| Vingt ans
après l'accident de la centrale ukrainienne de Tchernobyl, poissons
et champignons des régions de Finlande les plus exposées
aux retombées radioactives restent toxiques, affirme un rapport
de l'Autorité finlandaise de sécurité alimentaire,
Evira, publié lundi.
La densité maximale de césium-137 recommandée à la consommation par les normes européennes de 600 becquerel par kilo (Bq/kg) était atteinte ou dépassée dans 20% des poissons et dans plus de la moitié des champignons comestibles prélevés et analysés en 2005 par l'Evira et l'Autorité de sûreté nucléaire (Stuk). Les prélèvements ont été effectués dans les lacs et les environs de Vammala (sud-ouest), à 230 km au nord-ouest d'Helsinki, représentatifs des régions du sud et sud-ouest du pays les plus touchées par les retombées de l'explosion du réacteur numéro 4 de Tchernobyl, le 26 avril 1986. Les taux de radioactivité relevés sur les poissons, essentiellement des prédateurs, atteignaient un maximum de 2.000 Bq/kg et jusqu'à 5.400 Bq/kg pour les champignons, avec d'importantes variations en fonction des espèces de poisson et des conditions de croissance des champignons. |
Par ailleurs 17% des
poissons présentaient des taux de mercure anormaux, selon cette
étude.
Les autorités recommandent de limiter la consommation de poissons lacustres à une ou deux fois par mois (le brochet restant interdit pour les femmes enceintes) et de bien nettoyer les champignons. Finlande, Thernobyl originated radioactive cesium-137 in fish and mushrooms exceeds the EU levels even after 20 years The Finnish Food Safety Authority Evira and the Radiation and Nuclear Safety Authority (STUK) determined the local variations of cesium-137 and mercury content in predatory fish and mushrooms in a pilot project performed in summer 2005 in Vammala area in Finland. The project was carried out in co-operation with the environmental health authorities of the Sastamala municipal federation. ( ... ) http://www.evira.fi/portal/fi/elintarvikkeet/elintarviketietoa/vierasaineet/ |
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Tchernobyl, vingt ans après Parmi les catastrophes industrielles, la plus grave et celle dont même vingt ans plus tard, on ne sait évaluer l'étendue exacte des conséquences, est l'explosion en 1986 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, à la frontière de l'Ukraine et de la Biélorussie. Alfredo Pena-Vega, sociologue au Centre d'études transdisciplinaire, sociologie, anthropologie, histoire (Cetsah, [1]), est allé enquêter en Biélorussie dans les districts de Stolyn et Narowlya, situés respectivement à 80 et 70 km du réacteur, et s'est intéressé à l'état sanitaire des populations qui n'ont pas quitté la zone. «La situation sanitaire reste préoccupante. Par exemple, dans les villages de Narowlya, seule 16% de la population peut être considérée comme saine. Tous les autres souffrent à divers degrés de pathologies liées à la radioactivité : troubles gastriques, cardiaques et problèmes thyroïdiens, dont des cancers. De plus, la situation sanitaire de cette population ne va pas s'améliorer puisqu'il y a des gens qui vivent et qui naissent dans ces terrains radioactifs.» |
Pourtant, environ 30% du budget de l'État biélorusse
est destiné à remédier aux conséquences de
la catastrophe: réhabilitation des territoires contaminés,
aides aux populations sinistrées, indemnités pour les célèbres
«liquidateurs» irradiés, ces hommes qui furent chargés
de décontaminer le site de Tchernobyl au lendemain de l'explosion.
Une catastrophe sanitaire majeure comme celle-ci est-elle encore possible aujourd'hui, malgré les notables améliorations en matière de sécurité et de contrôle des installations qui ont été réalisées ces trente dernières années? «La culture du risque a atteint, je pense, ses limites, affirme Frédéric Ogé. Les procédures de sécurité ont tendance à se déliter au fil du temps et des erreurs humaines ou des incidents techniques peuvent conduire à des catastrophes majeures. Je pense qu'on est devant un choix de société: continuer à prendre des risques, qui tôt ou tard finiront par se réaliser, ou alors décider de l'abandon des modes de production dangereux.» Sebastián Escalón
1. A l'Institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain
(CNRS / EHESS). |