergétique actuelle. Pire, 81% des français considèrent le nucléaire comme une technologie à risque!
    Alors que l'enquête publique est menée en pleine période estivale et circonscrite aux seules 19 communes entourant le futur projet d'EPR à Flamanville, Agir pour l'Environnement constate une nouvelle fois que le Gouvernement semble vouloir imposer un réacteur nucléaire de troisième génération à l'aide d'une procédure administrative minimaliste et expéditive. 
    En lieu et place d'une consultation réellement interactive, les Français ont subi une enquête publique radioactive. Ils sont pourtant nombreux à vouloir être consulté sur le nucléaire avec par exemple 80% favorables à l'organisation d'un référendum sur la sortie du nucléaire.
    Une nouvelle fois, le Gouvernement fait la preuve de son intransigeance et de son dogmatisme en matière énergétique. Alors même que l'unilatéralisme énergétique et sa mythique «indépendance énergétique» conduisent la France à devoir importer de l'électricité tout en rejetant, à l'aide de réglementations d'exception des eaux de plus en plus chaudes dans les fleuves français – et ce aux dépends des écosystèmes, la France s'entête en profitant de la torpeur estivale pour imposer le service minimum en matière d'enquête publique.
    Agir pour l'Environnement et Greenpeace enjoignent le Gouvernement à prendre acte du refus persistant des Français à l'encontre du nucléaire en général et de l'EPR en particulier. Les associations demandent au Gouvernement, à EDF, à RTE et au Commissaire enquêteur la suspension immédiate du projet EPR et la réaffectation, en faveur du développement des énergies renouvelables et de la maîtrise de l'énergie, des 3,5 milliards d'euros prévus pour la construction de ce prototype et de sa ligne à très haute tension. Les associations appèlent au rassemblement initié par le collectif «EPR: Non merci!» prévu devant la préfecture de la Manche à Saint-Lô samedi 29 juillet à 15h afin de rappeler leur opposition à l'égard de l'EPR, inutile, dispendieux et dangereux.
Sondage exclusif BVA/ Agir pour l'Environnement
Sondage en ligne: www.agirpourlenvironnement.org/ /campagnes/c18sondage.htm
· Sources ADIT:
· · Suède: A quelques minutes de l'accident majeur nucléaire (en français, anglais, allemand)

    · · Etats - Unis: Slow Start for Revival of Nuclear Reactors (NYTimes, en anglais)
    · · Les centrales d'EDF sont temporairement autorisées à rejeter des eaux plus chaudes:

    Le gouvernement a autorisé exceptionnellement les centrales du groupe EDF à relâcher des eaux plus chaudes dans les rivières. L'arrêté prend effet dès sa notification aux producteurs d'électricité et jusqu'au 30 septembre 2006.
    Par un arrêté paru dimanche au Journal Officiel, le ministre de la santé et des solidarités, la ministre de l'écologie et du développement durable et le ministre délégué à l'industrie ont autorisé exceptionnellement les centrales du groupe EDF à relâcher des eaux plus chaudes dans les rivières. L'autorisation temporaire a été accordée à EDF en raison des conditions climatiques extrêmes auxquelles la France et l'ensemble de l'Europe sont actuellement confrontés et par précaution afin de garantir l'approvisionnement électrique du pays.
    Les conditions climatiques exceptionnelles conjuguées à une hausse de la consommation avaient récemment contraint EDF à acheter de l'électricité sur les marchés de gros pour garantir l'alimentation du territoire français. Le 22 juillet, EDF avait sollicité la mise en place de ces mesures exceptionnelles auprès des pouvoirs publics. En cas de persistance de la canicule, EDF demande à ce que les centrales situées en bord de fleuve puissent, si nécessaire, prélever et restituer l'eau de refroidissement à des températures légèrement supérieures aux normes en vigueur de façon temporaire et exceptionnelle, comme à l'été 2003, indique EDF dans un communiqué. En effet, selon EDF, les ressources en eau, indispensables à la production hydraulique et qui interviennent également dans le nécessaire refroidissement des centrales nucléaires et thermiques, sont aujourd'hui faibles. Par ailleurs, les chaleurs exceptionnelles de ces derniers jours, supérieures de 3 à 6 degrés aux normes saisonnières, ont entraîné une hausse historique des températures des fleuves, explique le groupe réduisant de fait l'efficacité du refroidissement par les eaux prélevées.
    Selon l'arrêté, qui prend effet dès notification aux producteurs d'électricité et restera en vigueur jusqu'au 30 septembre, les centrales électriques effectuant des rejets d'eau dans les bassins fluviaux de la Garonne, du Rhône, de la Seine, de la Meuse et de la Moselle pourront continuer à pratiquer ces rejets jusqu'à ce que l'écart entre les mesures de la température de l'eau effectuées à l'amont et à l'aval après mélange de chacune de ces installations atteigne certaines valeurs moyennes.
Valeurs fixée à 0,3 °C pour les installations situées en bordure de Garonne, à 1,5 °C pour les installations situées en bordure de Meuse, de Moselle ou de Seine et à 1 °C pour les installations situées en bordure de Rhône équipées, partiellement ou en totalité, de tours de réfrigération atmosphériques. Cette valeur est portée à 3 °C en l'absence de telles tours. En outre, des lâchers d'eau depuis les barrages en amont de la Garonne, sont également prévus dans certains cas.
    Le texte précise que l'utilisation de telles mesures est réduite dans toute la mesure du possible et est limitée aux situations où le gestionnaire du réseau de transport d'électricité requiert le fonctionnement de l'installation à un niveau de puissance minimal pour assurer la sûreté du système électrique ou l'équilibre entre la consommation et la production d'électricité.
    Il ajoute également que les producteurs d'électricité suivront attentivement, pendant toute la période où le présent arrêté sera en vigueur, l'incidence environnementale des mesures qu'ils seront amenés à prendre, notamment sur la faune des fleuves et rivières et leur incidence sanitaire, notamment sur les baignades et les activités de loisirs nautiques en aval.
    Le Réseau Sortir du nucléaire a exprimé sa plus grande colère face aux dérogations demandées par EDF. Une fois de plus, EDF souhaite sacrifier l'environnement au profit de la production nucléaire, indique le réseau, qui fédère 743 associations, dans un communiqué. Les événements climatiques brutaux étant de plus en plus fréquents et intenses (canicules, les sécheresses, les tempêtes), le réseau associatif déclare que le réchauffement climatique est une raison de plus, et non des moindres, pour arrêter au plus vite toutes les centrales nucléaires.
    À EDF, on précise qu'une surveillance renforcée de la faune et flore des fleuves et des rivières a d'ores et déjà été mise en œuvre pour la préservation de ces milieux, fragilisés par la situation climatique. Un dispositif similaire avait été mis en place en 2003, lors de la précédente vague de chaleur et aucun impact sur la faune ou la flore n'avait été constaté: affirmation infondée, selon le réseau sortir du Nucléaire. En outre, EDF a invité tous les Français à effectuer les gestes quotidiens qui permettent d'économiser l'énergie.C.SEGHIER
3 des 6 demandes d'EDF se voient refusées

    Nelly OLIN, Ministre de l'écologie et du développement durable a refusé trois demandes de dérogations de température de l'eau pour des centrales thermiques de production d'électricité et en a accepté trois autres.
     Compte tenu de ces conditions climatiques exceptionnelles et de manière préventive, EDF a demandé au Gouvernement d'autoriser des dérogations sur la température des rejets dans l'eau pour 6 centrales thermiques de production d'électricité, à Blénod (Meurthe-et-Moselle), La Maxe (Moselle), Porcheville (Yvelines), Aramon (Gard), Richemont (Moselle) et Cordemais (Loire-Atlantique).
     Dans un communiqué du 28 juillet, Nelly Olin, Ministre de l'écologie et du développement durable, a toutefois indiqué avoir écarté pour l'instant toute possibilité de dérogation pour 3 des 6 centrales thermiques concernées. Il s'agit de Blénod, La Maxe, et Porcheville. Pour Nelly OLIN, le fonctionnement de ces centrales n'apparaît pas indispensable à la continuité d'alimentation des utilisateurs. Cette décision a été prise après consultation du ministère chargé de l'industrie, à partir de l'analyse de ses services en terme d'impact sur les milieux aquatiques naturels et au vu des informations.
     Le fonctionnement de ces centrales n'apparaît pas indispensable à la continuité d'alimentation des utilisateurs fournies par le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, RTE.
     En revanche, la ministre a autorisé les trois autres demandes de dérogations (Aramon, Cordemais et Richemont), à titre préventif. Ces dérogations ne seront officiellement déclenchées qu'en cas d'absolue nécessité afin de maintenir la sécurité du réseau de distribution électrique et sont accompagnées de mesures d'accompagnement relatives au respect de l'environnement, précise le ministère l'écologie et du développement durable dans un communiqué. Ces mesures d'accompagnement concernent le renforcement de la surveillance de la faune aquatique dans le voisinage des centrales de production électrique : suivi du taux d'oxygénation de l'eau, surveillance de l'état sanitaire et d'éventuelles mortalités de poissons par exemple.
     Dimanche dernier, EDF avait obtenu cette autorisation pour ses centrales nucléaires. En effet, un arrêté publié au Journal officiel autorisait les centrales nucléaires effectuant des rejets d'eau dans les bassins fluviaux de la Garonne, du Rhône, de la Seine, de la Meuse et de la Moselle. L'arrêté restera en vigueur jusqu'au 30 septembre. Plusieurs organisations écologistes avaient critiqué cette décision gouvernementale. Une fois de plus, EDF souhaite sacrifier l'environnement au profit de la production nucléaire, indique le Réseau Sortir du nucléaire, qui fédère 743 associations, dans un communiqué. Pour Greenpeace, la nouvelle dérogation va contribuer à fragiliser encore davantage des écosystèmes déjà durement éprouvés. Frédéric Marillier, chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace France, explique que ce problème de surchauffe des centrales démontre bien les limites du nucléaire. On paie les conséquences de notre politique tout nucléaire qui a créé un colosse au pied d'argile. De nombreux experts s'accordent à dire qu'il faut absolument diversifier nos sources d'énergie mais paradoxalement le gouvernement et EDF projette la construction d'un nouveau réacteur l'EPR. Aujourd'hui, on constate que les centrales nucléaires ne sont pas les seules à poser problème: le développement des ENR devient véritablement urgent!

C.SEGHIER
    · · Nouvelle fuite radioactive à Temelin:
http://www.lefigaro.fr/international
Maurin Picard
    ÉTERNELLE pomme de discorde entre la République tchèque et ses voisins, la centrale nucléaire de Temelin a connu mercredi dernier une nouvelle fuite radioactive, le troisième incident notable en l'espace de trois jours.
    Cette série noire a provoqué une vague d'indignation en Autriche, un pays ouvertement antinucléaire depuis la tenue d'un référendum sur ce sujet en 1978. Située en Bohême du Sud, Temelin se trouve à seulement 65 km de la frontière autrichienne. Son existence même empoisonne depuis six ans les relations entre Prague et Vienne.
    D'après le porte-parole de la centrale, Milan Nebesar, «plusieurs milliers de litres d'eau légèrement radioactive» se seraient échappés du circuit de refroidissement de la deuxième tranche, mais auraient été contenus dans deux compartiments hermétiques situés dans l'enceinte de confinement du réacteur. La situation ne présenterait «plus aucun danger pour le public ni pour l'environnement», précise Nebesar. À l'origine de cet incident, des techniciens de la centrale «auraient omis de refermer à moitié seulement une poignée manuelle» lors d'une simple opération de vérification. Il s'agit du troisième incident survenu à Temelin depuis le début de la semaine.

     Les Autrichiens s'inquiètent des conditions de sécurité dans cette centrale proche de leur frontière.
     Lundi soir, une fuite d'huile avait entraîné l'arrêt de la turbine principale, avant que celle-ci ne soit à nouveau stoppée automatiquement vingt minutes plus tard, la température s'y étant élevée de 2 °C.

Hier matin, la deuxième tranche de la centrale avait néanmoins repris une activité normale, tournant à 91% de sa puissance maximale.
    Construits entre 1986 et 1997, les deux réacteurs de Temelin, d'une puissance unitaire de 1.000 mégawatts, sont des modèles russes de type VVER 1000, à eau pressurisée. Leur système de sécurité a été modernisé par la firme américaine Westinghouse dans les années 1990, pour être hissé au niveau des normes occidentales de sûreté nucléaire. Mais les détracteurs de Temelin, nombreux en République tchèque et en Autriche, continuent d'affirmer que la centrale reste instable et présente un risque majeur pour la région.

«Aucun problème»
    Pour preuve, ces 80 incidents répertoriés survenus depuis l'entrée en fonction effective de la centrale, il y a six ans, bien que la plupart d'entre eux ne concernent que la partie «non nucléaire» du site. En décembre 2004, 20.000 li tres d'eau radioactive s'étaient déjà échappés du circuit primaire de refroidissement, deux autres fuites majeures s'étant produites en juin 2004 et mai 2005. «La fréquence des incidents est certes élevée, concède Dana Drabova, la présidente de l'Autorité centrale de sécurité nucléaire (SUJB), mais cela ne pose aucun problème en termes de sécurité
    En décembre 2000, Prague et Vienne avaient convenu de rendre publiques toutes les opérations menées à Temelin. En contrepartie, l'Autriche apportait son soutien à la candidature tchèque d'adhésion à l'Union européenne. Prague a obtenu gain de cause le 1er mai 2004, mais la centrale de Temelin continue de défrayer la chronique.

juillet
· Source Agir pour l'Environnement: Courriel-hebdo n°182, Extrait du SOMMAIRE
· Source ADIT, Le Brésil va tripler sa production d'uranium:
    La société INB (Industries Nucléaires du Bresil) prévoit que la production brésilienne d'uranium triplera dans les trois prochaines années. Les réserves du Brésil en uranium le placent au sixième rang mondial et représentent 6,4% des ressources de la planète. L'INB, qui détient le monopole de l'extraction et de la production d'uranium au Brésil, annonce pour cette année le début de l'exploitation de la mine de Santa Quiteria dans l'Etat du Ceara (Région Nord-est).
    La mine à ciel ouvert de Caetite dans le sud-est de l'Etat de Bahia (Région Nord-est) est la seule en activité. Sa production est estimée à 400 tonnes pour 2006 et elle approvisionne les deux usines nucléaires du pays - Angra 1 et 2 dans l'Etat de Rio de Janeiro. Cette mine assure l'autosuffisance actuelle du Brésil.
    L'ouverture de la mine de Santa Quiteria permettra au Brésil de produire 1200 tonnes d'uranium d'ici à 2009. Ce résultat le placera au cinquième rang, derrière le Canada (34%), l'Australie, le Kazakhstan et la Russie. La production des deux mines - Caetite et Santa Quiteria - approvisionnerait également l'usine d' Angra 3 dans l'Etat de Rio de Janeiro, dont la construction pourrait reprendre cette année.
    Selon Odair Dias Goncalves, président de la CNEN (Commission Nationale d'Energie Nucléaire) une révision de l'actuel Programme Nucléaire Bresilien propose l'exportation du yellow cake, obtenu lors du premier traitement du minerai. L'autorisation de l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique) est nécessaire pour que le Brésil puisse exporter de l'uranium, vers des pays comme la Chine et le Japon.
    Signataire du Traité de non-proliferation nucléaire, le Brésil destine l'uranium produit à la recherche médicale, au secteur agricole et pour permettre aux usines d'Angra 1 et 2 de produire de l'énergie. Au Brésil l'hydroélectricité représente 70% de l'électricité nationale alors que l'énergie nucléaire ne représente que 2,2%.

Pour en savoir plus, contacts:
http://www.big-jb.com.br/big/pdf/74frances.pdf
Sources : Brazil International Gazeta - 25/06 au 03/07/2006

juin
· Sources ADIT:
    · · Tried, tested and failed: Nuclear power is now so discredited that even the World Bank won't lend money to build reactors (en anglais)
    · · France, ITER sera au cœur de la politique énergétique française (http://www.actu-environnement.com)
    · · Japon, des bactéries pour oxyder le tritium:
    La Japan Atomic Energy Agency (JAEA) et l'université d'Ibaraki ont mis au point une nouvelle méthode d'oxydation du tritium, un isotope radioactif de l'hydrogène amené à être utilisé en faible quantité comme combustible dans les réacteurs de fusion nucléaire.
    Le futur "réacteur expérimental thermonucléaire international" (ITER), devrait en consommer quelques dizaines de kilogrammes. Il est prévu dans le programme actuel d'oxyder le tritium restant à haute température en présence d'un catalyseur. Le tritium devient alors de l'eau.
    Néanmoins, le professeur Ichimasa de l'université d'Ibaraki a découvert qu'il est possible d'oxyder le tritium à température ambiante grâce à des bactéries. Un réacteur biologique a été conçu, qui a démontré que du tritium radioactif (37GBq) pouvait y être oxydé à "une vitesse raisonnable".
Son facteur de détritiation correspond en effet au niveau requis pour ITER. De plus, l'activité des bactéries fonctionne encore à 70% de sa valeur initiale après 1 année passée à 4°C.
    A l'avenir, ce type de bio-réacteur pourrait donc être mis en service. Il permettrait en effet de réaliser une économie importante par rapport au réacteur catalytique, qu'il faut chauffer et alimenter en catalyseur.
    La JAEA effectue actuellement des tests supplémentaires sur ce nouveau système.
Pour en savoir plus, contacts:
Schéma: http://www.jaea.go.jp/english/02/press2006/p06053001/all.html
Source: Presse Release de la IAEA
Voir aussi le FUTUR du nucléaire?
    · · Détection d'un niveau de radioactivité anormalement élevé à Nancy le dimanche 18 juin: le Réseau “Sortir du nucléaire” vous livre toutes les informations en sa possession.
    · · Russie, La Russie va construire une centrale nucléaire flottante?:
12.20pm Friday June 16, 2006       By Andrew Osborn
Sources: An Arctic military shipbuilding plant and Russia's Atomic Power Agency signed a contract yesterday to build the world's first floating nuclear reactor. The Guardian, p18, brief; The Independent, p24, 2/3 col
    MOSCOW - Russia is to shrug off environmental concerns about 'floating Chernobyls' and press ahead with construction of the world's first floating nuclear power station.
    The Kremlin has approved the project and a shipyard in the far north of Russia that usually turns out nuclear submarines will begin construction work next year.
    Rosenergoatom, Russia's nuclear power agency, says it intends to build up to six floating power stations and that the first one will be ready in 2010. They will supply heat and electricity to far-flung corners of Russia's Far East and Far North where it is difficult and expensive to ship coal and oil.
    Russia has made no secret of the fact that it would also like to sell the controversial mobile power units to other countries such as China and India. The power stations look rather like cross-Channel ferries with two reactors placed above a barge-like platform.
    At a cost of 182m pounds each, they have a service life of forty years, require a crew of 69 people, and generate enough heat and electricity to power a medium-sized town.
    Much of the technology used to design them was drawn from Russia's unique experience of building and operating nuclear-powered icebreakers.
    The floating power stations can be 'dead anchored' in a quiet inlet or towed to other destinations. The first model will be moored in the White Sea off the town of Severodvinsk in Russia's northern Archangel region.
    Sergey Obozov, a senior official at Rosenergoatom boasted that they would be "reliable as a Kalashnikov assault rifle which are a benchmark of safety."
    Sergey Kiriyenko, the head of the agency, said he was also confident. "There will be no floating Chernobyl," he said, referring to the Soviet-era 1986 nuclear accident.
    However environmentalists have warned that the concept is risky and that the power stations could sink in stormy weather. They have also argued that the units would make a prime terrorist target.
    According to a report from the Norwegian-based Bellona Foundation the floating power stations are "a threat to the Arctic, the world's oceans, and the whole concept of non-proliferation."
· Source Sortir du nucléaire: Créer plus de 10.000 emplois avec les 3 milliards du réacteur nucléaire EPR, c'est possible!
mai
· Communiqué CRIIRAD - Mercredi 31 mai 2006, Dossier TCHERNOBYL:
Le professeur Pellerin doit enfin s'expliquer devant la Justice!
· Source AMBASSADE DE LA REPUBLIQUE DE BELARUS EN FRANCE: La construction du site de stockage des déchets radioactifs par la Lituanie; à la veille du 5 juin, Journée mondiale de l'environnement, le Bélarus fait face a une menace potentielle d'une catastrophe écologique
· Source Courriel-hebdo d'Agir pour l'Environnement [n°174] Pétition en ligne: Non au Pôle Nucléaire de Bourgogne! Date limite de participation: 15 juin
· Sources ADIT: Espagne, l'Espagne ferme sa première centrale nucléaire:
    La centrale nucléaire de José Cabrera, à Almocinad de Zorita, près de Guadalajara, dans le centre de l'Espagne, a définitivement arrêté sa production hier sur décision du gouvernement. Mise en service, il y a 38 ans, il s'agissait du plus ancien des sept réacteurs nucléaires encore en activité. Sa remplaçante devrait être une centrale électrique classique à cycle combiné, dotée de deux groupes de 400 mégawatts et se révèlant au passage cinq fois plus puissante.
    Le nucléaire représente plus de 20% de la production électrique nationale, et un débat s'organise actuellement dans le pays, pour connaître la vrai place du nucléaire dans le paysage économique et politique espagnol
    · · La France pourrait sortir du nucléaire d'ici 2040! (Source ADIT)
    · · EDF souhaite construire et exploiter des centrales nucléaires en Chine
    · · Gestion des déchets nucléaires: un projet de loi sans démocratie participative:
http://www.actualites-news-environnement.com/
20060525-gestion-dechets-nucleaires-loi.php
    L'Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l'Ouest (ACRO) et le Groupement de Scientifiques pour l'Information sur l'Energie Nucléaire (GSIEN) critiquent le projet de loi, en discussion au Sénat, sur les déchets nucléaires. Pour ACRO et GSIEN, la gestion des déchets nucléaires en France ou comment «le gouvernement enterre la démocratie participative
    Selon les deux mouvements, «le projet de loi actuellement en discussion semble ignorer le débat public qui vient d'avoir lieu. Il prolonge de dix ans les trois axes de recherche de la loi précédente de 1991. Mais il impose que l'autorisation de stockage en couches géologiques profondes puisse être instruite d'ici 2015, ce qui transforme de facto le laboratoire de recherche de Bure en futur centre de stockage, par une simple décision du Conseil d'Etat. Si un débat public a été introduit par les députés avant de prendre une décision définitive, cela n'engage à rien, au vu du mépris des autorités envers les résultats d'une telle procédure

Gestion des déchets nucléaires un projet de loi sans démocratie participative
    Les deux mouvements assurent penser que «les efforts de recherche sur l'axe séparation-transmutation sont trop onéreux par rapport aux espoirs potentiels de cette solution. Comment justifier l'exposition des travailleurs du nucléaire et les populations du présent siècle à un détriment certain sans protéger pour autant les populations futures dans 100.000 à des millions d'années?» En effet, selon elles, «la CNE considère, dans son dernier rapport, que finalement la séparation-transmutation répond au principe de précaution de la charte de l'environnement plutôt qu'à la recherche d'une diminution du risque réel dû à la présence en profondeur des déchets.» Et d'affirmer «surtout, cette voie nécessite de prendre pour option de continuer le nucléaire sans prendre la mesure sur la quantité de déchets qui en résultera
    Pour elles, «si nous saluons la création d'un plan national de gestion des matières et déchets radioactifs, nous déplorons les orientations imposées par la loi: ni le traitement, ni le conditionnement des combustibles usés ne réduisent la quantité de déchets radioactifs. Généraliser le traitement est absurde car le plutonium s'accumule actuellement «sur les étagères», comme presque la totalité de l'uranium de retraitement. Par ailleurs, la vitrification en fin de procédé est irréversible dans le sens où elle interdit toute reprise ultérieure des verres. Ce choix technologique est en contradiction avec la continuation des recherches sur la séparation-transmutation.

Il est prématuré de faire du stockage en couches géologiques profondes la solution pour les déchets ne pouvant être stockés en surface. Dans son dernier rapport, la Commission Nationale d'Evaluation précise que « les conditions d'une éventuelle décision finale de réalisation d'un stockage [souterrain] ne sont pas encore réunies.» Par ailleurs, le débat national sur les déchets a montré un fort rejet de cette solution par la population et avait conclu à la nécessité de la réalisation d'un «prototype d'entreposage pérennisé» pouvant éventuellement servir d'alternative. Cette voie est ignorée par ce projet de loi. »
    Elles disent penser que la loi sur la gestion des déchets nucléaires devrait plutôt «fixer des objectifs à atteindre à ce plan, et non des moyens, afin de ne pas trop restreindre les choix. Surtout, ces plans successifs devraient faire l'objet d'une véritable concertation publique imposée par la loi comme s'y est engagée la France en ratifiant la convention d'Aarhus
    Elles saluent aussi le fait que le stockage en France de déchets nucléaires étrangers «soit toujours interdit, même si nous espérons que le stockage à l'étranger de déchets français le soit aussi. Malheureusement, la pratique depuis 1991 n'est pas satisfaisante et il conviendrait d'être plus précis. La définition de « déchets radioactifs [qui] sont des substances radioactives pour lesquelles aucune utilisation ultérieure n'est prévue ou envisagée» est trop restrictive et ouvre la porte à de nombreux abus. En effet, sous prétexte que certaines matières sont hypothétiquement recyclables, elles ne sont pas considérées comme déchets, même si dans les faits, elles ne sont pas recyclées et ne le seront jamais. C'est le cas en particulier d'une partie du plutonium et de l'uranium extrait dans les usines de retraitement, ou de l'uranium appauvri. »
    ACRO et GSIEN proposent «plutôt de définir comme déchet radioactif, toute matière radioactive non utilisée dans un délai à fixer et de considérer, les déchets ultimes, les déchets potentiellement valorisables et les matières valorisées.»
    Selon elles, «le public est le grand oublié de ce projet de loi. Certes, la Commission Nationale d'Evaluation a constitué un énorme progrès, et nous saluons l'extension de ses compétences à tous les déchets. La création d'une commission nationale d'évaluation du financement est aussi une bonne initiative si ses rapports sont rendus publics, ce qui n'est pas imposé par le projet de loi actuel. Nous regrettons cependant qu'aucune structure ne permette de prendre en compte l'avis de la population. Nous soutenons donc l'initiative de l'ANCLI de créer une commission nationale permanente et pluraliste de débat qui devrait être inscrite dans la loi. Quant à la Commission Locale d'Information et de Suivi de Bure, nous demandons que la loi s'appuie sur sa motion concernant son fonctionnement
    · · Greenpeace dénonce des fuites radioactives sur deux sites français
    · · photo de la démolition des tours de refroidissement d'une centrale nucléaire d'Oregon! (USA)
· Source GSIEN/Gazette Nucléaire/Réseau Sortir du nucléaire: LES DERNIERS DEVELOPPEMENTS DU SECRET DEFENSE

AVRIL: ANNIVERSAIRE TCHERNOBYL!

· Il y a de l'avenir à long terme dans les métiers du nucléaire, Interview de Gérard Kottmann, président du Pôle Nucléaire Bourgogne! (Source Le Creusot Actualités N°99)
· Grande-Bretagne, Les moutons radioactifs de la campagne anglaise:

    "Vingt ans après, Tchernobyl empoisonne encore les moutons anglais", rapporte The Independent. "Le ministère de la Santé britannique a indiqué que plus de 200.000 moutons paissent sur des terres contaminées à la suite de l'accident qui s'est produit dans la centrale nucléaire ukrainienne en avril 1986: 375 fermes seraient touchées, dont 355 au pays de Galles, 11 en Ecosse et 9 en Angleterre", relate le quotidien britannique. "Aucun mouton ne peut sortir de son territoire sans une autorisation spéciale. Les moutons qui ont un taux de radioactivité plus élevé que la norme doivent être marqués par un tatouage spécifique et doivent passer des mois à paître sur des pâturages décontaminés avant d'être intégrés à la chaîne alimentaire", explique le journal.     Cette révélation survient alors que Tony Blair défend le recours à l'énergie nucléaire. Les centrales nucléaires britanniques sont toutes en cours d'amortissement, la dernière doit fermer en 2035. Le Premier ministre britannique estime que le Royaume-Uni dépend trop de régimes politiques instables pour ses ressources énergétiques et propose l'énergie nucléaire comme alternative. Mais, depuis Tchernobyl, l'opinion publique britannique n'est pas favorable à l'énergie nucléaire, ajoute The Independent.
· Sources ADIT:
· · Grande-Bretagne, Le débat sur l'énergie nucléaire continue:
    Le sort de l'énergie nucléaire est, pour le public et les spécialistes, la question principale abordée dans le cadre de la révision de la politique énergétique britannique. Si une partie des commentateurs britanniques estime que la décision de construire de nouvelles centrales a été déjà prise par le Premier Ministre, certaines publications montrent que le sort du nucléaire n'est pas encore complètement certain.
    Le rapport "The role of nuclear power in a low carbon economy" de la Sustainable Development Commission (SDC, Commission pour le Développement Durable, organisme de conseil financé par le gouvernement), publié le 6 mars dans le cadre de la consultation sur la révision de la politique énergétique, estime qu'il n'y a pas de justification pour la construction de nouvelles centrales.
    Si, de fait, l'énergie nucléaire permet de produire de larges quantités d'électricité et de stabiliser les émissions de CO2, doubler la capacité nucléaire actuelle permettrait seulement de réduire les émissions de CO2 de 8% en 2035, par rapport au niveau de 1990.
    Les principaux arguments avancés contre l'énergie nucléaire dans cette étude sont les suivants:
    - les impact intergénérationnels: les échelles de temps pour le stockage des déchêts sont extrêmement longues (plusieurs dizaines de milliers d'années);
    - le coût: l'économie des centrales nucléaire est très incertaine;
    - la sûreté et sécurité internationale: notamment à cause des risques de terrorisme et de prolifération;
    - un système de génération centralisé: cela empêcherait, pendant au moins 50 ans, le Royaume-Uni de développer des réseaux décentralisés avec une production d'énergie à petite échelle;
    - réduire l'impact des économies d'énergie: un système de réseau décentralisé à petite échelle devrait rendre les consommateurs plus conscients des dépenses énergétiques qu'un système centralisé à grande échelle.
    Ce rapport favorise les économies d'énergie, les énergies renouvelables, et les technologies de capture et de séquestration du carbone pour la mise en place d'une politique énergétique durable. Il est intéressant de noter que le président de la SDC, qui conseille le premier ministre, Sir Jonathan Porritt, est l'ancien directeur de l'ONG Friend of The Earth au Royaume-Uni.
    Par ailleurs, des scientifiques d'Imperial College déclarent, dans un commentaire publié dans le journal Nature Materials, que l'énergie solaire photovoltaïque (conversion directe de la lumière du soleil en électricité) peut remplacer l'énergie nucléaire.
    La capacité actuelle des centrales nucléaires britanniques est de 12 GW d'électricité produite (et ~2 fois plus perdue...), soit la même capacité que l'énergie solaire photovoltaïque prévue par l'Allemagne en 2012, si son programme photovoltaïque continue de se développer au taux actuel.
    Les chercheurs notent que le Royaume-Uni, dont les ressources solaires sont similaires à celles de l'Allemagne, pourrait générer 12 GW d'électricité en 2023 (soit remplacer le parc nucléaire existant) si la production d'électricité photovoltaïque augmente de 40% par an, sachant que la moyenne mondiale en 2004 est de 56%. Cependant le Royaume-Uni a récemment abandonné son programme d'installation de 3.500 toits à la moitié de son avancement, alors que l'Allemagne et le Japon ont complété respectivement leurs programmes de 100.000 et 70.000 installations.
    D'après les auteurs, le gouvernement et la communauté scientifique sont pro-nucléaires: en 2004-2005, les conseils de recherche britanniques auraient dépensé sept fois plus d'argent sur la fusion nucléaire que sur la recherche sur les cellules photovoltaïques. Les auteurs estiment que les nouvelles générations de cellules photovoltaïques, en particulier la 3e génération qui est utilisée actuellement pour les applications spatiales, devraient permettre de doubler l'électricité produite par unité de surface.
    Le débat sur l'énergie nucléaire s'annonce donc animé jusqu'à la fin de la consultation, le 14 avril 2006, et même après.
Sources: - SDC position paper, "The Role of nuclear power in a low carbon economy", 03/2006, - Nature Materials Vol 5, 03/2006, P.161-164 - Imperial College, press release