| INTRODUCTION
Entre 1957/58 le gouvernement Britannique a effectu? une s?rie d'essais nucl?aires sur les ?les Christmas et Malden dans l'oc?an Pacifique. Cette s?rie de d'explosions est connue sous le nom d'"Op?ration Grapple". Avant ces ?les faisaient partie de "Line Islands", mais sont maintenant connues sous le nom de Kiribati. Lors de ?l'Op?ration Grapple? il y a eu 9 essais nucl?aires, de Mai 1957 ? Septembre 1958: une s?rie de 3 tirs atomiques (fission) atmosph?riques ont eu lieu en mer pr?s de l'?le Malden, 4 tirs atomiques (fission) ont eu lieu en mer ? proximit? de l'?le Christmas et 2 tirs thermonucl?aires (fusion) plus faibles, ? terre sur l'?le de Christmas. Plusieurs navires des forces navales britanniques et N?o-z?landaises ont particip? ? l'op?ration Grapple. Deux fr?gates N?o-z?landaises ?taient sur zone lors des tirs: le HMNZS Pukaki et le HMNZS Rotoiti. Pendant ces essais 551 marins N?o Z?landais ont servi sur ces navires. Leurs fonctions ?taient d'?tre t?moin de ces essais nucl?aires et de collecter des notes sur la m?t?o. Pendant l'Op?ration Grapple les navires N?o- Z?landais ?taient stationn?s ? des distances variables, entre 20 ? 150 milles marins du point z?ro ? contre vent du point z?ro des zones de tir. (Crawford, 1989). Le Pukaki ?tait pr?sent aux 9 essais, alors que le Rotoiti n'a ?t? pr?sent qu'aux 4 premiers essais. Le tableau 1 pr?sente l'information des tirs ainsi que les distances pour chacun de ces navires. L'absence des donn?es de films dosim?triques port?s par les participants pendant ces essais rend difficile d'?tablir avec certitude si ces personnes ont re?u une dose de rayonnement et ? quel degr?. N?anmoins, depuis les essais, les v?t?rans ont d?clar?, clairement ou non, que si leur qualit? de vie a ?t? affect?e, c'est le r?sultat direct de leur participation ? l'Op?ration Grapple. Les v?t?rans ont ?galement signal? une plus grande pr?dominance de d?sordres g?n?tiques chez eux et leur descendance (enfants, petits-enfants etc.). Il y aurait une plus grande fr?quence de my?lomes multiples chez les v?t?rans Britanniques qui ont particip? aux essais, r?sultat bas? sur l'analyse des enregistrements m?dicaux de plusieurs milliers de participants (Rabbitt Roff 1999). De nombreux v?t?rans ont d?clar? des maladies telles que cataractes (Phelps-Phelps-Brown et al, 1997) et arthrite, ou sont morts en raison des maladies pouvant ?tre attribu?es ? l'exposition aux radiations, tels que d?sordres gastro-intestinaux ou respiratoires et quelques types de cancers (Rabbitt Roff, 1997). (suite)
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suite:
Bien que plusieurs ?tudes ?pid?miologiques aient ?t? entreprises sur la sant? des v?t?rans des essais nucl?aires de Grande-Bretagne, des Etats-Unis, d'Australie et de Nouvelle Z?lande, toutes ont donn? des r?sultats peu concluants ou non significatifs (Pearce et al, 1990a, b; Rabbitt Roff, 1999; Dalager et al, 2000; Muirhead et al 2003). Des r?sultats similaires existent pour les ?tudes impliquant la sant? de leurs enfants. (Reeves et al, 1999; McLeod et al, 2001a, b). Le faible nombre de participants N?o Z?landais (551) a rendu difficile les ?tudes ?pid?miologiques. Les cancers radio induits qui pourraient en r?sulter ne seraient pas facilement discernables sur le fond et le pourcentage pr?vu des diff?rents cancers qui peuvent surgir spontan?ment (McEwan, 1988). N?anmoins, quelques ?tudes montrent des augmentations tout justes significatives des incidences des cancers h?matologiques chez les v?t?rans de Nouvelle Z?lande, comme la leuc?mie, qui peuvent ?tre caus?s par une exposition aux radiations lors de l'Op?ration Grapple (Pearce, 1990a). Cependant, une comparaison de la morbidit? du groupe de contr?le par rapport aux statistiques nationales sur le cancer a montr? que le groupe a eu des incidences anormalement basses du cancer, d'o? un biais pour les r?sultats (McEwan, 1988). Jusqu'ici toutes les r?clamations faites par les v?t?rans N?o Z?landais des essais nucl?aires ont ?t? bas?es sur les ?tudes ?pid?miologiques ou la pr?somption de pr?sence. Il faut ?tayer davantage les r?clamations. Pour cette raison, une ?tude g?n?tique contr?l?e a ?t? entreprise pour d?terminer si les personnels de la base navale de Nouvelle-Z?lande t?moins de l'Op?ration Grapple ont subi des dommages g?n?tiques. Ce rapport est fait en parall?le d'une ?tude entreprise par ce laboratoire: une analyse sur l'?change des chromatides soeurs (SCE) sur 50 v?t?rans et 50 t?moins (Rowland et al, 2005), ainsi qu'une th?se de MSc pass?e par Chad Johnson (2004) ? l'universit? de Massey sur le m?me ?chantillon en utilisant le test COM?T. L'?tude de SCE a d?tect? une l?g?re mais n?anmoins significative fr?quence d'?change des chromatides soeurs plus ?lev?e des v?t?rans des essais nucl?aires compar?e ? un groupe de contr?le appari? d'ex-militaires de Nouvelle Z?lande. Dans cette ?tude, trois analyses en plus ont ?t? ex?cut?es: test G2 (G2), test des Micronoyaux (MN), et mFISH (hybridation in situ fluorescente multicolore). p.9
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Tableau 1:
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donn?es en miles |
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| Test G2
L'instabilit? chromosomique et la perte ou le gain de chromosomes sont des sympt?mes caract?ristiques de nombreuses tumeurs canc?reuses et de dysfonctionnement de l'organisme humain (Griffin 2002). Plusieurs ?tudes ont montr? une relation entre la pr?disposition au cancer et la radiosensibilit?. La capacit? de r?paration de l'ADN est dans ce cas alt?r?e et cela semble jouer un r?le important quant ? l'instabilit? g?n?tique et au d?veloppement du cancer (Sanford et al, 1989; Terzoudi et al, 2000; Smart et al, 2003). La capacit? d?ficiente de l'ADN ? se r?parer peut ?tre mesur?e en notant l'augmentation de la sensibilit? des chromosomes en phase G2 (Sanford et Parshad 1999; Bryant et al, 2002). Cela se fait en irradiant des cellules pendant environ 1H30 avant pr?l?vement pour rechercher dans les chromosomes c-m?taphase, des ruptures de chromosome ou de chromatides. De telles cellules se seraient trouv?es en phase G2 au moment de l'irradiation. L'analyse G2 a ?t? ex?cut?e dans cette ?tude pour ?tablir des niveaux de la radiosensibilit? chez les v?t?rans N?o-Z?landais des essais nucl?aires. Test des Micronoyaux
mFISH
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Dans notre ?tude, nous avons utilis? le proc?d? de l'hybridation in situ par fluorescence multicolore (mFISH) o? chaque chromosome dans le g?nome est peint d'une couleur diff?rente. Ceci donne un plus grand degr? d'efficacit? en enregistrant tous les nombres et types d'?v?nements de translocation, plut?t qu'une estimation projet?e. En outre, nous avons consid?r? plus sage de choisir notre propre groupe de contr?le parce que les N?o Z?landais ont pu avoir ?t? mis en danger dans le pass? par plusieurs essais atomiques atmosph?riques en Polyn?sie fran?aise. Et d'ailleurs ? ce sujet en 1978 la Nouvelle Z?lande a intent? un proc?s ? la France devant la Cour de Justice Internationale ? La Haye. C'est maintenant un principe ?tabli que toute alt?ration de l'ADN peut affecter l'?tat de sant? et peut potentiellement avoir des cons?quences h?r?ditaires. Les ?tudes de suivi chez des individus expos?s aux agents g?notoxiques ont clairement montr? la valeur pr?dictive de dommages chromosomiques ?lev?s beaucoup plus tard (Hagmar et al, 1994, 1998a, b, 2001). Cependant nous souhaitons souligner que cette ?tude ne fait aucune r?clamation sur l'?tat de sant? des v?t?rans. Cette ?tude se concentre sur le statut g?n?tique du groupe exp?rimental (de v?t?rans). Une des r?serves des chercheurs ?tait de savoir si on pouvait d?tecter n'importe quelle preuve des dommages g?n?tiques et pouvait attribuer ceci ? un ?v?nement qui a eu lieu il y a longtemps. Cinquante ans ou plus, c'est long, peu d'?tudes ont ?t? r?alis?es. N?anmoins, la recherche conduite par plusieurs auteurs affine notre point de vue et confirme qu'il ?tait utile de mener notre ?tude. Hande et al (2003), qui travaillaient dans le laboratoire de David Brenner ? Columbia University, New York, ont montr? d'une fa?on convaincante que l'exposition aux rayonnements ionisants importante dans le pass? peut laisser une signature permanente tout ? fait caract?ristique dans le g?nome. Leur recherche a confirm? que les produits radioactifs peuvent rester dans le corps humain plusieurs dizaines d'ann?es et provoquer des effets g?n?tiques ? long terme. Ils ont entrepris une ?tude sur des ex-ouvriers en bonne sant? de l'industrie des armes nucl?aires qui ont ?t? professionnellement expos?s depuis 1949 dans l'ancienne Union Sovi?tique. Ces ouvriers expos?s ? l'irradiation ont ?t? employ?s soit dans des usines produisant du plutonium soit sur un r?acteur nucl?aire. Des niveaux ?lev?s d'aberrations des chromosomes ont ?t? observ?s chez ces ouvriers. De mani?re significative ils ont montr? une r?tention ? long terme des traces de plutonium inhal?. Les r?sultats des autopsies ?taient utilis?s pour calculer la clairance du plutonium pulmonaire. Les ?tudes men?es par le groupe Brenner sur les ouvriers du plutonium ont donn? les r?sultats suivants sur la quantit? de plutonium dans la moelle ?pini?re: en moyenne 50% en 1983, 25% en 1993 et 8% en 1998. Cela signifie que pour quelques ouvriers qui ont ?t? expos?s en 1949, il a fallu presque 50 ans pour que le plutonium soit d?pos? dans un organe extra pulmonaire. Ainsi en outre, depuis des ann?es on a d?couvert que quelques lymphocytes ont une tr?s longue esp?rance de vie, plus de 20 ans. Cela signifie qu'on peut encore observer des aberrations induites par la radiation dans des cellules qui ?taient pr?sentes en tant que lymphocytes p?riph?riques au moment de l'exposition (Awa et al, 1978; Buckton et al, 1983). Une recherche sur la litt?rature concernant cette ?tude a montr? que les personnes qui avaient ?t? expos?es au rayonnement plusieurs ann?es auparavant, pr?sentent des dommages g?n?tiques. Ces ?tudes incluent des cas simples, incorporation accidentelle d'eau triti?e et analyse 11 ans apr?s (Lloyd et al, 1998), un accident Estonien en 1994 (Lindholm et Edwards, 2004), et des ?tudes sur des ouvriers du nucl?aire avec 11 ? 22 ans d'emploi (Bauchinger et al, 1997), des ouvriers de Tchernobyl examin?s 8 ans apr?s leur exposition (Lazutka et Dedonyte, 1995; Salissidis et al, 1994, 1995; Snigiryova et al, 1997) et les survivants du bombardement atomique (Hiroshima et Nagasaki) mesur?s 50 ans apr?s exposition (Lucas et al, 1992, 1996; Nakamura et al, 1998). p.10
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| Toute la recherche ci-dessus nous
a encourag?s ? nous embarquer dans cette ?tude, de rechercher si oui ou
non le personnel militaire N?o Z?landais qui a particip? ? l'Op?ration
Grapple a subi des dommages g?n?tiques ? long terme. Cependant, malgr?
la recherche pr?sent?e ci-dessus, nos vues ont ?t? temp?r?es par d'autres
?tudes de ce type de victimes fortement expos?es comme l'accident de Goi?nia
au Br?sil en Septembre 1987 (Straume et al, 1991; Natarajan et al, 1998).
Une diminution avec le temps des dommages est not? quand on observe quelques
param?tres (la fr?quence des dicentriques des lymphocytes diminue avec
le temps) tandis que d'autres param?tres des dommages demeurent ?lev?s
(les translocations, la d?l?tion, l'aneuplo?die et la fr?quence des d?ficients
en guanine dehypoxanthine phospho-ribosyl-transferase (HPRT - mutants).
Les chercheurs ?taient ?galement conscients du fait qu'une recherche telle que celle conduite ici risque d'?tre fortement controvers?. Ainsi il ?tait tr?s important qu'une attention consid?rable soit consacr?e ? la m?thode de l'?tude de se centrer sur une bonne variable, c'est ? dire la participation ? "l'op?ration Grapple". Pour cette raison, des chercheurs en psychologie ayant l'exp?rience des ?tudes humaines ?taient des pivots dans cette recherche. Leur expertise ?tait de r?aliser un proc?d? de s?lection pour les v?t?rans et le groupe t?moin. La m?thode par laquelle ces deux groupes ont ?t? choisis est d?taill?e dans le chapitre "Mat?riaux et M?thodes". Des crit?res stricts ont ?t? appliqu?s pour le choix des participants ? l'?tude, ainsi que pour la collecte d'informations personnelles ?tendue recouvrant l'histoire de leur vie, leur histoire professionnelle et les ant?c?dents m?dicaux, ceci dans le but d'identifier le maximum de facteurs ayant un impact sur les r?sultats. L'?chantillon portant sur l'?le Nord de Nouvelle-Z?lande a ?t? d?fini en respectant une distribution g?ographique des v?t?rans et des contr?les qui ne puissent pas influencer les r?sultats au cas ou ce param?tre aurait ?t? d?terminant. MATERIELS ET METHODES
(suite)
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Les personnels volants de l'arm?e de l'air, except? les ?quipages non volants, furent aussi exclus pour risque d'exposition aux radiations cosmiques. Les v?t?rans du Vi?t-Nam furent aussi exclus du groupe exp?rimental pour risque de contamination aux d?foliants. Idem pour les travailleurs de l'industrie du bois, expos?s au solvant ainsi que ceux qui ont subi des chimioth?rapies ou radioth?rapies. Aux participants choisis fut envoy?e une lettre d'information (E=Exp?rimental, C=Contr?le), un formulaire d'acceptation et un questionnaire d?taill? (Appendice II) qui rassemblaient les informations relatives aux ?v?nements de leur vie et ? leur sant? g?n?rale. Il ?tait n?cessaire aux chercheurs de prendre en compte tous les facteurs pouvant causer des dommages aux chromosomes, s'il apparaissait une participation autre qu'? l'Op?ration Grapple. Ceci pour ?tre s?r que les enqu?teurs puissent prendre en compte tout autre facteur susceptible de cr?er des l?sions chromosomiques au cas ou ces facteurs auraient pu ?tre li?s ? la participation ? l'op?ration Grapple. Chaque participant devait donner son accord par ?crit, remplir le questionnaire d?taill? et le retourner aux chercheurs de l'Universit? de Massey. A r?ception du questionnaire d?taill?, une entrevue fut conduite par un psychologue habile ? stimuler la rem?moration des souvenirs. Ceci afin de clarifier si n?cessaire tous les d?tails incomplets dans leurs r?ponses et de v?rifier si des substances avaient pu affecter leur sang avant d'en pr?lever des ?chantillons. Il ?tait important d'obtenir les r?ponses les plus pr?cises pour valider nos r?sultats. Parall?lement ? l'entrevue un ?chantillon sanguin fut pr?lev?, ou un rendez-vous pris pour un pr?l?vement ult?rieur ? une date plus appropri?e. L'int?gralit? de l'?tude fut conduite en suivant l'?thique stricte sp?cifi?e par W.M.A.D Helsinki... Chaque ?chantillon sanguin fut pr?lev? par un m?decin ind?pendant, puis cod? avec un num?ro pour que les chercheurs puissent ensuite mettre un nom au code. Ce code sans nom fut ?crit sur chaque ?chantillon et remis aux ?tudiants en m?decine de l'Universit? Massey de Palmerston Nord. Les assistants recod?rent chaque pr?l?vement avec un nouveau num?ro et enregistr?rent les codes pour les r?v?ler lors de la conclusion de l'?tude. Ceci garantissait que les membres de l'?quipe de recherche ne puissent identifier un ?chantillon lors de contr?le. Les ?chantillons de sang furent utilis?s pour une analyse clinique g?n?tique. L'?tude fut conduite en aveugle. Les codes furent d?voil?s apr?s que toutes les analyses g?n?tiques eurent ?t? achev?es. Le sang collect? ne fut utilis? que pour une analyse g?n?tique. Toutes les informations g?n?tiques obtenues rest?rent strictement confidentielles. Inclusions/exclusions
p.11
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| Contr?les
Les personnes test?es ?taient si possibles d'un groupe d'?ge comparable. Les participants s?lectionn?s par crit?re ?taient en service dans l'arm?e de terre n?o-z?landaise, dans l'arm?e de l'air pour les ?quipages non volants, les forces de police et ceux ayant effectu? leur service militaire. Le but principal ?tait de contr?ler les effets sur la sant? des militaires. Cela implique qu'?tant donn? la force physique et morale requises lors de leur s?lection et ensuite leur mission dans l'arm?e et la police, ceux qui les auront accomplies seront g?n?ralement en meilleure forme que des civils. Ce choix implique des militaires ayant g?n?ralement une condition physique et mentale sup?rieure aux civils. Tous les crit?res d'exclusion pour le groupe exp?rimental furent sont aussi appliqu?s aux personnes test?es. Les crit?res compl?mentaires d'exclusion ?taient: 1) Service dans la marine nationale. (Possibilit? de contamination du navire) 2) Impossibilit? de trouver des t?moins de m?me ?ge dans des zones g?ographiques particuli?res. 3) Niveau d'?ducation trop ?lev? (un chirurgien a ?t? exclu) 4) Immigration r?cente en NZ (faussant les contr?les ? cause des doses de radiations variables re?ues avant leur arriv?e) 5) Service sans entra?nement militaire Obligatoire. * Ce qui inclut asbestose, bois tanis?s, traitement des bois, huile, fum?es de p?trole, radiations de micro-onde, transport routier, poussi?res et produits chimiques, et travail en radiographie) |
?chantillon de la s?lection
Afin de contr?ler toute variation dans l'exposition aux radiations on employa une proc?dure de test par strate. Les membres potentiels du groupe exp?rimental furent choisis d'apr?s leur appartenance ? l'une des 5 r?gions de l'?le du Nord. Le tableau 2 montre comment 88 volontaires remplissant les crit?res d'acceptation pour le groupe exp?rimental furent r?partis par r?gion. Les 50 membres du groupe exp?rimental furent choisis au hasard parmi le groupe potentiel de volontaires, avec cette restriction que la proportion de membres s?lectionn?s dans chaque aire g?ographique refl?te la distribution originale des 88 participants potentiels. Pour diff?rentes raisons, 6 participants se retir?rent de l'?tude. Ceux-l? furent remplac?s par 6 autres trouv?s parmi les volontaires acceptables. Dans l'ensemble, 135 sujets t?moins se port?rent volontaires, mais 83 d'entre eux ne furent pas retenus, laissant un groupe de 52 personnes ? partir duquel faire la s?lection. Comme le tableau 2 le montre, il ne fut pas possible d'obtenir le nombre id?al de personnes-?chantillons dans les r?gions d'Auckland et Northland dans le temps imparti. Ce manque fut combl? par des recrues suppl?mentaires du centre de l'?le Nord (qui ?taient plus facilement joignables par l'?quipe de recherche). p.12
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| Que s'est-il pass? ?
Reggane
le 13 f?vrier 1960 (Les
irradi?s de la R?publique, Les
oubli?s de l'atome, Bilan
des essais nucl?aires fran?ais en Alg?rie,
indemnisation
des victimes des essais nucl?aires)? Il suffit de consulter
un bon manuel d'histoire pour le savoir: ce jour-l?, un grand champignon
atomique s'est ?lev? dans le ciel du Sahara. C'?tait la premi?re bombe
atomique fran?aise. Mais ce que les manuels d'histoire ne nous disent pas,
c'est ce qu'il s'est pass? en dessous du nuage atomique form? par l'explosion.
Car contrairement ? ce que l'on pourrait penser, ce n'?tait pas tout ? fait le d?sert. Il y avait m?me beaucoup de monde sur les sites d'exp?rimentation: des soldats – souvent de simples appel?s du contingent –, des civils du Commissariat ? l'?nergie atomique et de ses entreprises sous-traitantes, et m?me de la main d'oeuvre recrut?e sur place, ceux que le jargon militaire avait baptis?s en Alg?rie les PLO (prononcez: ?p?los?), autrement dit les ?Populations Locales des Oasis?. Lors de chaque explosion, c'est ainsi plusieurs milliers de personnes qui ?taient pr?sentes sur les lieux. Et d'apr?s les chiffres fournis par le CEA et le minist?re de la D?fense, pas moins de 150.000 personnes au total auraient particip? aux exp?rimentations nucl?aires men?es par la France au Sahara puis en Polyn?sie de 1960 ? 1996. Ces personnes ?taient-elles suffisamment prot?g?es? Ont-elles subi des retomb?es radioactives? Les diverses pathologies dont souffrent aujourd'hui certaines d'entre elles ont-elles un lien avec leur participation aux exp?riences atomiques? L'acc?s ? des archives encore couvertes par le ?secret d?fense?, notamment celles des services qui ?taient en charge de la radioprotection et de la mesure des retomb?es radioactives, permettrait sans doute d'apporter des ?l?ments de r?ponse ? ces questions. C'est du moins ce que consid?rent les associations de ?v?t?rans? des essais nucl?aires qui se sont cr??es depuis le d?but des ann?es 2000. En 2006, lors d'une s?ance publique au S?nat, Mich?le Alliot-Marie, alors ministre de la D?fense, avait indiqu? qu'?en mati?re de d?fense, notamment dans le domaine des essais nucl?aires, la France n'a rien ? craindre de la transparence. Nous sommes suffisamment forts et fiers de nos actions pour pouvoir dire ce qui a ?t? fait et, le cas ?ch?ant, pour en tirer les cons?quences lorsque certaines personnes peuvent souffrir des cons?quences d'une activit??. Elle avait m?me ajout? qu'il lui paraissait ?indispensable de d?passionner le d?bat sur le sujet, contrairement ? ce que certains essaient de faire en suscitant des peurs ou des rancoeurs qui n'ont pas lieu d'?tre?. Mais pas question pour autant de lever le ?secret-d?fense?... La raison invoqu?e par le minist?re des Arm?es est que les archives en question ne contiennent pas seulement des donn?es environnementales sur les retomb?es radioactives, mais ?galement des indications sur le fonctionnement et la puissance des armes nucl?aires utilis?es, autrement dit des donn?es jug?es tr?s sensibles en raison du risque de prolif?ration nucl?aire. N?anmoins, la ministre n'excluait pas que ?des scientifiques d?ment habilit?s et travaillant dans un cadre tr?s pr?cis puissent avoir acc?s ? ces dossiers?. (suite)
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suite:
Or cette promesse est rest?e lettre morte, en d?pit de la demande formul?e par des chercheurs de l'INSERM. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les choses ne risquent pas de s'arranger avec le projet de loi sur les archives actuellement en cours de discussion au Parlement (voir l'article de Sylvain Bourmeau dans Mediapart). L'article 3 de ce projet pr?cise en effet que ?ne peuvent ?tre consult?es les archives publiques dont la communication est susceptible d'entra?ner la diffusion d'informations permettant de concevoir, fabriquer, utiliser ou localiser des armes nucl?aires, biologiques, chimiques ou toutes autres armes ayant des effets directs ou indirects de destruction d'un niveau analogue.? En d'autres termes, les archives des essais nucl?aires sont d?sormais ?incommunicables?, sans limites de temps. Alors, adieu Reggane? Pas si s?r. En effet, ce qui ? premi?re vue peut appara?tre comme un nouveau coup dur pour les associations de v?t?rans des essais nucl?aires pourrait au contraire contribuer ? renforcer leur cause. D'abord parce que l'invocation d'un risque de prolif?ration nucl?aire ? propos d'archives datant de plus de 40 ans et portant sur des retomb?es radioactives laisse tout de m?me un peu songeur, surtout lorsque l'on sait que les ?tats-Unis, que l'on peut difficilement soup?onner de laxisme ? l'?gard de la prolif?ration, ont pour leur part autoris? en 1994 l'acc?s ? 93% des archives concernant leurs essais nucl?aires. Ce genre de comparaison pourrait bien transformer ce qui est pr?sent? par la France comme un ?secret strat?gique? l?gitime au regard des imp?ratifs de la s?curit? nationale en un ?secret inavouable? uniquement destin? ? couvrir l'image que l'institution veut donner d'elle-m?me – pour reprendre ici la distinction propos?e par le sociologue Erving Goffman dans La mise en sc?ne de la vie quotidienne (t. 1, p. 137-138). Ensuite parce que, comme nous l'a appris un autre sociologue, Georg Simmel, ?le secret met une barri?re entre les hommes, mais il ?veille en m?me temps la tentation de la briser par le bavardage ou l'aveu? (Secret et soci?t?s secr?tes, p. 45). Ou par l'enqu?te, pourrait-on ajouter. Si l'on en juge par le nombre de documentaires qui fleurissent sur l'h?ritage de la bombe, force est d'ailleurs de constater que le verrouillage des archives a plut?t encourag? plus qu'il n'a dissuad? le travail d'investigation et les r?v?lations auquel il peut aboutir. Mais le plus important est peut-?tre ailleurs : le verrouillage des archives prive les historiens et les ?pid?miologistes du point d'appui qui leur permettrait de valider ou de r?futer, ou tout simplement de nuancer les t?moignages apport?s par les v?t?rans des essais nucl?aires. Sans acc?s aux archives, au nom de quoi pourrait-on les mettre en doute? Bref, ?l'incommunicabilit?? des archives sur les essais nucl?aires pourrait avoir pour effet de donner encore plus de poids aux t?moignages des v?t?rans. Et par cons?quent de les encourager. Alors, bonjour Reggane! p.13
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| Votre courrier du 25 f?vrier dernier
am?ne plusieurs remarques de ma part:
1- Je vous rappelle que, dans son rapport de mai 2007 au ministre de la d?fense et au ministre charg? de la sant? et au vu des expositions aux rayonnements ionisants auxquelles ont ?t? soumis les personnels ayant particip? aux essais, le CSSEN note qu'aucune ?volution de l'?tat des connaissances scientifiques et m?dicales concernant l'apparition de maladies radioinduites ne justifie aujourd'hui une extension des r?gimes de r?parations pour ces personnels. De plus, le CSSEN ne propose pas la modification du Code des pensions Militaires. En revanche, dans l'hypoth?se o? serait ?tabli un projet de loi retenant le principe d'une extension de l'imputabilit? par pr?somption d'origine du r?gime des pensions militaires d'invalidit?, le CSSEN recommande que celui-ci ?n'aille pas au-del? des conditions de reconnaissance pr?vues par le r?gime g?n?ral de la s?curit? sociale et ses syst?mes compl?mentaires?. 2- Le suivi m?dical des ?v?t?rans? polyn?siens r?pond, outre l'inqui?tude suscit?e chez eux sur leur ?tat de sant?, ? une prise en compte de la diff?rence de statut sanitaire entre la Polyn?sie et la m?tropole. Ce suivi concerne les anciens travailleurs civils et militaires des sites du Centre d'Exp?rimentations du Pacifique, les personnes justifiant avoir r?sid? habituellement dans les communes de Turcia, Reao, Pukarua et Gambier entre 1966 et 1974, ainsi que les personnes ayant leur r?sidence principale actuelle dans ces communes. 3-Il me semble utile de vous apporter plusieurs pr?cisions sur le suivi m?dical que vous souhaitez voir organiser pour les ?v?t?rans? m?tropolitains et leur famille. Le bilan m?dical et le suivi sanitaire propos? aux huit ?v?t?rans? les plus particuli?rement impliqu?s dans l'exposition aux rayonnements ionisants provoqu?e par l'accident ?BERYL?, se justifient du fait d'une exposition importante et parfaitement ?tablie. Un suivi m?dical des ?v?t?rans? m?tropolitains est possible, soit par le biais du suivi post professionnel ?tabli par le code du travail, soit par l'acc?s des anciens militaires aux consultations dans les services m?dicaux de garnison. Un rappel a d'ailleurs ?t? r?cemment fait en ce sens par la direction centrale de service de sant? des arm?es. Vous sugg?rez que ce bilan comprenne une ?chographie thyro?dienne et une ?chocardiographie. Les connaissances aujourd'hui admises par la communaut? scientifique internationale, rappel?es entre autres dans le rapport UNSCEAR 2006 que vous citez, ne l?gitiment pas de tels examens. Enfin, j'insiste une nouvelle fois aupr?s de vous sur l'incapacit? de mettre en place une dosim?trie biologique, d'?valuer une dose 45 ans apr?s l'exposition suppos?e et de s?lectionner un ?stress? d'origine radiologique li? aux essais nucl?aires, parmi tous les autres, y compris radiologiques, susceptibles de conduire ? des anomalies chromosomiques. 4-L'?tude de sant? lanc?e par l'OSV concerne les personnels militaires porteurs de dosim?tres en Polyn?sie. En effet, les porteurs de dosim?tres en Polyn?sie sont enregistr?s, dans la base de donn?es ?dosim?trique?, avec tous les param?tres d'identification permettant d'acc?der aux registres sanitaires (mortalit? et causes de mortalit?). Une telle ?tude est donc plus rapidement accessible qu'une ?tude prenant en compte la totalit? des ?v?t?rans? des essais. Elle sera bien ?videmment publi?e dans son int?gralit?, sans adaptation d'aucune sorte. Comme vous le savez, l'?tablissement d'une liste plus importante, qui ne pourra cependant pas pr?tendre ? l'exhaustivit? que vous souhaitez, est en cours d'?laboration. L'int?r?t et la possibilit? de r?aliser alors une ?tude plus large que celle de l'OVS seront ?valu?s. 5-S'agissant d'une mission d'information parlementaire sur les essais nucl?aires, je vous rappelle que la commission ?Affaires Etrang?res, D?fense et Forces Arm?es? du S?nat a rejet? la mise en place d'une telle mission dans ses conclusions du 20 d?cembre 2006 relatives ? une proposition de r?solution de Madame Dominique Voynet. En restant ? votre disposition pour apporter les compl?ments d'information que vous souhaiteriez... (suite)
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5 mai 2008 Madame, Mademoiselle, Monsieur,
- Bruno Barrillot, Expert - questions nucl?aires (Polyn?sie F. )
PARTICIPATION AU COMITE DE SOUTIEN
NOM :
PRENOM
QUALITE
Date et
SIGNATURE
p.14
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| Damien Girard
Pr?sident de l'ADEPR A Monsieur le Pr?sident de la Communaut? de Communes des Rives de la Suippe 51490 BETHENIVILLE Un article du bulletin d'information de la
Communaut? de Communes des Rives de la Suippe a retenu toute mon attention.
Comme vous le savez, l'association que je pr?side s'inqui?te fortement
des retomb?es radiologiques et chimiques dues ? l'activit? du centre d'exp?rimentation
nucl?aire de Pontfaverger-Moronvilliers g?r? par le Commissariat ? l'Energie
Atomique. Je suis surpris que vous preniez la responsabilit? de l'?dition
de ce texte sans aucune r?serve car comme vous l'avez signal? lors de la
r?union du 7 d?cembre 2007, propos repris par FR 3 au journal du
12/13 le 8/12/08, vous n'avez jamais ?t? inform?, m?me en tant qu'?lu,
sur les rejets dans l'air et/ou dans le sol dus au demi-si?cle d'exploitation
de ce site.
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- la Driire qui d?pend du Minist?re de l'Industrie a ?t? dessaisie du dossier fin 2006. La pollution induite du site semble logique et ind?niable quand on sait que tous les d?chets produits pendant les trente premi?res ann?es ont ?t? enfouis ? m?me la terre sans aucune pr?caution, au lieu dit la Fosse des Mar?chaux, point culminant sur un rayon d'une dizaine de kilom?tres et qu'il est le d?part de plusieurs rivi?res souterraines tel que la Noue des Vins qui alimente Pontfaverger en eau potable. - certains des 200 tirs souterrains ont ?t? r?alis?s ? tr?s grande profondeur, certains ont d? fuser, des mati?res radioactives doivent encore baigner dans l'eau au fond de ces forages. - le CEA a organis? des r?unions avec l'Association Fonci?re de Beine pour demander ? ?tre raccord? sur le r?seau d'eau potable de Berru via Beine! - le taux de radioactivit? de l'eau de certains puits sur le site (source Minist?re de la D?fense) est 50 fois plus important que la normale, si ce taux continue ? augmenter (pour quelle raison se stabiliserait-il ou d?cro?trait-il?) et est multipli? seulement par 1,5 alors adieu l'eau potable! Quelles seraient alors les cons?quences sur la population, l'agriculture, la viticulture? L'autorit? de S?ret? Nucl?aire qui contr?le tous les sites nucl?aires de France et qui communique ses rapports d'expertise sur Internet, n'a pas comp?tence pour le centre d'exp?rimentation nucl?aire de Pontfaverger-Moronvilliers. Le CEA poss?de son propre organisme de contr?le, c'est-?-dire qu'il s'autocontr?le, on peut donc, ? juste titre je crois, ?tre tr?s r?serv? sur la r?alit? des r?sultats qu'il communique, d'ailleurs, avec parcimonie. D'apr?s mes recherches, seul ce centre en France n'a pas de Commission Locale d'Information. Ses retomb?es ?conomiques sont nulles (il ne paye aucune taxe et ne travaille directement avec aucune entreprise de la Communaut? de Communes), il n'apporte aucun soutien aux associations locales et ne participe aucunement au rayonnement des communes riveraines, c'est le moins que l'on puisse dire! Quelle diff?rence par rapport aux millions d'euros que re?oit la r?gion de Bure!! De plus ce p?le hautement technologique unique en Europe pr?sente la particularit? et le d?faut de porter le nom d'un village d?truit il y a bient?t 100 ans ce qui entrave une r?elle influence sur la renomm?e de la vall?e et de la r?gion malgr? son haut degr? de technicit?. Par l'interm?diaire de votre bulletin d'information, vous avez pris position sur des faits qui inqui?tent une grande partie de la population locale, cela demande, je pense, des ?claircissements de votre part car les ?l?ments que je viens de vous (re)pr?ciser ne sont pas de m?me nature que ceux v?hicul?s par le CEA que vous avez pris apparemment en compte pour vous d?terminer. Les membres de mon association, par ma voix et afin d'obtenir des donn?es objectives correspondant ? la r?alit? de la pollution du site de Moronvilliers, vous demandent ?galement d'intervenir efficacement aupr?s de la Pr?fecture et du CEA pour qu'une ?tude compl?te de la situation environnementale du site (air, terre, eau) soit financ?e et r?alis?e en toute ind?pendance par la CRIIRAD (Commission Ind?pendante d'Information sur la radioactivit?) qui me semble la mieux plac?e pour op?rer. Je suis convaincu et j'esp?re que vous le serez aussi que, seul, un tel bilan peut donner une image fiable et intellectuellement honn?te de la r?alit?. En esp?rant une r?ponse favorable de votre part, je vous prie d'agr?er Monsieur le Pr?sident, mes salutations distingu?es. PS: Les derni?res explosions entendues de mon domicile: jeudi 7 f?vrier 2008 ? midi, lundi 11 f?vrier 2008 (plusieurs en quelques minutes). COMMENTAIRE GAZETTE Nous voil? repartis des ann?es en arri?re: 25 ans environ. ? l'?poque nous avons re?u au Coll?ge de France (Laboratoire de Physique Corpusculaire) un morceau d'uranium (c'?tait de l'uranium appauvri soit du U238) ayant ?t? trouv? ? l'ext?rieur du site apr?s un essai quelque peu rat?. Il nous avait ?t? confi? par le minist?re de l'Environnement (ministre Huguette Bouchardeau et au cabinet Philippe Roqueplo). Je suis incapable de savoir si le CEA a pris des mesures pour ?viter que cela se reproduise. Et d'apr?s la lettre, j'ai de plus une impression de malaise car ce bout d'uranium, ?vacu? comme d?chet par le laboratoire, semble avoir caus? des ennuis aux personnes qui l'avaient ramass?. ? l'?poque on avait parl? aussi dans Sciences et Vie (J. Denis-Lempereur), mais tout a ?t? enseveli sous le ?Secret-D?fense? comme d'habitude!! Par contre ce que je sais, c'est que des exp?riences de l?chers de tritium ont eu lieu sur d'autres sites. Par exemple ? Bruy?res-le-Ch?tel (site B3 pr?paration aux essais ? Moruroa) en novembre 86 puis en avril 87, le CEA a envoy? ? chaque fois 1g de tritium (7.000 curies soit 259 TBq ou 259 mille milliards de becquerels). C'?tait pour tester le d?p?t sur les aliments (salades par exemple): les habitants ont franchement mal v?cu la situation. L'affaire est remont?e jusqu'au Parlement Europ?en, parce qu'il y avait eu des visiteurs Allemands et Belges qui avaient racont? l'essai et cela avait d?plu (on a publi? cette chronique dans la Gazette N?78/79: bien s?r, il n'y eut aucun suivi des populations; et d'ailleurs le tritium est tout ? fait b?n?fique (!!), dixit les officiels). Les Commissions d'Information plac?es pr?s des Installations Nucl?aires de Base Secr?tes (INBS) entre ouvrent l'histoire de ces sites militaires. p.15
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| La probl?matique de la radioprotection
suscite des articles pour le moins curieux. S'il est exact que subsistent
des incertitudes et que des ?tudes restent n?cessaires pour mieux cerner
les effets des rayonnements, il n'en reste pas moins que des ?tudes sont
en cours, que les cohortes de v?t?rans anglais sont analys?es. En particulier
l'ingestion chronique de faibles doses de produits radioactifs induit des
ph?nom?nes diff?rents du flash radioactif: l'?limination se fait
plus lentement et la toxicit? est diff?rente. Ceci est un r?sultat qui
sort des ?tudes ?ENVIRHOM? de l'IRSN. En particulier l'affirmation ?Un
ph?nom?ne d'hormesis (Effet d'un agent toxique ? fortes doses, mais
ayant un effet favorable protecteur ? faible dose), par stimulation
des m?canismes de d?fense contre l'apparition ?naturelle? de cellules canc?reuses,
est retrouv? dans 40% des ?tudes conduites chez l'animal, son existence
chez l'homme est controvers?e.? ne repose pas sur des bases autres
que celles selon laquelle on peut se prot?ger d'un corps dangereux en s'habituant
en absorbant de faibles doses: c'est la fameuse ?mithridatisation?
d?crite dans l'Antiquit? (le roi Mithridate). Sauf que les ?tudes actuellement
men?es montrent qu'aussi bien en radioactivit? qu'en chimie l'ingestion
de faibles doses induit des ph?nom?nes o? la dose est moins pr?pond?rante
que le fait d'avaler sans arr?t de petites quantit?s. Il semble que les
d?fenses des ?tres vivants sont plus efficaces lorsque la dose est relativement
forte. Par contre dans le cas o? les doses sont faibles mais r?p?titives
les effets semblent plus importants.
Toutes les questions ? propos des Rayonnements ionisants de A. Aurengo sont pertinentes: sont-ils dangereux quels que soient la dose et le d?bit de dose? Comment ?tablir le rapport b?n?fice-risque des proc?dures m?dicales qui les utilisent? Quel est le risque r?el des rejets des sites nucl?aires? Comment estimer l'impact sanitaire des d?chets radioactifs? A partir de quelle concentration le radon est-il dangereux et n?cessite-t-il des travaux de protection dans les habitations? Quel est l'impact sanitaire de retomb?es de Tchernobyl en m?tropole? Des retomb?es des essais nucl?aires en Polyn?sie? Par contre ses d?monstrations sont biais?es. En particulier il oublie un point tr?s important: la biologie ne fait pas forc?ment bon m?nage avec les math?matiques. Or, il part sur le raisonnement suivant: ?Les m?canismes de d?fense de l'organisme ?tant de nature et d'efficacit? diff?rentes selon la dose, on devrait estimer le risque des faibles doses par une m?thode qui ne postule pas a priori la forme de la relation dose-risque.? et c'est exactement ce que font les personnes qui essaient de les ?tudier. Manifestement il ne lit pas les publications. Il a, aussi, ?t? d?couvert des effets dit de m?moire: les cellules proches ou m?me lointaines de celles touch?es peuvent pr?senter des l?sions persistantes. A. Aurengo minimise aussi bien les effets d'Hiroshima-Nagasaki que ceux de Tchernobyl et dans la foul?e ceux des essais nucl?aires polyn?siens (et sahariens bien s?r). Il affirme: ?On doit s'attendre ? quelques centaines de cancers en exc?s chez les liquidateurs ayant re?u des doses sup?rieures ? 200 mSv. On ne trouve pas d'exc?s significatif de cancer dans les populations d?plac?es ou r?sidant en zones contamin?es.?. Or, ceci est en contradiction avec les d?clarations des gouvernements bielorusses et ukrainiens qui sont confront?s ? beaucoup plus de malades (cancers, mais aussi probl?mes cardiovasculaires, glandulaires, neurologiques) que ce que les occidentaux (dont A. Aurengo) acceptent de parler. Les effets de Tchernobyl, vous affirment les officiels, sont dus au stress!! Et c'est la faute de ceux qui craignaient des suites dues ? l'?parpillement de produits radioactifs si des futures m?res se sont fait avorter. 700.000 affirme le Pr Tubiana: il a d? confondre avec le chiffre des liquidateurs. En ce qui concerne la Polyn?sie il r?fute les travaux du Pr Parmentier et ceux du chercheur INSERM de Vathaire, mais c'est juste sa conviction personnelle. Le sujet m?rite un traitement nettement plus s?rieux. Il en est de m?me des ?v?t?rans? du Sahara: trop facile de tout rejeter sans v?rifier la cohorte et sans analyser les cas de cancers, mais aussi de maladies. Il est sans piti? pour toutes les ?tudes men?es par l'InVS et l'IRSN et il n'admet que les d?clarations p?remptoires alors que justement ces chercheurs font part de leurs doutes. Il se permet une appr?ciation ? propos des probl?mes thyro?diens: ?Bien que les auteurs pr?cisent ?qu'il est aussi possible que l'exc?s r?el de risque de cancer thyro?dien, aux niveaux de dose consid?r?s ici, soit nul?, leurs r?sultats alarmistes n'ont pas apais?, mais ?gar?, les inqui?tudes qui s'expriment dans les affaires judiciaires en cours.?. (suite)
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C'est particuli?rement irrecevable, car une telle attitude est ? l'origine des proc?s, les personnes ayant le sentiment d'?tre tromp?es et ne pardonnant pas l'arrogance et le m?pris exprim?s ? leur ?gard. De plus il affirme que les calculs n'ont pas tenu compte des mesures du SCPRI (le fameux service du Pr Pellerin) prouvant qu'il y avait des aliments non contamin?s ? c?t? de ceux contamin?s: cela signifie quoi? Bien ?videmment les auteurs ont d? construire un r?gime alimentaire moyen, un r?gime alimentaire avec plus de produits contamin?s (type lait) et donner des fourchettes. Il le sait et ce n'est pas la peine de laisser croire que ce ne sont pas les m?thodes applicables pour faire des calculs. Certains veulent tout contaminer et d'autres pr?tendent que rien ne l'est : il faut a minima envisager les 2 hypoth?ses, car toutes les situations vont exister. Et par prudence, il faut admettre les situations extr?mes (0 contamination ?tant un r?ve inexistant et forte contamination d?pendent de l'accident). Par ailleurs ce qui compte c'est la fraction ajout?e, puisque nous sommes soumis ? la radioactivit? naturelle; c'est justement cet ajout qui peut tout faire basculer pour certaines personnes plus sensibles que d'autres. Cet effet commence ? ?tre reconnu (Helsinki 2008): ?La radiosensibilit? individuelle est un enjeu essentiel de la radioth?rapie (efficacit? ou complications d'un traitement: hypo ou hypersensibilit?). Il faut d?finir les diff?rences de sensiblit? au niveau collectif (homme, femme, enfant, b?b?) pour parvenir ? des crit?res d'?valuation de la radiosensibilit? individuelle.? A. Aurengo conna?t parfaitement ce sujet puisqu'il traite des patients, justement malades de la thyro?de. Sa diatribe contre les enqu?tes ?pid?miologiques n'a pas lieu d'?tre, sauf pour faire r?appara?tre le tabac. Il manque en plus l'alcool et le tableau clinique serait complet. Il est vrai qu'il faut essayer de faire du multifactoriel, mais cela repose sur des registres aussi complets que possibles. Or, il n'en existe que poign?e en France, couvrant tout juste 17% de la population. Du coup cela devient difficile de mener des ?tudes compl?tes. Quant aux accusations de diminuer le nombre de mammographies, cela se discute: il faut toujours avoir le courage de relever les suites de telles m?thodes de pr?ventions aussi bien que les suites des divers traitements. Trop facile d'affirmer que tout va bien: la prudence et le suivi sont les seules fa?ons d'appliquer des m?thodes correctes, respectueuses de la sant? des patients et de faire progresser les connaissances. D?nigrer les campagnes ?radon? revient ? s'imaginer que la radioactivit? naturelle n'a aucun effet sur la sant?, ce qui est parfaitement faux. De plus les habitudes ont chang? depuis le 20?me si?cle: l'isolation des maisons, un bien pour les ?conomies d'?nergies et un mal (si on ne pense pas ? la ventilation) pour l'accumulation de radon. En cons?quence les campagnes radon n'ont rien d'un ?luxe?. Sa conclusion est s?rement int?ressante: ?Une telle d?marche (s?parer risques av?r?s et hypoth?tiques) est n?cessaire pour ?laborer une politique de sant? publique efficace, lisible, proportionn?e aux risques et ?valuable. Une labellisation des ?tudes ?pid?miologiques selon leur rigueur m?thodologique et le degr? de preuve qu'elles apportent ? leurs conclusions devient n?cessaire. Toutes les donn?es des enqu?tes devraient ?tre accessibles, comme pour la plupart des publications scientifiques. Ces mesures permettraient de relativiser les r?sultats faussement alarmistes. Elles ?viteraient de gaspiller, pour se pr?munir contre certains risques hypoth?tiques, des ressources qui seraient mieux utilis?es contre les risques av?r?s.?. Mais est-ce si simple? et n'est-ce pas de cette fa?on qu'on a continu? ? utiliser l'amiante? ou bien le benz?ne? ? persister ? soigner des malades avec des appareils d?fectueux? ? nier les probl?mes des v?t?rans et ? refuser les suites de Tchernobyl? Se voiler la face et refuser la r?alit? n'a jamais prot?g? quelqu'un. Il y aura toujours des risques, le reconna?tre est une ?vidence. Ne rien faire pour minimiser ceux que l'on conna?t est proprement inqualifiable. p.16
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Chaque semaine, ou presque, para?t dans une revue scientifique une nouvelle ?tude ?d?montrant? la dangerosit? de tel ou tel proc?d? industriel, agent chimique, biologique ou physique, dispositif ? usage du grand public, lieu de r?sidence ou pratique m?dicale. Pour chaque agent suspect, on compte souvent de nombreuses ?tudes contradictoires; les ?tudes alarmistes sont souvent m?diatis?es mais celles qui rassurent int?ressent peu les m?dias. Fin 2007 par exemple, une ?tude allemande rapporte un doublement des leuc?mies des enfants vivant ? proximit? des centrales nucl?aires, r?sultat en contradiction avec ceux d'une ?tude fran?aise analogue qui montre au contraire un d?ficit significatif de leuc?mies de l'enfant autour de nos centrales. La m?decine environnementale et l'?pid?miologie, qui en est une des bases essentielles, ne se pr?tendent certes pas sciences exactes, mais on pourrait au moins en attendre une certaine coh?rence statistique, indispensable pour ?clairer les citoyens et les pouvoirs publics et fonder dans ce domaine une politique de sant?. On doit donc se demander quelle est l'origine de telles discordances et quelles en sont les cons?quences ?conomiques, sociales et sanitaires. La sacralisation des risques hypoth?tiques
Incertitudes et d?rives de la m?decine
environnementale
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En effet, les personnes expos?es le sont en g?n?ral ? de faibles doses d'un agent dont la dangerosit? n'a ?t? prouv?e que pour des fortes doses rencontr?es par exemple en milieu professionnel ou ? la suite d'accidents. Estimer directement le risque de faibles doses n?cessite une rigueur m?thodologique d'autant plus grande que les effets recherch?s, s'ils existent, sont tr?s faibles. En revanche, faire l'hypoth?se d'une proportionnalit? entre le risque et la dose et extrapoler les risques av?r?s des fortes doses pour estimer ceux des faibles doses conduit ? surestimer le risque des faibles doses si l'organisme leur oppose des m?canismes de d?fense proportionnellement plus efficaces. Les rayonnements ionisants
Pour quantifier la quantit? de rayonnements ionisants re?ue par un organisme, on utilise trois unit?s diff?rentes. La dose absorb?e, correspond ? l'?nergie (en joules) absorb?e par unit? de masse (en kilogrammes); elle s'exprime en gray (Gy). La dose ?quivalente, exprim?e en sievert (Sv) ou millisievert (mSv est ?gale ? la dose absorb?e multipli?e par un ?facteur de pond?ration radiologique? qui tient compte de la nocivit? relative des diff?rents types de rayonnements. La dose efficace, ?galement exprim?e en sievert (ce qui est une source de confusion fr?quente), est ?gale ? la dose ?quivalente multipli?e, pour chaque tissu, par un ?facteur de pond?ration tissulaire? qui exprime sa sensibilit? relative aux rayonnements pour l'induction de cancers. La dose efficace a ?t? introduite pour les besoins de la radioprotection car elle permet d'additionner les doses re?ues par diff?rentes r?gions du corps. Le d?bit de dose (efficace) caract?rise la vitesse ? laquelle la dose est d?livr?e. A Paris, le d?bit de dose efficace r?sultant de l'irradiation naturelle est d'environ 2,5 mSv par an, soit 0,3 ?Sv/h. p.17
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| Malgr? l'?volution de nos connaissances
sur les cancers radioinduits, certains estiment qu'il est possible de r?pondre
? ces questions avec une pr?cision acceptable en utilisant une hypoth?se
de proportionnalit? entre la dose efficace de RI re?ue et le risque de
d?velopper un cancer radioinduit. D'autres auteurs ont tent? d'estimer
directement la r?alit? du risque de faibles doses de RI et de le quantifier.
Les effets nocifs des RI ont ?t? soup?onn?s puis prouv?s peu de temps apr?s
la d?couverte de la radioactivit? et des rayons X. Ils d?pendent fortement
de la dose et du d?bit de dose.
Pour des doses sup?rieures ? 700 mSv, administr?es ? fort d?bit, on observe presque toujours des effets pr?coces dont la gravit? augmente avec la dose, du simple ?ryth?me jusqu'? la mort en cas d'irradiation massive de l'ensemble du corps. ? un niveau plus faible, les doses qui d?passent 100 ? 200 mSv chez l'adulte et 50 ? 100 mSv chez l'enfant augmentent le risque de tumeurs solides et de leuc?mies avec une probabilit? qui cro?t avec la dose. Ces cancers peuvent survenir des dizaines d'ann?es apr?s l'irradiation. La relation lin?aire sans seuil
Apports de la radiobiologie
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Ils permettent la survie cellulaire et pr?servent les fonctions des tissus, mais la r?paration de l'ADN peut ?tre imparfaite, avec des erreurs qui peuvent conduire ? la canc?rogen?se, risque d'autant plus grand que la dose est plus ?lev?e. La canc?rogen?se se heurte alors ? une ligne de d?fense tissulaire: m?me quand une cellule est devenue pr?canc?reuse et autonome, les cellules voisines contr?lent sa prolif?ration. Enfin, le syst?me immunitaire peut ?liminer des clones de cellules canc?reuses, d'o? l'incidence ?lev?e de certains cancers chez les sujets immunod?prim?s. Ces lignes de d?fense peuvent ?tre submerg?es si la dose est trop ?lev?e. Un ph?nom?ne d'hormesis (Effet d'un agent, physique ou chimique, qui provoque un effet ? forte dose et un effet inverse ? faible dose. C'est le cas de nombreux agents, toxiques ? fortes doses, mais qui ont un effet favorable protecteur ? faible dose), par stimulation des m?canismes de d?fense contre l'apparition ?naturelle? de cellules canc?reuses, est retrouv? dans 40% des ?tudes conduites chez l'animal ; son existence chez l'homme est controvers?e. Apports et limites de l'?pid?miologie
p.18
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| 1) Les incertitudes sur les expositions
ne sont pas prises en compte dans l'analyse statistique, ce qui entra?ne
certes une att?nuation du risque calcul?, mais aussi une r?duction artificielle
de son intervalle de confiance, pouvant laisser croire qu'une ?tude est
positive alors qu'elle ne l'est pas en r?alit?.
2) L'exposition ? d'autres canc?rig?nes ?ventuellement associ?s est estim?e de mani?re approximative ou totalement n?glig?e. C'est surtout le cas du tabac, canc?rig?ne beaucoup plus puissant que les RI, et qu'aucune ?tude ne prend correctement en compte (ce qui n?cessite de conna?tre l'?ge de d?but, la dur?e et l'intensit? du tabagisme ainsi que la nature du tabac), m?me quand elle concerne des cancers provoqu?s par le tabac (poumons, ORL, vessie). Quand les donn?es sur le tabagisme ne sont pas disponibles, les techniques permettant de prendre en compte cette incertitude (avec un ?largissement des intervalles de confiance) ne sont jamais mises en oeuvre. Ce probl?me ob?re les r?sultats des ?tudes sur le risque de cancer du poumon d? au radon, conduites sur les mineurs d'uranium ou en milieu r?sidentiel : aucune ne prend correctement en compte les param?tres pertinents du tabagisme (Cf rapport sur les causes du cancer en France http://www.iarc.fr). Un m?me probl?me affecte les conclusions de la r?cente ?tude internationale sur les travailleurs du nucl?aire (Cardis E, Vrijheid M et al. The 15-Country Collaborative Study of Cancer Risk among Radiation Workers in the Nuclear Industry: estimates of radiation-related cancer risks. Radiat Res. 2007 Apr; 167(4):396-416). 3) Certaines enqu?tes r?trospectives cas-t?moins fondent tout ou partie de la reconstitution de l'exposition sur les donn?es d'un interrogatoire, portant par exemple sur les habitudes alimentaires plusieurs ann?es auparavant. Il en r?sulte un grand risque de biais, impossible ? corriger, les cas (les malades), plus motiv?s, ayant davantage tendance ? se rappeler les expositions que les t?moins. Un tel probl?me, entre autres, a conduit un groupe de travail des acad?mies des sciences et de m?decine ? conclure que la responsabilit? des essais nucl?aires fran?ais en Polyn?sie ne pouvait pas ?tre consid?r?e comme ?tablie, malgr? les conclusions d'une ?tude ?pid?miologique (http://www.academie-medecine.fr). C'est pour ?viter cette difficult? bien connue que les essais des m?dicaments se font en double aveugle. 4) Les enqu?tes ?pid?miologiques comportent souvent de tr?s nombreux tests statistiques sur le risque d'induction de tel ou tel cancer. Cela conduit ? une certaine proportion de r?sultats positifs, simplement par hasard. Quand un tel r?sultat est inattendu, compte tenu des connaissances ant?rieures et de sa plausibilit? biologique, il devrait ?tre valid? par une nouvelle enqu?te fond?e sur d'autres cas. Cette confusion entre un r?sultat soulevant une hypoth?se et un r?sultat ?tabli est particuli?rement fr?quente quand le plan d'analyse statistique est modifi? en fonction des donn?es collect?es. Les cons?quences
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Nous citerons quelques exemples. 1) Chacun a ?t? frapp? par l'?ventail consid?rable des estimations du nombre de morts secondaires ? l'accident de Tchernobyl, qui vont de quelques centaines ? quelques dizaines de milliers. Les estimations les plus pessimistes reposent sur l'application abusive d'une RLSS ? des doses tr?s faibles (quelques mSv) touchant des populations consid?rables, par exemple l'ensemble de l'Europe et de l'ex-URSS. Des experts internationaux, r?unis sous l'?gide de l'ONU (WHO: Health Effects of the Chernobyl Accident Report of the UN Chernobyl Forum Expert Group "Health" (EGH) 2005) ont conclu ? un bilan de 4.000 morts survenues ou futures, en appliquant une RLSS, ? l'encontre des recommandations de la CIPR et en se fondant sur une esp?rance de vie des populations concern?es sup?rieure ? celle observ?e en r?alit?. En fait, m?me dans les zones les plus expos?es d'Ukraine et de B?larus, les seuls exc?s de cancers mis en ?vidence sont 4.000 cas de cancer de la thyro?de d'enfants dont 98% avaient moins de 10 ans ou ?taient in utero lors de l'accident. Une dizaine en sont d?c?d?s. On doit s'attendre ? quelques centaines de cancers en exc?s chez les liquidateurs ayant re?u des doses sup?rieures ? 200 mSv. On ne trouve pas d'exc?s significatif de cancer dans les populations d?plac?es ou r?sidant en zones contamin?es. 2) En France, les retomb?es de Tchernobyl sont souvent consid?r?es comme principales responsables de l'augmentation de l'incidence du cancer de la thyro?de. En 2002, un travail de l'IPSN et de l'INVS avait estim? que le nombre de cancers thyro?diens en France secondaires ? Tchernobyl pouvait atteindre 55 cancers sur la p?riode 1991-2015, contre 900 ? 60 cancers spontan?s, rendant illusoire une enqu?te ?pid?miologique. Cette estimation souffre de deux erreurs m?thodologiques. L'exposition a ?t? estim?e ? partir des mesures de contamination effectu?es en 1986 par le SCPRI sur les denr?es alimentaires, mais les donn?es pour lesquelles aucune contamination n'?tait trouv?e n'ont pas ?t? prises en compte. D'autre part, une RLSS a ?t? utilis?e pour calculer le risque de doses ? la thyro?de ne d?passant pas 16 mGy, alors que l'augmentation de l'incidence du cancer thyro?dien n'est pas significative pour moins de 100 mGy. Bien que les auteurs pr?cisent ?qu'il est aussi possible que l'exc?s r?el de risque de cancer thyro?dien, aux niveaux de dose consid?r?s ici, soit nul?, leurs r?sultats alarmistes n'ont pas apais?, mais ?gar?, les inqui?tudes qui s'expriment dans les affaires judiciaires en cours. On observe bien, depuis 1975 (donc plus de dix ans avant Tchernobyl), une augmentation du nombre de cancers thyro?diens de l'adulte, dans les pays d?velopp?s touch?s ou non par les retomb?es de la catastrophe. La quasi-totalit? des sp?cialistes s'accorde pour y voir la cons?quence d'un meilleur d?pistage ?chographique et cytologique de petits cancers ?occultes?, naturellement fr?quents chez l'adulte, ce que confirme la surveillance ?pid?miologique de l'INVS (http://www.invs.sante.fr). 3) Des articles r?cents (Berrington de Gonzalez A, Darby S. Risk of cancer from diagnostic X-rays: estimates for the UK and 14 other countries. Lancet 2004; 363: 345-51. Brenner DJ, Hall EJ. Computed Tomography — An Increasing Source of Radiation Exposure. N Engl J Med 2007;357:2277-84), fond?s sur l'utilisation d'une RLSS, font ?tat de centaines de morts provoqu?es par les examens radiologiques classiques ou scanographiques. Il s'agit heureusement de morts virtuelles r?sultant de calculs sans justification scientifique, mais qui conduisent par exemple certains ? conseiller une limitation des mammographies de d?pistage du cancer du sein par crainte d'un cancer radioinduit. De tels conseils sont tr?s dommageables pour la sant? publique, le b?n?fice de la mammographie ?tant largement sup?rieur ? son risque (si tant est que ce dernier existe), m?me pour des femmes pr?sentant un risque g?n?tique ?lev? de cancer du sein, spontan? ou radioinduit. p.19
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| 4) Une r?cente estimation (Catelinois O, Rogel A. Laurier D. et coll. 2006. Lung cancer attributable to indoor radon exposure in France: impact of the risk models and uncertainty analysis. Environ Health Perspect 114(9); 1361-66.) attribue au radon pr?sent dans les habitations fran?aises un nombre de morts annuel par cancer du poumon compris entre 540 et 3.100, la plupart chez des fumeurs. Cette estimation est encore plus approximative que ce que laisse supposer la large fourchette de son incertitude, pour plusieurs raisons. L'habitat individuel est surrepr?sent? dans les mesures de concentration en radon. Une RLSS est utilis?e m?me dans des gammes de concentration o? les ?tudes ne montrent aucun effet significatif du radon. Les facteurs de risque retenus r?sultent d'?tudes pour lesquelles le risque du tabagisme actif n'a pas ?t? correctement quantifi? et celui du tabagisme passif a ?t? n?glig?. Il s'agit pourtant de canc?rig?nes pulmonaires majeurs, qui ne sont pas ind?pendants de la dose d'irradiation pulmonaire par le radon. Il ne s'agit pas d'un d?bat th?orique, une surestimation pouvant conduire ? des d?penses consid?rables en contr?les, mesures, travaux et perte de valeur pour des centaines de milliers d'habitations qui ne le justifient pas, alors que les efforts devraient se concentrer en priorit? sur les lieux o? la concentration en radon d?passe 400 Bq/m3 et surtout contre le tabagisme. ?radiquer le tabagisme ?viterait 94% des cancers mortels du poumon soit environ 23.000 d?c?s et une campagne qui persuaderait 0,5% des fumeurs d'arr?ter ou dissuaderait 0,5% des adolescents de commencer, aurait autant d'impact sur la sant? publique qu'une lutte victorieuse contre le radon. | ?volutions
Il est encourageant de constater que les positions ?voluent vers une plus grande rigueur. Dans ses derni?res publications, la CIPR, principale source des r?glementations internationales, cite largement le rapport des acad?mies fran?aises sur les risques des faibles doses et rappelle que, contrairement aux exemples ci-dessus, la dose collective (i.e. la dose efficace totale d?livr?e ? une population) ne peut pas ?tre utilis?e pour calculer le nombre de morts par cancer quand un grand nombre de personnes est soumis ? de faibles doses. La CIPR reste paradoxalement fid?le au dogme de la RLSS comme meilleure estimation du risque individuel quelle que soit la dose, alors que l'utilisation de RLSS et de la dose collective (qu'elle consid?re comme abusive) sont math?matiquement ?quivalentes... En septembre 2007, le Centre International de Recherche sur le Cancer (OMS), les Acad?mies de Sciences et de M?decine et la F?d?ration Nationale des Centres de lutte contre le Cancer ont publi? un rapport sur les causes du cancer en France lequel, pour la premi?re fois, fait une nette distinction entre les agents dont la responsabilit? est ?tablie (qui appellent des d?marches de pr?vention) et ceux qui doivent ?tre consid?r?s comme hypoth?tiques et rel?vent de recherches, voire de mesures de pr?caution r?visables avec l'avanc?e de nos connaissances. Une telle d?marche est n?cessaire pour ?laborer une politique de sant? publique efficace, lisible, proportionn?e aux risques et ?valuable. Une labellisation des ?tudes ?pid?miologiques selon leur rigueur m?thodologique et le degr? de preuve qu'elles apportent ? leurs conclusions devient n?cessaire. Toutes les donn?es des enqu?tes devraient ?tre accessibles, comme pour la plupart des publications scientifiques. Ces mesures permettraient de relativiser les r?sultats faussement alarmistes. Elles ?viteraient de gaspiller, pour se pr?munir contre certains risques hypoth?tiques, des ressources qui seraient mieux utilis?es contre les risques av?r?s. p.20
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