G@zette N?245/246
Et on continue: AVEN – SUIVI des PATIENTS – SUIVI de FLAMANVILLE

Dossier ?Nouvelle Z?lande?
TRANSMIS et TRADUIT par l'AVEN


     INTRODUCTION
     Entre 1957/58 le gouvernement Britannique a effectu? une s?rie d'essais nucl?aires sur les ?les Christmas  et Malden dans l'oc?an Pacifique. Cette s?rie de d'explosions est connue sous le nom d'"Op?ration Grapple". Avant ces ?les faisaient partie de "Line Islands", mais sont maintenant connues sous le nom de Kiribati. Lors de ?l'Op?ration Grapple? il y a eu 9 essais nucl?aires, de Mai 1957 ? Septembre 1958: une s?rie de 3 tirs atomiques (fission) atmosph?riques ont eu lieu en mer pr?s de l'?le Malden, 4 tirs atomiques (fission) ont eu lieu en mer ? proximit? de l'?le Christmas et 2 tirs thermonucl?aires (fusion) plus faibles, ? terre sur l'?le de Christmas.
     Plusieurs navires des forces navales britanniques et N?o-z?landaises ont particip? ? l'op?ration Grapple. Deux fr?gates N?o-z?landaises ?taient sur zone lors des tirs: le HMNZS Pukaki et le HMNZS Rotoiti. Pendant ces essais 551 marins N?o Z?landais ont servi sur ces navires. Leurs fonctions ?taient d'?tre  t?moin de ces essais nucl?aires et de collecter des notes sur la m?t?o.
     Pendant l'Op?ration Grapple les navires N?o- Z?landais ?taient stationn?s ? des distances variables, entre 20 ? 150 milles marins du point z?ro ? contre vent du point z?ro des zones de tir. (Crawford, 1989). Le Pukaki ?tait pr?sent aux 9 essais, alors que le Rotoiti n'a ?t? pr?sent qu'aux 4 premiers essais. Le tableau 1 pr?sente l'information des tirs ainsi que les distances pour chacun de ces navires. 
     L'absence des donn?es de films dosim?triques port?s par les participants pendant ces essais rend difficile d'?tablir avec certitude si ces personnes ont re?u une dose de rayonnement et ? quel degr?. N?anmoins, depuis les essais, les v?t?rans ont d?clar?, clairement ou non, que si leur qualit? de vie a ?t? affect?e, c'est le r?sultat direct de leur participation ? l'Op?ration Grapple.
     Les v?t?rans ont ?galement signal? une plus grande pr?dominance de d?sordres g?n?tiques chez eux et leur descendance (enfants, petits-enfants etc.).  Il y aurait une plus grande fr?quence de my?lomes multiples chez les v?t?rans Britanniques qui ont particip? aux essais, r?sultat bas? sur l'analyse des enregistrements m?dicaux de plusieurs milliers de participants (Rabbitt Roff 1999). De nombreux v?t?rans ont d?clar? des maladies telles que cataractes (Phelps-Phelps-Brown et al, 1997) et arthrite, ou sont morts en raison des maladies pouvant ?tre attribu?es ? l'exposition aux radiations, tels que d?sordres gastro-intestinaux ou respiratoires et quelques types de cancers (Rabbitt Roff, 1997). 
suite:
     Bien que plusieurs ?tudes ?pid?miologiques aient ?t? entreprises sur la sant? des v?t?rans des essais nucl?aires de Grande-Bretagne, des Etats-Unis, d'Australie et de Nouvelle Z?lande, toutes ont donn? des r?sultats peu concluants ou non significatifs (Pearce et al, 1990a, b; Rabbitt Roff, 1999; Dalager et al, 2000; Muirhead et al 2003).  Des r?sultats similaires existent pour les ?tudes impliquant la sant? de leurs enfants. (Reeves et al, 1999; McLeod et al, 2001a, b).
     Le faible nombre de participants N?o Z?landais (551) a rendu difficile les ?tudes ?pid?miologiques. Les cancers radio induits qui pourraient en r?sulter ne seraient pas facilement discernables sur le fond et le pourcentage pr?vu des diff?rents cancers qui peuvent surgir spontan?ment (McEwan, 1988). N?anmoins, quelques ?tudes montrent des augmentations tout justes significatives des incidences des cancers h?matologiques chez les v?t?rans de Nouvelle Z?lande, comme la leuc?mie, qui peuvent ?tre caus?s par une exposition aux radiations lors de l'Op?ration Grapple (Pearce, 1990a). Cependant, une comparaison de la morbidit? du groupe de contr?le par rapport aux statistiques nationales sur le cancer a montr? que le groupe a eu des incidences anormalement basses du cancer, d'o? un biais pour les r?sultats (McEwan, 1988). Jusqu'ici toutes les r?clamations faites par les v?t?rans N?o Z?landais des essais nucl?aires ont ?t? bas?es sur les ?tudes ?pid?miologiques ou la pr?somption de pr?sence. Il faut ?tayer davantage les r?clamations.
     Pour cette raison, une ?tude g?n?tique contr?l?e a ?t? entreprise pour d?terminer si les personnels de la base navale de Nouvelle-Z?lande t?moins de l'Op?ration Grapple ont subi des dommages g?n?tiques. Ce rapport est fait en parall?le d'une ?tude entreprise par ce laboratoire: une analyse sur l'?change des chromatides soeurs (SCE) sur 50 v?t?rans et 50 t?moins (Rowland et al, 2005), ainsi qu'une th?se de MSc pass?e par Chad Johnson (2004) ? l'universit? de Massey sur le m?me ?chantillon en utilisant le test COM?T. L'?tude de SCE a d?tect? une l?g?re mais n?anmoins significative fr?quence d'?change des chromatides soeurs plus ?lev?e des v?t?rans des essais nucl?aires compar?e ? un groupe de contr?le appari?  d'ex-militaires de Nouvelle Z?lande. Dans cette ?tude, trois analyses en plus ont ?t? ex?cut?es: test G2  (G2), test des Micronoyaux (MN), et mFISH (hybridation in situ fluorescente multicolore).
p.9

Tableau 1:

 
Distance du point z?ro
donn?es en miles
Essai
Date
Ile
Altitude
Puissance
Pukaki
Rotoiti
Grapple 1
15/05/1957
Malden
2.400m
M?gatonne
50
150
2
31/05/1957
Malden
2.300m
M?gatonne
50
150
3
19/06/1957
Malden
2.300m
M?gatonne
150
50
X
08/11/1957
Christmas
2.250m
M?gatonne
132
60
Y
28/04/1958
Christmas
2.350m
M?gatonne
80
 
Z1
22/08/1958
Christmas
450m
Kilotonne
28
 
Z2
02/09/1958
Christmas
2.850m
M?gatonne
35
 
Z3
11/09/1958
Christmas
2.650m
M?gatonne
35
 
Z4
23/09/1958
Christmas
450m
Kilotonne
20
 

     Test G2
     L'instabilit? chromosomique et la perte ou le gain de chromosomes sont des sympt?mes caract?ristiques de nombreuses tumeurs canc?reuses et de dysfonctionnement de l'organisme humain (Griffin 2002). Plusieurs ?tudes ont montr? une relation entre la pr?disposition au cancer et la radiosensibilit?. La capacit? de r?paration de l'ADN est dans ce cas alt?r?e et cela semble jouer un r?le important quant ? l'instabilit? g?n?tique et au d?veloppement du cancer (Sanford et al, 1989; Terzoudi et al, 2000; Smart et al, 2003). La capacit? d?ficiente de l'ADN ? se r?parer peut ?tre mesur?e en notant  l'augmentation  de la sensibilit? des chromosomes en phase G2 (Sanford et Parshad 1999; Bryant et al, 2002). Cela se fait en irradiant des cellules pendant environ 1H30 avant pr?l?vement pour rechercher dans les chromosomes c-m?taphase, des ruptures de chromosome ou de chromatides. De telles cellules se seraient trouv?es en phase G2 au moment de l'irradiation. L'analyse G2 a ?t? ex?cut?e dans cette ?tude pour ?tablir des niveaux de la radiosensibilit? chez les v?t?rans N?o-Z?landais des essais nucl?aires. 

     Test des Micronoyaux
     L'analyse des micronoyaux  dans le blocage du cycle cellulaire est internationalement reconnue comme marqueur biologique sensible pour mesurer la sensibilit? des chromosomes ? une radiation ionisante. Pour les ?tudes humaines c'est devenu une m?thode courante et fiable pour d?terminer soit in vivo et/ou in vitro les dommages des chromosomes dans les lymphocytes du  sang p?riph?rique, (Fenech et Morley, 1985; Prosser et al, 1988; Mueller et al, 1996; Thierens et al, 2000; Fenech 1993, 2000; Gutierrrez et Hall, 2003; Lorge et al, 2006; Clare et al, 2006). Cette sensibilit? accrue par suite d'exposition ? des radiations ionisantes est ainsi bien document?e et a ?t? corr?l?e avec un grand nombre de pr?dispositions au cancer transmissibles (Scott et al, 1998). L'explication pour cette sensibilit? accrue est attribu?e aux d?fauts des m?canismes des dommages de l'ADN induits par l'irradiation qui pourraient contribuer ? la pr?disposition de cancer d? ? ces d?sordres g?n?tiques.
     Le test  de micronoyaux utilis? dans cette ?tude a ?t? largement r?pandu dans le pass? pour ?valuer l'ampleur des dommages chromosomiques dans les populations humaines expos?es aux agents clastog?niques ou g?notoxiques. La technique est simple dans sa m?thode. Les cellules sont irradi?es dans la phase G1 du cycle de la division cellulaire (mitose) et forment ult?rieurement des chromosomes cass?s ou isol?s qui sont s?par?s du fuseau cellulaire (qui permet la migration des chromosomes). Apr?s que, ces cellules irradi?es aient subi la mitose, les fragments qui ne sont pas r?ins?r?s dans le g?nome restent emprisonn?s dans le cytoplasme cellulaire et forment des micronoyaux. Afin de maintenir tous les fragments  des 2 noyaux "soeurs" dans la m?me cellule parentale un bloqueur de la mitose appel?e la cytochalasine B est appliqu?. Celle-ci permet au chercheur de compter le nombre de fragments "non r?par?s" dans le g?nome et de fournir ? l'investigateur une mesure d'efficacit? de la r?paration de l'ADN.

     mFISH
     L'irradiation est un inducteur bien connu d'aberrations des chromosomes (Lazutka, 1996; Slozina et al, 1997; Bauchinger et al, 1993, 1997; Cologne et al, 1998; Edwards, 2002; Hsieh et al, 2002; Maffei et al, 2004; Hei et al, 2005; Soyfer, 2002). Avec le d?veloppement relativement r?cemment d'une technique cytomol?culaire appel?e hybridation in situ par fluorescence multicolore  (mFISH) ou peinture des chromosomes, une riche vari?t? de types d'aberration peut ?tre constat?e comme les translocations stables, les chromosomes dicentriques instables. Avec cette technique, chaque paire homologue de chromosomes est color?e (peinte) d'une couleur diff?rente ce qui permet aux chercheurs de d?tecter les ?changes entre les chromosomes et aussi d'autres ?v?nements anormaux. Les ?tudes de translocation impliquent souvent de peindre 3 chromosomes et le reste du g?nome par la contre coloration. Cette m?thode a une efficacit? approximativement de 30% (Whitehouse et al, 2005). 

suite:
     Dans notre ?tude, nous avons utilis? le proc?d? de l'hybridation in situ par fluorescence multicolore (mFISH) o? chaque chromosome dans le g?nome est peint d'une couleur diff?rente. Ceci donne un plus grand degr? d'efficacit? en enregistrant  tous les nombres et types d'?v?nements de translocation, plut?t qu'une estimation projet?e. En outre, nous avons consid?r? plus sage de choisir notre propre groupe de contr?le parce que les N?o Z?landais ont pu avoir ?t? mis en danger dans le pass? par plusieurs essais atomiques atmosph?riques en Polyn?sie fran?aise. Et d'ailleurs ? ce sujet en 1978 la Nouvelle Z?lande a intent? un proc?s ? la France devant la Cour de Justice Internationale ? La Haye.
     C'est maintenant un principe ?tabli que toute alt?ration de l'ADN peut affecter l'?tat de sant? et peut potentiellement avoir des cons?quences h?r?ditaires. Les ?tudes de suivi chez des individus expos?s aux agents g?notoxiques ont clairement montr? la valeur pr?dictive de dommages chromosomiques ?lev?s beaucoup plus tard (Hagmar et al, 1994, 1998a, b, 2001). Cependant nous souhaitons souligner que cette ?tude ne fait aucune r?clamation sur l'?tat de sant? des v?t?rans. Cette ?tude se concentre sur le statut g?n?tique du groupe exp?rimental (de v?t?rans).
     Une des r?serves des chercheurs ?tait de savoir si on pouvait d?tecter n'importe quelle preuve des dommages g?n?tiques et pouvait attribuer ceci ? un ?v?nement qui a eu lieu il y a longtemps. Cinquante ans ou plus, c'est long, peu d'?tudes ont  ?t? r?alis?es. N?anmoins, la recherche conduite par plusieurs auteurs affine  notre point de vue et confirme qu'il ?tait utile de mener notre ?tude. Hande et al (2003), qui travaillaient dans le laboratoire de David Brenner ? Columbia University, New York, ont montr? d'une fa?on convaincante que l'exposition aux rayonnements ionisants importante dans le pass? peut laisser une signature permanente tout ? fait caract?ristique dans le g?nome. Leur recherche a confirm? que les produits radioactifs peuvent rester dans le corps humain plusieurs dizaines d'ann?es et provoquer des effets g?n?tiques ? long terme. Ils ont entrepris une ?tude sur des ex-ouvriers en bonne sant? de l'industrie des armes nucl?aires qui ont ?t? professionnellement expos?s depuis 1949 dans l'ancienne Union Sovi?tique. Ces ouvriers expos?s ? l'irradiation ont ?t? employ?s soit dans des usines produisant du plutonium soit sur un r?acteur nucl?aire. Des niveaux ?lev?s d'aberrations des chromosomes ont ?t? observ?s chez ces ouvriers. De mani?re significative ils ont montr? une r?tention ? long terme des traces de plutonium inhal?. Les r?sultats des autopsies ?taient utilis?s pour calculer la clairance du plutonium pulmonaire. Les ?tudes men?es par le groupe Brenner sur les ouvriers du plutonium ont donn? les r?sultats suivants sur la quantit? de plutonium dans la moelle ?pini?re: en moyenne 50% en 1983, 25% en 1993 et 8% en 1998. Cela signifie que pour quelques ouvriers qui ont ?t? expos?s en 1949, il a fallu presque 50 ans pour que le plutonium soit d?pos? dans un organe extra pulmonaire.
     Ainsi en outre, depuis des ann?es on a d?couvert que quelques lymphocytes ont une tr?s longue esp?rance de vie, plus de 20 ans. Cela signifie qu'on peut encore observer des aberrations induites par la radiation dans des cellules qui ?taient pr?sentes en tant que lymphocytes p?riph?riques au moment de l'exposition (Awa et al, 1978; Buckton et al, 1983).
     Une recherche sur la litt?rature concernant cette ?tude a montr? que les personnes qui avaient ?t? expos?es au rayonnement plusieurs ann?es auparavant, pr?sentent des dommages g?n?tiques. Ces ?tudes incluent des cas simples, incorporation accidentelle d'eau triti?e et analyse 11 ans apr?s (Lloyd et al, 1998), un accident Estonien en 1994 (Lindholm et Edwards, 2004), et des ?tudes sur des ouvriers du nucl?aire avec 11 ? 22 ans d'emploi (Bauchinger et al, 1997), des ouvriers de Tchernobyl examin?s 8 ans apr?s leur exposition (Lazutka et Dedonyte, 1995; Salissidis et al, 1994, 1995; Snigiryova et al, 1997) et les survivants du bombardement atomique (Hiroshima et Nagasaki) mesur?s 50 ans apr?s exposition (Lucas et al, 1992, 1996; Nakamura et al, 1998).
p.10

     Toute la recherche ci-dessus nous a encourag?s ? nous embarquer dans cette ?tude, de rechercher si oui ou non le personnel militaire N?o Z?landais qui a particip? ? l'Op?ration Grapple a subi des dommages g?n?tiques ? long terme. Cependant, malgr? la recherche pr?sent?e ci-dessus, nos vues ont ?t? temp?r?es par d'autres ?tudes de ce type de victimes fortement expos?es comme l'accident de Goi?nia au Br?sil en Septembre 1987 (Straume et al, 1991; Natarajan et al, 1998). Une diminution avec le temps des dommages est not? quand on observe quelques param?tres (la fr?quence des dicentriques des lymphocytes diminue avec le temps) tandis que d'autres param?tres des dommages demeurent ?lev?s (les translocations, la d?l?tion, l'aneuplo?die et la fr?quence des d?ficients en guanine dehypoxanthine phospho-ribosyl-transferase (HPRT - mutants).
     Les chercheurs ?taient ?galement conscients du fait qu'une recherche telle que celle conduite ici risque d'?tre fortement controvers?. Ainsi il ?tait tr?s important qu'une attention consid?rable soit consacr?e ? la m?thode de l'?tude de se centrer sur une bonne variable, c'est ? dire la participation ? "l'op?ration Grapple". Pour cette raison, des chercheurs en psychologie ayant l'exp?rience des ?tudes humaines ?taient des pivots dans cette recherche. Leur expertise ?tait de r?aliser un proc?d? de s?lection pour les v?t?rans et le groupe t?moin.
     La m?thode par laquelle ces deux groupes ont ?t? choisis est d?taill?e dans le chapitre "Mat?riaux et M?thodes". Des crit?res stricts ont ?t? appliqu?s pour le choix des participants ? l'?tude, ainsi que pour la collecte d'informations personnelles ?tendue recouvrant l'histoire de leur vie, leur histoire professionnelle et les ant?c?dents m?dicaux, ceci dans le but d'identifier le maximum de facteurs ayant un impact sur les r?sultats. L'?chantillon portant sur l'?le Nord de Nouvelle-Z?lande a ?t? d?fini en respectant une distribution g?ographique des v?t?rans et des contr?les qui ne puissent pas influencer les r?sultats au cas ou ce param?tre aurait ?t? d?terminant.

     MATERIELS ET METHODES
     Population et proc?dure d'?chantillonnage
     Cinquante v?t?rans (hommes) des forces navales (groupe exp?rimental) et cinquante hommes d'un groupe de comparaison ayant aussi ?t? sous les drapeaux ou dans la police quand ils ?taient jeunes, participaient ? l'?tude. L'?ge des participants (? la date de l'entrevue) allait de 58 et 76 ans, avec un ?ge moyen pour le groupe exp?rimental de 65.9 ans (SD=3.1) et, pour le groupe de contr?le, de 66.5 ans (SD=3.8) respectivement. Tous ?taient r?sidants de l'?le du Nord, s?lectionn?s par la proc?dure qui suit.
     Le nom des volontaires fut communiqu? aux chercheurs par le Bureau national des v?t?rans. Une lettre d'invitation r?dig?e par le bureau national des v?t?rans fut adress?e ? tous les v?t?rans des essais nucl?aires r?sidents sur l'?le du Nord, r?pertori?s dans la banque de donn?es. Fut joint ? ce courrier un questionnaire pr?liminaire sur la base de crit?res d?finis, ainsi qu'une enveloppe pr? timbr?e devant ?tre retourn?e avec le questionnaire rempli au groupe de recherche de l'Universit? de Massey. Les informations recueillies permettant aux chercheurs de d?cider  quel v?t?ran serait pris ou exclu de l'?tude.
     Une base de donn?es correspondante fut r?alis?e ? partir des Questionnaires sur les Crit?res d'Inclusion Pr?liminaires qui furent remplis et retourn?s, par la poste, ? l'universit? de Massey. Un groupe final form? par une s?lection al?atoire du nombre de participants potentiel ? partir de la base de donn?es.
     Le groupe de sujets t?moins fut s?lectionn? ? partir d'un pool de volontaires pr?sentant les m?mes crit?res que les v?t?rans, avec la diff?rence essentielle qu'ils n'avaient pas particip? ? l'op?ration Grapple. D'anciens militaires furent s?lectionn?s quand les contr?les furent possibles, principalement venus de l'arm?e de terre. Quelques policiers furent aussi choisis. Les anciens marins furent exclus ?tant sujets ? controverse, ne sachant pas si les navires ?taient ? propres ? ? leur retour en Nouvelle-Z?lande, et donc, peut-?tre manoeuvr? par d'autres ?quipages expos?s ? une contamination.

suite:
     Les personnels volants de l'arm?e de l'air, except? les ?quipages non volants, furent aussi exclus pour risque d'exposition aux radiations cosmiques. Les v?t?rans du Vi?t-Nam furent aussi exclus du groupe exp?rimental pour risque de contamination aux d?foliants. Idem pour les travailleurs de l'industrie du bois, expos?s au solvant ainsi que ceux qui ont subi des chimioth?rapies ou radioth?rapies.
     Aux participants choisis fut envoy?e une lettre d'information (E=Exp?rimental, C=Contr?le), un formulaire d'acceptation et un questionnaire d?taill? (Appendice II) qui rassemblaient les informations relatives aux ?v?nements de leur vie et ? leur sant? g?n?rale.
     Il ?tait n?cessaire aux chercheurs de prendre en compte tous les facteurs pouvant causer des dommages aux chromosomes, s'il apparaissait une participation autre qu'? l'Op?ration Grapple.
     Ceci pour ?tre s?r que les enqu?teurs puissent prendre en compte tout autre facteur susceptible de cr?er des l?sions chromosomiques au cas ou ces facteurs auraient pu ?tre li?s ? la participation ? l'op?ration Grapple.
     Chaque participant devait donner son accord par ?crit, remplir le questionnaire d?taill? et le retourner aux chercheurs de l'Universit? de Massey.
     A r?ception du questionnaire d?taill?, une entrevue fut conduite par un psychologue habile ? stimuler la rem?moration des souvenirs. Ceci afin de clarifier si n?cessaire tous les d?tails incomplets dans leurs r?ponses et de v?rifier si des substances avaient  pu affecter leur sang avant d'en pr?lever des ?chantillons. Il ?tait important d'obtenir les r?ponses les plus pr?cises pour valider nos r?sultats. Parall?lement ? l'entrevue un ?chantillon sanguin fut pr?lev?, ou un rendez-vous pris pour un pr?l?vement ult?rieur ? une date plus appropri?e. L'int?gralit? de l'?tude fut conduite en suivant l'?thique stricte sp?cifi?e par W.M.A.D Helsinki...
     Chaque ?chantillon sanguin fut pr?lev? par un m?decin ind?pendant, puis cod? avec un num?ro pour que les chercheurs puissent ensuite mettre un nom au code. Ce code sans nom fut ?crit  sur chaque ?chantillon et remis aux ?tudiants en m?decine de l'Universit? Massey de Palmerston Nord. Les assistants recod?rent chaque pr?l?vement avec un nouveau num?ro et enregistr?rent les codes pour les r?v?ler lors de la conclusion de l'?tude. Ceci garantissait que les membres de l'?quipe de recherche ne puissent identifier un ?chantillon lors de contr?le. Les ?chantillons de sang furent utilis?s pour une analyse clinique g?n?tique. L'?tude fut conduite en aveugle. Les codes furent d?voil?s apr?s que toutes les analyses g?n?tiques eurent ?t? achev?es. Le sang collect? ne fut utilis? que pour une analyse g?n?tique. Toutes les informations g?n?tiques obtenues rest?rent strictement confidentielles.

     Inclusions/exclusions
     Il y a 8 crit?res d'exclusion, les trois premiers impliquant un potentiel de dommage g?n?tique. Les participants furent exclus s'il pr?sentait un de ces crit?res.
     1?) Service sur th??tre d'op?rations de guerre ou zone contamin?e par des ?l?ments radio actifs.
     2?) Exposition ? des substances toxiques pendant un an ou plus.
     3?) chimioth?rapie ou rayonnements.
     4?) plus de 75 ans.
     5?) ?quipages volants.
     6?) Trop malade pour participer.
     7?)Mort cons?cutive ? l'exposition lors de relev?s topographiques 
     8?) R?sidents sur l'?le du Sud. Fonds insuffisants pour payer les voyages et la prise de sang)

p.11

     Contr?les
     Les personnes test?es  ?taient si possibles d'un groupe d'?ge comparable. Les participants s?lectionn?s par crit?re ?taient en service dans l'arm?e de terre n?o-z?landaise, dans l'arm?e de l'air pour les ?quipages non volants, les forces de police et ceux ayant effectu? leur service militaire. Le but principal  ?tait de contr?ler les effets sur la sant? des militaires. Cela implique qu'?tant donn? la force physique et morale requises lors de leur s?lection et ensuite leur mission dans l'arm?e et la police, ceux qui les auront accomplies seront g?n?ralement en meilleure forme que des civils. Ce choix implique des militaires ayant g?n?ralement une condition physique et mentale sup?rieure aux civils.
     Tous les crit?res d'exclusion pour le groupe exp?rimental furent sont aussi appliqu?s aux personnes test?es.
     Les crit?res compl?mentaires d'exclusion ?taient:
     1) Service dans la marine nationale. (Possibilit? de contamination du navire)
     2) Impossibilit? de trouver des t?moins de m?me ?ge dans des zones g?ographiques particuli?res.
     3) Niveau d'?ducation trop ?lev? (un chirurgien a ?t? exclu)
     4) Immigration r?cente en NZ (faussant les contr?les ? cause des doses de radiations variables re?ues avant leur arriv?e)
     5) Service sans entra?nement militaire Obligatoire.
     * Ce qui inclut asbestose, bois tanis?s, traitement des bois, huile, fum?es de p?trole, radiations de micro-onde, transport routier, poussi?res et produits chimiques, et travail en radiographie)
     ?chantillon de la s?lection
     Afin de contr?ler toute variation dans l'exposition aux radiations on employa une proc?dure de test par strate. Les membres potentiels du groupe exp?rimental furent choisis d'apr?s leur appartenance ? l'une des 5 r?gions de l'?le du Nord.
     Le tableau 2 montre comment 88 volontaires remplissant les crit?res d'acceptation pour le groupe exp?rimental furent r?partis par r?gion. Les 50 membres du groupe exp?rimental furent choisis au hasard parmi le groupe potentiel de volontaires, avec cette restriction que la proportion de membres s?lectionn?s dans chaque aire g?ographique refl?te la distribution originale  des 88 participants potentiels. Pour diff?rentes raisons, 6 participants se retir?rent de l'?tude. Ceux-l? furent remplac?s par 6 autres trouv?s parmi les volontaires acceptables.
     Dans l'ensemble, 135 sujets t?moins se port?rent volontaires, mais 83 d'entre eux ne furent pas retenus, laissant un groupe de 52 personnes ? partir duquel faire la s?lection. Comme le tableau 2 le montre, il ne fut pas possible d'obtenir le nombre id?al de personnes-?chantillons dans les r?gions d'Auckland et Northland dans le temps imparti. Ce manque fut combl? par des recrues suppl?mentaires du centre de l'?le Nord (qui ?taient plus facilement joignables par l'?quipe de recherche).
 p.12
Tableau 2:
Code
R?gion
Volontaires
Potentiel
S?lectionn?s
Age moyen
A
Wellington/Kapiti
13
5
3
67.0
B
Centre ?le du Nord
16
12
9
65.6
C
Bay de l'abondance/Kaikato
17
13
7
70.0
D
Auckland
70
46
25
66.2
E
Northland
13
12
6
65.0
 
Total
129
88
50
 

Article sur les suites des essais transmis par l'AVEN: l'acc?s aux archives sera-t-il possible?
Yannick Barthe, chercheur au CNRS-ENSMP
13 avril 2008
?dition:  Sciences et d?mocratie
     Que s'est-il pass? ? Reggane le 13 f?vrier 1960 (Les irradi?s de la R?publique, Les oubli?s de l'atome, Bilan des essais nucl?aires fran?ais en Alg?rie, indemnisation des victimes des essais nucl?aires)? Il suffit de consulter un bon manuel d'histoire pour le savoir: ce jour-l?, un grand champignon atomique s'est ?lev? dans le ciel du Sahara. C'?tait la premi?re bombe atomique fran?aise. Mais ce que les manuels d'histoire ne nous disent pas, c'est ce qu'il s'est pass? en dessous du nuage atomique form? par l'explosion.
     Car contrairement ? ce que l'on pourrait penser, ce n'?tait pas tout ? fait le d?sert. Il y avait m?me beaucoup de monde sur les sites d'exp?rimentation: des soldats – souvent de simples appel?s du contingent –, des civils du Commissariat ? l'?nergie atomique et de ses entreprises sous-traitantes, et m?me de la main d'oeuvre recrut?e sur place, ceux que le jargon militaire avait baptis?s en Alg?rie les PLO (prononcez: ?p?los?), autrement dit les ?Populations Locales des Oasis?. 
     Lors de chaque explosion, c'est ainsi plusieurs milliers de personnes qui ?taient pr?sentes sur les lieux. Et d'apr?s les chiffres fournis par le CEA et le minist?re de la D?fense, pas moins de 150.000 personnes au total auraient particip? aux exp?rimentations nucl?aires men?es par la France au Sahara puis en Polyn?sie de 1960 ? 1996. Ces personnes ?taient-elles suffisamment prot?g?es? Ont-elles subi des retomb?es radioactives? Les diverses pathologies dont souffrent aujourd'hui certaines d'entre elles ont-elles un lien avec leur participation aux exp?riences atomiques?
     L'acc?s ? des archives encore couvertes par le ?secret d?fense?, notamment celles des services qui ?taient en charge de la radioprotection et de la mesure des retomb?es radioactives, permettrait sans doute d'apporter des ?l?ments de r?ponse ? ces questions. C'est du moins ce que consid?rent les associations de ?v?t?rans? des essais nucl?aires qui se sont cr??es depuis le d?but des ann?es 2000.
     En 2006, lors d'une s?ance publique au S?nat, Mich?le Alliot-Marie, alors ministre de la D?fense, avait indiqu? qu'?en mati?re de d?fense, notamment dans le domaine des essais nucl?aires, la France n'a rien ? craindre de la transparence. Nous sommes suffisamment forts et fiers de nos actions pour pouvoir dire ce qui a ?t? fait et, le cas ?ch?ant, pour en tirer les cons?quences lorsque certaines personnes peuvent souffrir des cons?quences d'une activit??. Elle avait m?me ajout? qu'il lui paraissait ?indispensable de d?passionner le d?bat sur le sujet, contrairement ? ce que certains essaient de faire en suscitant des peurs ou des rancoeurs qui n'ont pas lieu d'?tre?. Mais pas question pour autant de lever le ?secret-d?fense?... La raison invoqu?e par le minist?re des Arm?es est que les archives en question ne contiennent pas seulement des donn?es environnementales sur les retomb?es radioactives, mais ?galement des indications sur le fonctionnement et la puissance des armes nucl?aires utilis?es, autrement dit des donn?es jug?es tr?s sensibles en raison du risque de prolif?ration nucl?aire. N?anmoins, la ministre n'excluait pas que ?des scientifiques d?ment habilit?s et travaillant dans un cadre tr?s pr?cis puissent avoir acc?s ? ces dossiers?. 
suite:
     Or cette promesse est rest?e lettre morte, en d?pit de la demande formul?e par des chercheurs de l'INSERM. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les choses ne risquent pas de s'arranger avec le projet de loi sur les archives actuellement en cours de discussion au Parlement (voir l'article de Sylvain Bourmeau dans Mediapart). L'article 3 de ce projet pr?cise en effet que ?ne peuvent ?tre consult?es les archives publiques dont la communication est susceptible d'entra?ner la diffusion d'informations permettant de concevoir, fabriquer, utiliser ou localiser des armes nucl?aires, biologiques, chimiques ou toutes autres armes ayant des effets directs ou indirects de destruction d'un niveau analogue.? En d'autres termes, les archives des essais nucl?aires sont d?sormais ?incommunicables?, sans limites de temps.
     Alors, adieu Reggane? Pas si s?r.
     En effet, ce qui ? premi?re vue peut appara?tre comme un nouveau coup dur pour les associations de v?t?rans des essais nucl?aires pourrait au contraire contribuer ? renforcer leur cause. D'abord parce que l'invocation d'un risque de prolif?ration nucl?aire ? propos d'archives datant de plus de 40 ans et portant sur des retomb?es radioactives laisse tout de m?me un peu songeur, surtout lorsque l'on sait que les ?tats-Unis, que l'on peut difficilement soup?onner de laxisme ? l'?gard de la prolif?ration, ont pour leur part autoris? en 1994 l'acc?s ? 93% des archives concernant leurs essais nucl?aires. Ce genre de comparaison pourrait bien transformer ce qui est pr?sent? par la France comme un ?secret strat?gique? l?gitime au regard des imp?ratifs de la s?curit? nationale en un ?secret inavouable? uniquement destin? ? couvrir l'image que l'institution veut donner d'elle-m?me – pour reprendre ici la distinction propos?e par le sociologue Erving Goffman dans La mise en sc?ne de la vie quotidienne (t. 1, p. 137-138). Ensuite parce que, comme nous l'a appris un autre sociologue, Georg Simmel, ?le secret met une barri?re entre les hommes, mais il ?veille en m?me temps la tentation de la briser par le bavardage ou l'aveu? (Secret et soci?t?s secr?tes, p. 45). Ou par l'enqu?te, pourrait-on ajouter.
     Si l'on en juge par le nombre de documentaires qui fleurissent sur l'h?ritage de la bombe, force est d'ailleurs de constater que le verrouillage des archives a plut?t encourag? plus qu'il n'a dissuad? le travail d'investigation et les r?v?lations auquel il peut aboutir. Mais le plus important est peut-?tre ailleurs : le verrouillage des archives prive les historiens et les ?pid?miologistes du point d'appui qui leur permettrait de valider ou de r?futer, ou tout simplement de nuancer les t?moignages apport?s par les v?t?rans des essais nucl?aires. Sans acc?s aux archives, au nom de quoi pourrait-on les mettre en doute?
     Bref, ?l'incommunicabilit?? des archives sur les essais nucl?aires pourrait avoir pour effet de donner encore plus de poids aux t?moignages des v?t?rans. Et par cons?quent de les encourager. Alors, bonjour Reggane!
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Cabinet du Ministre: JP Bodin
directeur adjoint du cabinet civil et militaire
LETTRE DU 21 mars 2008 au Pr?sident de l'AVEN
     Votre courrier du 25 f?vrier dernier am?ne plusieurs remarques de ma part:
     1- Je vous rappelle que, dans son rapport de mai 2007 au ministre de la d?fense et au ministre charg? de la sant? et au vu des expositions aux rayonnements ionisants auxquelles ont ?t? soumis les personnels ayant particip? aux essais, le CSSEN note qu'aucune ?volution de l'?tat des connaissances scientifiques et m?dicales concernant l'apparition de maladies radioinduites ne justifie aujourd'hui une extension des r?gimes de r?parations pour ces personnels. De plus, le CSSEN ne propose pas la modification du Code des pensions Militaires.
     En revanche, dans l'hypoth?se o? serait ?tabli un projet de loi retenant le principe d'une extension de l'imputabilit? par pr?somption d'origine du r?gime des pensions militaires d'invalidit?, le CSSEN recommande que celui-ci ?n'aille pas au-del? des conditions de reconnaissance pr?vues par le r?gime g?n?ral de la s?curit? sociale et ses syst?mes compl?mentaires?.
     2- Le suivi m?dical des ?v?t?rans? polyn?siens r?pond, outre l'inqui?tude suscit?e chez eux sur leur ?tat de sant?, ? une prise en compte de la diff?rence de statut sanitaire entre la Polyn?sie et la m?tropole. Ce suivi concerne les anciens travailleurs civils et militaires des sites du Centre d'Exp?rimentations du Pacifique, les personnes justifiant avoir r?sid? habituellement dans les communes de Turcia, Reao, Pukarua et Gambier entre 1966 et 1974, ainsi que les personnes ayant leur r?sidence principale actuelle dans ces communes.
     3-Il me semble utile de vous apporter plusieurs pr?cisions sur le suivi m?dical que vous souhaitez voir organiser pour les ?v?t?rans? m?tropolitains et leur famille.
     Le bilan m?dical et le suivi sanitaire propos? aux huit ?v?t?rans? les plus particuli?rement impliqu?s dans l'exposition aux rayonnements ionisants provoqu?e par l'accident ?BERYL?, se justifient du fait d'une exposition importante et parfaitement ?tablie.
     Un suivi m?dical des ?v?t?rans? m?tropolitains est possible, soit par le biais du suivi post professionnel ?tabli par le code du travail, soit par l'acc?s des anciens militaires aux consultations dans les services m?dicaux de garnison. Un rappel a d'ailleurs ?t? r?cemment fait en ce sens par la direction centrale de service de sant? des arm?es.
     Vous sugg?rez que ce bilan comprenne une ?chographie thyro?dienne et une ?chocardiographie. Les connaissances aujourd'hui admises par la communaut? scientifique internationale, rappel?es entre autres dans le rapport UNSCEAR 2006 que vous citez, ne l?gitiment pas de tels examens.
     Enfin, j'insiste une nouvelle fois aupr?s de vous sur l'incapacit? de mettre en place une dosim?trie biologique, d'?valuer une dose 45 ans apr?s l'exposition suppos?e et de s?lectionner un ?stress? d'origine radiologique li? aux essais nucl?aires, parmi tous les autres, y compris radiologiques, susceptibles de conduire ? des anomalies chromosomiques.
     4-L'?tude de sant? lanc?e par l'OSV concerne les personnels militaires porteurs de dosim?tres en Polyn?sie. En effet, les porteurs de dosim?tres en Polyn?sie sont enregistr?s, dans la base de donn?es ?dosim?trique?, avec tous les param?tres d'identification permettant d'acc?der aux registres sanitaires (mortalit? et causes de mortalit?). Une telle ?tude est donc plus rapidement accessible qu'une ?tude prenant en compte la totalit? des ?v?t?rans? des essais. Elle sera bien ?videmment publi?e dans son int?gralit?, sans adaptation d'aucune sorte.
     Comme vous le savez, l'?tablissement d'une liste plus importante, qui ne pourra cependant pas pr?tendre ? l'exhaustivit? que vous souhaitez, est en cours d'?laboration. L'int?r?t et la possibilit? de r?aliser alors une ?tude plus large que celle de l'OVS seront ?valu?s.
     5-S'agissant d'une mission d'information parlementaire sur les essais nucl?aires, je vous rappelle que la commission ?Affaires Etrang?res, D?fense et Forces Arm?es? du S?nat a rejet? la mise en place d'une telle mission dans ses conclusions du 20 d?cembre 2006 relatives ? une proposition de r?solution de Madame Dominique Voynet.
     En restant ? votre disposition pour apporter les compl?ments d'information que vous souhaiteriez...
suite:
APPEL POUR CONSTITUER UN COMITE DE SOUTIEN AUX VICTIMES DES 210 ESSAIS NUCLEAIRES FRANCAIS REALISES AU SAHARA ET EN POLYNESIE
5 mai 2008

     Madame, Mademoiselle, Monsieur,
     Apr?s plus de 40 ans les victimes des essais nucl?aires au Sahara et en Polyn?sie fran?aise n'ont toujours pas ?t? reconnues et  indemnis?es par l'Etat comme c'est pourtant le cas aux Etats-Unis, en Angleterre, en Australie, etc...
     Nous saluons le combat courageux, pers?v?rant de l'AVEN (Association des V?t?rans des Essais Nucl?aires) et de Moruroa e tatou en Polyn?sie qui ne sont pas encore parvenues ? faire admettre les cons?quences des essais nucl?aires sur la sant? des victimes militaires et civiles, et sur l'environnement.
     De m?me, les gouvernements et les assembl?es pr?c?dents se sont refus?s ? mettre ? l'ordre du jour les propositions de loi d?pos?es par les groupes parlementaires de gauche et de droite tant ? l'Assembl?e Nationale qu'au S?nat.
     C'est pourquoi aujourd'hui nous sommes des scientifiques, parlementaires, artistes, sportifs, journalistes ? avoir lanc? cet appel pour amplifier cette lutte des victimes des essais nucl?aires.
     Nous vous appelons ? faire de m?me en vue de lancer le mardi 3 juin 2008 ? 11 heures, au S?nat (salle A 120) au cours d'une conf?rence de presse, une p?tition nationale que tous ensemble nous porterons au gouvernement fran?ais. Nous proposons de nous rencontrer sur place ? partir de 10 heures pour nous mettre d'accord sur le d?roulement de la conf?rence...
     Nous vous remercions de votre accueil et vous adressons nos plus respectueuses et cordiales salutations.

- Bruno Barrillot, Expert - questions nucl?aires (Polyn?sie F. )
- Christian M?nard, D?put?. Yannick Favennec, D?put? 
- Roland Oldham, Pr?sident de Moruroa e tatou. 
- Guy Fischer, Vice Pr?sident du S?nat
- Christiane Taubira, D?put?e de Guyane
- Marc Dolez, D?put?
- Dominique Voynet, S?natrice.
- Docteur Jean-Louis Valatx, Pr?sident de l'AVEN
- John Doom, Coordinateur de Moruroa e tatou
- Michel Verger, Vice-Pr?sident de l'AVEN
- H?l?ne Luc, S?natrice Honoraire.

PARTICIPATION AU COMITE DE SOUTIEN
PARTIE A RENVOYER AU SIEGE DE L'AVEN
187 Mont?e de Choulans 69005 Lyon
EMAIL: aven@aven.org

NOM :                                PRENOM                              QUALITE
J'accepte de faire partie du comit? de soutien:                 OUI       NON 
Je serai pr?sent au S?nat le mardi 3 juin:                         OUI       NON
(r?ponse oblig?e pour l'entr?e au S?nat.) 

Date     et       SIGNATURE
 
 
 
 

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Association de D?fense de l'Environnement de Pontfaverger et de sa R?gion
A PROPOS DU SITE PONTFAVERGER-MORONVILLIERS (CEA DAM)
     Damien Girard
     Pr?sident de l'ADEPR
     A
     Monsieur le Pr?sident de la Communaut? de Communes
     des Rives de la Suippe 51490 BETHENIVILLE

     Un article du bulletin d'information de la Communaut? de Communes des Rives de la Suippe a retenu toute mon attention. Comme vous le savez, l'association que je pr?side s'inqui?te fortement des retomb?es radiologiques et chimiques dues ? l'activit? du centre d'exp?rimentation nucl?aire de Pontfaverger-Moronvilliers g?r? par le Commissariat ? l'Energie Atomique. Je suis surpris que vous preniez la responsabilit? de l'?dition de ce texte sans aucune r?serve car comme vous l'avez signal? lors de la r?union du 7 d?cembre 2007, propos repris par FR 3 au journal du 12/13 le 8/12/08, vous n'avez jamais ?t? inform?, m?me en tant qu'?lu, sur les rejets dans l'air et/ou dans le sol dus au demi-si?cle d'exploitation de ce site.
     Certes le manque de clart? lors de la premi?re r?union "d'information", ? Pontfaverger Moronvilliers, organis?e par le CEA apr?s 50 ans d'existence, a pu semer le doute dans les esprits entre la radioactivit? naturelle telle que celle  que peut contenir l'eau d'Evian ou la mer (10 becquerels/kg, source CEA Marcoule) et celle de l'uranium naturel (50 millions de becquerels/kg) utilis? lors des tirs a?riens et souterrains (propos recueillis lors de la conf?rence du 7 d?cembre 2007).
     Par exemple, le ?petit? morceau d'uranium retrouv? par un cultivateur au d?tour d'un chemin, il y a environ 20 ans, pr?sentait un grave danger pour lui-m?me et ses proches car le d?bit de dose au contact pouvait ?tre sup?rieur ? 2 mSv/h soit un d?passement des limites de dose ? la peau en 25 heures ou 4 minutes par jour/365 jours. Quelles maladies aurait d?velopp? toute cette famille si cet objet curieux avait orn? sa chemin?e pendant des ann?es?!
     Malheureusement, le bon sens aurait voulu que ce fait divers serve ? pr?venir les gens afin qu'ils ne pas ramassent de cailloux bizarres ? proximit? du centre, il n'en a rien ?t? puisque ce citoyen et son ?pouse ont ?t? mis en garde ? vue.
     Malgr? les propos rassurants  du 7 d?cembre 2007,  j'ai not? que les experts du CEA ne semblaient pas conna?tre avec pr?cision la date o? les tirs a?riens ont ?t? arr?t?s "aux environs de 1990/1995" disent-ils. Or, si vous allez sur le site web: http://www.adepr.com/, vous pourrez voir une explosion qui date d'apr?s la construction de Airix, soit apr?s l'an 2000. Ce manque de pr?cision pour des scientifiques est assez inqui?tant!!!
     Apr?s mon affirmation qu'ils poursuivaient  des tirs non confin?s en cuve, ils ont reconnu que certains tirs ?taient confin?s par un syst?me de pulv?risation d'eau. Vous pourrez appr?cier le haut degr? de protection pour la population.
     Le m?decin pr?sent ? la r?union nous a affirm? que le personnel en sous-traitance avait le m?me degr? de protection que le personnel du CEA, (Pierre Messmer, alors Premier Ministre, avait affirm? le contraire lors d'une ?mission sur FR 2). Vous connaissez sans doute des retrait?s qui ont travaill? en sous-traitance sur ce site, je vous invite ? leur demander s'ils ont eu connaissance des risques professionnels encourus, quelles protections individuelles ?taient mises ? leur disposition, dans quelles conditions  ils nettoyaient les dalles de tirs apr?s les explosions qui lib?raient des produits tels que du b?ryllium, de l'uranium, du deut?rium et s?rement du plutonium ou vidaient le cendrier du br?loir (incin?ration de copeaux d'uranium 238). Pourquoi, aussi, ils ?taient seulement prot?g?s dans des abris, genre abris de bus en b?ton alors que certains personnels permanents ?taient dans des blockhaus pressuris?s. Demandez  leur  ?galement s'ils ont eu, ne serait-ce qu'un seul jour, un dosim?tre sur eux pour conna?tre la radioactivit? absorb?e et maintenant qu'ils sont en retraite s'ils b?n?ficient d'un suivi m?dical particulier.
     Comme je l'ai rappel? lors de la prise de parole ? la conf?rence (?court?e par le d?part pr?matur? du pr?fet) "D?s 1960, lors des premiers tirs atomiques en Alg?rie, le CEA a expos? des militaires ? quelques kilom?tres du point z?ro sans aucune pr?caution, puis en Polyn?sie fran?aise, les ?les ? proximit? n'?taient pas ?vacu?es alors que l'on sait aujourd'hui qu'elles ont ?t? victimes  de retomb?es radiologiques d?passant largement les normes.  La  France a mis en place, r?cemment, un suivi sanitaire pour la population qui pr?sente un taux de cancer anormalement ?lev?. Pourquoi aujourd'hui ne pas l'accorder aussi aux 150.000 personnes qui ont travaill? volontairement ou involontairement pour cette activit? depuis 1960 et ? la population environnante? Comment  aujourd'hui pouvons nous cautionner, sans aucun contr?le ext?rieur, des essais nucl?aires ? quelques m?tres de chez nous?"
     Nous avons appris que nos villages ont ?t? survol?s par un nuage radioactif car une petite quantit? de tritium, quelques grammes (7.400 Milliards de Becquerels, selon la revue Damocl?s) a ?t? pulv?ris? volontairement sur le site. Bien s?r, ses cons?quences sur la population n'ont pas ?t? mises en ?vidence puisqu'il n'y a jamais eu d'?tude  ?pid?miologique, pourtant les m?decins locaux sont tr?s inquiets du nombre de pathologies  pouvant relever de maladies radio induites. ? noter que le tritium est absorb? par les v?g?taux tels que la salade, les betteraves, le bl? ou la vigne et que ce produit est canc?rig?ne.
     En tant que Pr?sident de la Communaut? de Communes, vous savez sans doute que:
     - le site web officiel Basol du Minist?re de l'Environnement et du D?veloppement Durable indique que les nappes phr?atiques du centre de Moronvilliers pr?sentent un taux anormal de radioactivit?;

suite:
     - la Driire qui d?pend du Minist?re de l'Industrie a ?t? dessaisie du dossier fin 2006. La pollution induite du site semble logique et ind?niable quand on sait que tous les d?chets produits  pendant les trente premi?res ann?es ont ?t? enfouis ? m?me la terre sans aucune pr?caution, au lieu dit la Fosse des Mar?chaux, point culminant sur un rayon d'une dizaine de kilom?tres et qu'il est le d?part de plusieurs rivi?res souterraines tel que la Noue des Vins qui alimente Pontfaverger en eau potable.
     - certains des 200 tirs souterrains ont ?t? r?alis?s ? tr?s grande profondeur, certains ont d? fuser, des mati?res radioactives doivent encore baigner dans l'eau au fond de ces forages.
     - le CEA a organis? des r?unions avec l'Association  Fonci?re de Beine pour demander ? ?tre raccord? sur le r?seau d'eau potable de Berru via Beine!
     - le taux de radioactivit? de l'eau de certains puits sur le site (source Minist?re de la D?fense) est 50 fois plus important que la normale, si ce  taux continue ? augmenter (pour quelle raison  se stabiliserait-il ou d?cro?trait-il?) et est multipli? seulement par 1,5 alors adieu l'eau potable! Quelles seraient alors les cons?quences sur la population, l'agriculture, la viticulture?
     L'autorit? de S?ret? Nucl?aire qui contr?le tous les sites nucl?aires de France et qui communique ses rapports d'expertise sur Internet, n'a pas comp?tence pour le centre d'exp?rimentation nucl?aire de Pontfaverger-Moronvilliers. Le CEA poss?de son propre organisme de contr?le,  c'est-?-dire qu'il s'autocontr?le, on peut donc, ? juste titre je crois, ?tre tr?s r?serv? sur la r?alit? des r?sultats qu'il communique, d'ailleurs, avec parcimonie.
     D'apr?s mes recherches, seul ce centre en France n'a pas de Commission Locale d'Information. Ses retomb?es ?conomiques sont nulles (il ne paye aucune taxe et ne travaille directement avec aucune entreprise de la Communaut? de Communes), il n'apporte aucun soutien aux associations locales et ne participe aucunement au rayonnement des communes riveraines, c'est le moins que l'on puisse dire! Quelle diff?rence par rapport aux millions d'euros que re?oit la r?gion de Bure!! De plus ce p?le hautement technologique unique en Europe pr?sente la particularit? et le d?faut de porter le nom d'un village d?truit  il y a bient?t 100 ans ce qui entrave une r?elle influence sur la renomm?e de la vall?e et de la r?gion malgr? son haut degr? de technicit?.
     Par l'interm?diaire de votre bulletin d'information, vous avez pris position sur des faits qui inqui?tent une grande partie de la population locale, cela demande, je pense, des ?claircissements de votre part car les ?l?ments que je viens de vous (re)pr?ciser ne sont pas de m?me nature que ceux v?hicul?s par le CEA que vous avez pris apparemment en compte pour vous d?terminer.
     Les membres de mon association, par ma voix et afin d'obtenir des donn?es objectives correspondant ? la r?alit? de la pollution du site de Moronvilliers, vous demandent ?galement d'intervenir efficacement aupr?s de la Pr?fecture et du CEA pour qu'une ?tude compl?te de la situation environnementale du site (air, terre, eau) soit financ?e et r?alis?e en toute ind?pendance par  la CRIIRAD (Commission Ind?pendante d'Information sur la radioactivit?) qui me semble  la mieux plac?e pour op?rer. Je suis convaincu et j'esp?re que vous le serez aussi que, seul, un tel bilan peut donner une image fiable et intellectuellement honn?te de la r?alit?.
     En esp?rant une r?ponse favorable de votre part, je vous prie d'agr?er Monsieur le Pr?sident, mes salutations distingu?es.
     PS: Les derni?res explosions entendues de mon domicile: jeudi 7 f?vrier 2008 ? midi, lundi 11 f?vrier 2008 (plusieurs en quelques minutes).
     COMMENTAIRE GAZETTE
     Nous voil? repartis des ann?es en arri?re: 25 ans environ.
     ? l'?poque nous avons re?u au Coll?ge de France (Laboratoire de Physique Corpusculaire) un morceau d'uranium (c'?tait de l'uranium appauvri soit du U238) ayant ?t? trouv? ? l'ext?rieur du site apr?s un essai quelque peu rat?. Il nous avait ?t? confi? par le minist?re de l'Environnement (ministre Huguette Bouchardeau et au cabinet Philippe Roqueplo).
     Je suis incapable de savoir si le CEA a pris des mesures pour ?viter que cela se reproduise.
     Et d'apr?s la lettre, j'ai de plus une impression de malaise car ce bout d'uranium, ?vacu? comme d?chet par le laboratoire, semble avoir caus? des ennuis aux personnes qui l'avaient ramass?. ? l'?poque on avait parl? aussi dans Sciences et Vie (J. Denis-Lempereur), mais tout a ?t? enseveli sous le ?Secret-D?fense? comme d'habitude!!
     Par contre ce que je sais, c'est que des exp?riences de l?chers de tritium ont eu lieu sur d'autres sites. Par exemple ? Bruy?res-le-Ch?tel (site B3 pr?paration aux essais ? Moruroa) en novembre 86 puis en avril 87, le CEA a envoy? ? chaque fois 1g de tritium (7.000 curies soit 259 TBq ou 259 mille milliards de becquerels). C'?tait pour tester le d?p?t sur les aliments (salades par exemple): les habitants ont franchement mal v?cu la situation. L'affaire est remont?e jusqu'au Parlement Europ?en, parce qu'il y avait eu des visiteurs Allemands et Belges qui avaient racont? l'essai et cela avait d?plu (on a publi? cette chronique dans la Gazette N?78/79: bien s?r, il n'y eut aucun suivi des populations; et d'ailleurs le tritium est tout ? fait b?n?fique (!!), dixit les officiels).
     Les Commissions d'Information plac?es pr?s des Installations Nucl?aires de Base Secr?tes (INBS) entre ouvrent l'histoire de ces sites militaires.
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INTRODUCTION A L'ARTICLE d'ANDRE AURENGO
Monique Sen?
En compl?ment "controverses": Radiation for health: Could exposure to low doses of radiation cure our ills?
    La probl?matique de la radioprotection suscite des articles pour le moins curieux. S'il est exact que subsistent des incertitudes et que des ?tudes restent n?cessaires pour mieux cerner les effets des rayonnements, il n'en reste pas moins que des ?tudes sont en cours, que les cohortes de v?t?rans anglais sont analys?es. En particulier l'ingestion chronique de faibles doses de produits radioactifs induit des ph?nom?nes diff?rents du flash radioactif: l'?limination se fait plus lentement et la toxicit? est diff?rente. Ceci est un r?sultat qui sort des ?tudes ?ENVIRHOM? de l'IRSN. En particulier l'affirmation ?Un ph?nom?ne d'hormesis (Effet d'un agent toxique ? fortes doses, mais ayant un effet favorable protecteur ? faible dose), par stimulation des m?canismes de d?fense contre l'apparition ?naturelle? de cellules canc?reuses, est retrouv? dans 40% des ?tudes conduites chez l'animal, son existence chez l'homme est controvers?e.? ne repose pas sur des bases autres que celles selon laquelle on peut se prot?ger d'un corps dangereux en s'habituant en absorbant de faibles doses: c'est la fameuse ?mithridatisation? d?crite dans l'Antiquit? (le roi Mithridate). Sauf que les ?tudes actuellement men?es montrent qu'aussi bien en radioactivit? qu'en chimie l'ingestion de faibles doses induit des ph?nom?nes o? la dose est moins pr?pond?rante que le fait d'avaler sans arr?t de petites quantit?s. Il semble que les d?fenses des ?tres vivants sont plus efficaces lorsque la dose est relativement forte. Par contre dans le cas o? les doses sont faibles mais r?p?titives les effets semblent plus importants.
     Toutes les questions ? propos des Rayonnements ionisants de A. Aurengo sont pertinentes: sont-ils dangereux quels que soient la dose et le d?bit de dose? Comment ?tablir le rapport b?n?fice-risque des proc?dures m?dicales qui les utilisent? Quel est le risque r?el des rejets des sites nucl?aires? Comment estimer l'impact sanitaire des d?chets radioactifs? A partir de quelle concentration le radon est-il dangereux et n?cessite-t-il des travaux de protection dans les habitations? Quel est l'impact sanitaire de retomb?es de Tchernobyl en m?tropole? Des retomb?es des essais nucl?aires en Polyn?sie?
     Par contre ses d?monstrations sont biais?es. En particulier il oublie un point tr?s important: la biologie ne fait pas forc?ment bon m?nage avec les math?matiques. Or, il part sur le raisonnement suivant: ?Les m?canismes de d?fense de l'organisme ?tant de nature et d'efficacit? diff?rentes selon la dose, on devrait estimer le risque des faibles doses par une m?thode qui ne postule pas a priori la forme de la relation dose-risque.? et c'est exactement ce que font les personnes qui essaient de les ?tudier. Manifestement il ne lit pas les publications. Il a, aussi, ?t? d?couvert des effets dit de m?moire: les cellules proches ou m?me lointaines de celles touch?es peuvent pr?senter des l?sions persistantes.
     A. Aurengo minimise aussi bien les effets d'Hiroshima-Nagasaki que ceux de Tchernobyl et dans la foul?e ceux des essais nucl?aires polyn?siens (et sahariens bien s?r). Il affirme: ?On doit s'attendre ? quelques centaines de cancers en exc?s chez les liquidateurs ayant re?u des doses sup?rieures ? 200 mSv. On ne trouve pas d'exc?s significatif de cancer dans les populations d?plac?es ou r?sidant en zones contamin?es.?. Or, ceci est en contradiction avec les d?clarations des gouvernements bielorusses et ukrainiens qui sont confront?s ? beaucoup plus de malades (cancers, mais aussi probl?mes cardiovasculaires, glandulaires, neurologiques) que ce que les occidentaux (dont A. Aurengo) acceptent de parler. Les effets de Tchernobyl, vous affirment les officiels, sont dus au stress!! Et c'est la faute de ceux qui craignaient des suites dues ? l'?parpillement de produits radioactifs si des futures m?res se sont fait avorter. 700.000 affirme le Pr Tubiana: il a d? confondre avec le chiffre des liquidateurs.
     En ce qui concerne la Polyn?sie il r?fute les travaux du Pr Parmentier et ceux du chercheur INSERM de Vathaire, mais c'est juste sa conviction personnelle. Le sujet m?rite un traitement nettement plus s?rieux. Il en est de m?me des ?v?t?rans? du Sahara: trop facile de tout rejeter sans v?rifier la cohorte et sans analyser les cas de cancers, mais aussi de maladies.
     Il est sans piti? pour toutes les ?tudes men?es par l'InVS et l'IRSN et il n'admet que les d?clarations p?remptoires alors que justement ces chercheurs font part de leurs doutes. Il se permet une appr?ciation ? propos des probl?mes thyro?diens: ?Bien que les auteurs pr?cisent ?qu'il est aussi possible que l'exc?s r?el de risque de cancer thyro?dien, aux niveaux de dose consid?r?s ici, soit nul?, leurs r?sultats alarmistes n'ont pas apais?, mais ?gar?, les inqui?tudes qui s'expriment dans les affaires judiciaires en cours.?. 
suite:
     C'est particuli?rement irrecevable, car une telle attitude est ? l'origine des proc?s, les personnes ayant le sentiment d'?tre tromp?es et ne pardonnant pas l'arrogance et le m?pris exprim?s ? leur ?gard. De plus il affirme que les calculs n'ont pas tenu compte des mesures du SCPRI (le fameux service du Pr Pellerin) prouvant qu'il y avait des aliments non contamin?s ? c?t? de ceux contamin?s: cela signifie quoi? Bien ?videmment les auteurs ont d? construire un r?gime alimentaire moyen, un r?gime alimentaire avec plus de produits contamin?s (type lait) et donner des fourchettes. Il le sait et ce n'est pas la peine de laisser croire que ce ne sont pas les m?thodes applicables pour faire des calculs. Certains veulent tout contaminer et d'autres pr?tendent que rien ne l'est : il faut a minima envisager les 2 hypoth?ses, car toutes les situations vont exister. Et par prudence, il faut admettre les situations extr?mes (0 contamination ?tant un r?ve inexistant et forte contamination d?pendent de l'accident). Par ailleurs ce qui compte c'est la fraction ajout?e, puisque nous sommes soumis ? la radioactivit? naturelle; c'est justement cet ajout qui peut tout faire basculer pour certaines personnes plus sensibles que d'autres. Cet effet commence ? ?tre reconnu (Helsinki 2008): ?La  radiosensibilit? individuelle est un enjeu essentiel de la radioth?rapie (efficacit? ou complications d'un traitement: hypo ou hypersensibilit?). Il faut d?finir les diff?rences de sensiblit? au niveau collectif (homme, femme, enfant, b?b?) pour parvenir ? des crit?res d'?valuation de la radiosensibilit? individuelle.? A. Aurengo conna?t parfaitement ce sujet puisqu'il traite des patients, justement malades de la thyro?de.
     Sa diatribe contre les enqu?tes ?pid?miologiques n'a pas lieu d'?tre, sauf pour faire r?appara?tre le tabac. Il manque en plus l'alcool et le tableau clinique serait complet.
     Il est vrai qu'il faut essayer de faire du multifactoriel, mais cela repose sur des registres aussi complets que possibles. Or, il n'en existe que poign?e en France, couvrant tout juste 17% de la population. Du coup cela devient difficile de mener des ?tudes compl?tes.
     Quant aux accusations de diminuer le nombre de mammographies, cela se discute: il faut toujours avoir le courage de relever les suites de telles m?thodes de pr?ventions aussi bien que les suites des divers traitements. Trop facile d'affirmer que tout va bien: la prudence et le suivi sont les seules fa?ons d'appliquer des m?thodes correctes, respectueuses de la sant? des patients et de faire progresser les connaissances.
     D?nigrer les campagnes ?radon? revient ? s'imaginer que la radioactivit? naturelle n'a aucun effet sur la sant?, ce qui est parfaitement faux.  De plus les habitudes ont chang? depuis le 20?me si?cle: l'isolation des maisons, un bien pour les ?conomies d'?nergies et un mal (si on ne pense pas ? la ventilation) pour l'accumulation de radon. En cons?quence les campagnes radon n'ont rien d'un ?luxe?.
     Sa conclusion est s?rement int?ressante: ?Une telle d?marche (s?parer risques av?r?s et hypoth?tiques) est n?cessaire pour ?laborer une politique de sant? publique efficace, lisible, proportionn?e aux risques et ?valuable. Une labellisation des ?tudes ?pid?miologiques selon leur rigueur m?thodologique et le degr? de preuve qu'elles apportent ? leurs conclusions devient n?cessaire. Toutes les donn?es des enqu?tes devraient ?tre accessibles, comme pour la plupart des publications scientifiques. Ces mesures permettraient de relativiser les r?sultats faussement alarmistes. Elles ?viteraient de gaspiller, pour se pr?munir contre certains risques hypoth?tiques, des ressources qui seraient mieux utilis?es contre les risques av?r?s.?. Mais est-ce si simple? et n'est-ce pas de cette fa?on qu'on a continu? ? utiliser l'amiante? ou bien le benz?ne? ? persister ? soigner des malades avec des appareils d?fectueux? ? nier les probl?mes des v?t?rans et ? refuser les suites de Tchernobyl?
     Se voiler la face et refuser la r?alit? n'a jamais prot?g? quelqu'un. Il y aura toujours des risques, le reconna?tre est une ?vidence. Ne rien faire pour minimiser ceux que l'on conna?t est proprement inqualifiable.
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Incertitudes et d?rives de la m?decine environnementale:
L'exemple des rayonnements ionisants
Andr? Aurengo
Chef du service de m?decine nucl?aire, H?pital de la Piti?-Salp?tri?re, Paris
Article paru dans ?La Jaune et la Rouge? (Revue mensuelle de la soci?t? amicale des anciens ?l?ves de l'Ecole polytechnique), f?vrier 2008

     Chaque semaine, ou presque, para?t dans une revue scientifique une nouvelle ?tude ?d?montrant? la dangerosit? de tel ou tel proc?d? industriel, agent chimique, biologique ou physique, dispositif ? usage du grand public, lieu de r?sidence ou pratique m?dicale. Pour chaque agent suspect, on compte souvent de nombreuses ?tudes contradictoires; les ?tudes alarmistes sont souvent m?diatis?es mais celles qui rassurent int?ressent peu les m?dias. Fin 2007 par exemple, une ?tude allemande rapporte un doublement des leuc?mies des enfants vivant ? proximit? des centrales nucl?aires, r?sultat en contradiction avec ceux d'une ?tude fran?aise analogue qui montre au contraire un d?ficit significatif de leuc?mies de l'enfant autour de nos centrales. La m?decine environnementale et l'?pid?miologie, qui en est une des bases essentielles, ne se pr?tendent certes pas sciences exactes, mais on pourrait au moins en attendre une certaine coh?rence statistique, indispensable pour ?clairer les citoyens et les pouvoirs publics et fonder dans ce domaine une politique de sant?. On doit donc se demander quelle est l'origine de telles discordances et quelles en sont les cons?quences ?conomiques, sociales et sanitaires.

     La sacralisation des risques hypoth?tiques 
     ?tudes environnementales incertaines, impact m?diatique, inqui?tudes du public, pression sur les pouvoirs publics pour financer d'autres ?tudes, souvent dans l'urgence et dans des conditions m?thodologiques hasardeuses, bouclent un cercle vicieux qui conduit ? une v?ritable sacralisation des risques hypoth?tiques, lesquels prennent le statut de risques av?r?s. Le principe de pr?caution a constitutionnalis? cette d?rive en r?clamant pour les risques hypoth?tiques les m?mes d?marches d'?vitement que pour les risques av?r?s, en pr?vision du cas o? les hypoth?ses deviendraient certitude, avec une responsabilit? r?troactive ?tendue ? des risques qui n'?taient m?me pas envisag?s. Le paradigme de la d?marche classique d'?valuation des risques a chang?: d?sormais un risque ?voqu?, quelle qu'en soit la cause, existe a priori. Qu'une ?tude ne le mette pas en ?vidence ne conduit pas ? mettre son existence en cause mais ? invoquer un manque de puissance statistique, i.e. de sujets, donc de financement.

     Incertitudes et d?rives de la m?decine environnementale
     Cette sacralisation du risque hypoth?tique, projet? dans un futur imaginaire qui d?montrera sa nuisance, s'accompagne parall?lement d'une d?valorisation des faits o? la d?marche scientifique c?de le pas ? la croyance et ? l'opinion. Cet ?tat d'esprit contribue souvent ? rendre la recherche ?pid?miologique moins exigeante et semble l?gitimer une certaine d?sinvolture m?thodologique qui explique largement les incoh?rences constat?es, d'autant qu'estimer les risques environnementaux est particuli?rement difficile. 

suite:
     En effet, les personnes expos?es le sont en g?n?ral ? de faibles doses d'un agent dont la dangerosit? n'a ?t? prouv?e que pour des fortes doses rencontr?es par exemple en milieu professionnel ou ? la suite d'accidents. Estimer directement le risque de faibles doses n?cessite une rigueur m?thodologique d'autant plus grande que les effets recherch?s, s'ils existent, sont tr?s faibles. En revanche, faire l'hypoth?se d'une proportionnalit? entre le risque et la dose et extrapoler les risques av?r?s des fortes doses pour estimer ceux des faibles doses conduit ? surestimer le risque des faibles doses si l'organisme leur oppose des m?canismes de d?fense proportionnellement plus efficaces.

     Les rayonnements ionisants
      Les rayonnements ionisants (RI), canc?rog?nes av?r?s ? fortes doses, sont un bon exemple de ces difficult?s, par la diversit? des questions qu'ils posent aux d?cideurs: sont-ils dangereux quels que soient la dose et le d?bit de dose? Comment ?tablir le rapport b?n?fice-risque des proc?dures m?dicales qui les utilisent? Quel est le risque r?el des rejets des sites nucl?aires? Comment estimer l'impact sanitaire des d?chets radioactifs? A partir de quelle concentration le radon est-il dangereux et n?cessite-t-il des travaux de protection dans les habitations? Quel est l'impact sanitaire de retomb?es de Tchernobyl en m?tropole? Des retomb?es des essais nucl?aires en Polyn?sie?

     Pour quantifier la quantit? de rayonnements ionisants re?ue par un organisme, on utilise trois unit?s diff?rentes. La dose absorb?e, correspond ? l'?nergie (en joules) absorb?e par unit? de masse (en kilogrammes); elle s'exprime en gray (Gy). La dose ?quivalente, exprim?e en sievert (Sv) ou millisievert (mSv est ?gale ? la dose absorb?e multipli?e par un ?facteur de pond?ration radiologique? qui tient compte de la nocivit? relative des diff?rents types de rayonnements. La dose efficace, ?galement exprim?e en sievert (ce qui est une source de confusion fr?quente), est ?gale ? la dose ?quivalente multipli?e, pour chaque tissu, par un ?facteur de pond?ration tissulaire? qui exprime sa sensibilit? relative aux rayonnements pour l'induction de cancers. La dose efficace a ?t? introduite pour les besoins de la radioprotection car elle permet d'additionner les doses re?ues par diff?rentes r?gions du corps. Le d?bit de dose (efficace) caract?rise la vitesse ? laquelle la dose est d?livr?e. A Paris, le d?bit de dose efficace r?sultant de l'irradiation naturelle est d'environ 2,5 mSv par an, soit 0,3 ?Sv/h.
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     Malgr? l'?volution de nos connaissances sur les cancers radioinduits, certains estiment qu'il est possible de r?pondre ? ces questions avec une pr?cision acceptable en utilisant une hypoth?se de proportionnalit? entre la dose efficace de RI re?ue et le risque de d?velopper un cancer radioinduit. D'autres auteurs ont tent? d'estimer directement la r?alit? du risque de faibles doses de RI et de le quantifier. Les effets nocifs des RI ont ?t? soup?onn?s puis prouv?s peu de temps apr?s la d?couverte de la radioactivit? et des rayons X. Ils d?pendent fortement de la dose et du d?bit de dose.
     Pour des doses sup?rieures ? 700 mSv, administr?es ? fort d?bit, on observe presque toujours des effets pr?coces dont la gravit? augmente avec la dose, du simple ?ryth?me jusqu'? la mort en cas d'irradiation massive de l'ensemble du corps. ? un niveau plus faible, les doses qui d?passent 100 ? 200 mSv chez l'adulte et 50 ? 100 mSv chez l'enfant augmentent le risque de tumeurs solides et de leuc?mies avec une probabilit? qui cro?t avec la dose. Ces cancers peuvent survenir des dizaines d'ann?es apr?s l'irradiation. 

     La relation lin?aire sans seuil
     Malgr? les donn?es r?centes de la biologie et de la radiobiologie, on continue le plus souvent ? estimer les risques des doses faibles (? 100 mSv) et tr?s faibles (? 10 mSv) de RI en admettant que le risque (i.e. la probabilit?) de cancer radioinduit R est li? ? la dose efficace D par une relation lin?aire sans seuil (RLSS): R=g.D, esp?rant ainsi mod?liser une r?alit? complexe avec un seul coefficient g. La RLSS, dogme tenace de la radioprotection, est le noeud gordien d'une confusion permanente entre estimation du risque (d?marche scientifique) et gestion du risque (d?marche sociopolitique et administrative). La RLSS a ?t? introduite dans les ann?es 1960 par la Commission Internationale de Protection contre les Radiations (CIPR) pour r?pondre ? des besoins administratifs: elle permet d'additionner les diverses doses re?ues au cours de la vie professionnelle et d'?valuer de mani?re assez satisfaisante le risque de doses sup?rieures ? 200 mSv. Dans les ann?es 1970, on a admis que les alt?rations l'ADN, premi?re ?tape de la canc?rogen?se, r?sultaient d'?v?nements al?atoires ind?pendants, et on a postul? que les m?canismes de r?paration de l'ADN avaient la m?me efficacit? quelle que soit la dose. On en a d?duit logiquement que toute irradiation, si faible f?t-elle, pouvait causer des l?sions de l'ADN susceptibles d'?voluer vers un cancer, donc que la relation dose-risque pouvait ?tre extrapol?e jusqu'aux tr?s faibles doses. La RLSS a ainsi acquis le statut d'un fait scientifique d?montr? et continue ? ?tre utilis?e pour ?valuer les effets des faibles et tr?s faibles doses.

     Apports de la radiobiologie
     En r?alit?, au cours de l'?volution, des m?canismes de d?fense complexes et efficaces sont apparus contre la radioactivit? naturelle (environ 2,5 mSv par an ? Paris) et surtout contre les milliers de l?sions de l'ADN que provoquent chaque jour, dans chacune de nos cellules, les produits tr?s r?actifs du m?tabolisme oxydatif (voies de m?tabolisme cellulaire utilisant l'oxyg?ne). Ces m?canismes, qui mettent en jeu des centaines de g?nes, se sont d?velopp?s pour ?liminer les cellules mutantes qui pourraient ?tre ? l'origine de cancers. La d?fense contre les RI s'effectue ? trois niveaux : la cellule, le tissu et l'organisme entier, avec la mise en jeu de m?canismes de d?fense diff?rents selon la dose et le d?bit de dose, ce qui entra?ne de fortes non-lin?arit?s entre dose et risque (Cf rapport des acad?mies de m?decine et des sciences sur les faibles doses: http://www.academiemedecine.fr/Upload/anciens/rapports_228_fichier_lie.rtf)
     La cellule ne subit pas ?passivement? les l?sions de l'ADN. Elle se d?fend tout d'abord en activant des syst?mes enzymatiques qui ?liminent les esp?ces actives de l'oxyg?ne cr??es par l'irradiation et susceptibles d'endommager l'ADN. Pour des doses inf?rieures ? environ 10 mSv, les cellules dont l'ADN est endommag? sont simplement ?limin?es, soit par absence de toute r?paration (ce qui entra?ne la mort cellulaire au moment de la mitose), soit par activation de leur programme d'auto-destruction (apoptose). Au-del? de quelques dizaines de mSv, le nombre de cellules l?s?es ne permet plus leur ?limination et les syst?mes de r?paration de l'ADN sont activ?s. 

suite:
     Ils permettent la survie cellulaire et pr?servent les fonctions des tissus, mais la r?paration de l'ADN peut ?tre imparfaite, avec des erreurs qui peuvent conduire ? la canc?rogen?se, risque d'autant plus grand que la dose est plus ?lev?e. La canc?rogen?se se heurte alors ? une ligne de d?fense tissulaire: m?me quand une cellule est devenue pr?canc?reuse et autonome, les cellules voisines contr?lent sa prolif?ration. Enfin, le syst?me immunitaire peut ?liminer des clones de cellules canc?reuses, d'o? l'incidence ?lev?e de certains cancers chez les sujets immunod?prim?s. Ces lignes de d?fense peuvent ?tre submerg?es si la dose est trop ?lev?e.
     Un ph?nom?ne d'hormesis (Effet d'un agent, physique ou chimique, qui provoque un effet ? forte dose et un effet inverse ? faible dose. C'est le cas de nombreux agents, toxiques ? fortes doses, mais qui ont un effet favorable protecteur ? faible dose), par stimulation des m?canismes de d?fense contre l'apparition ?naturelle? de cellules canc?reuses, est retrouv? dans 40% des ?tudes conduites chez l'animal ; son existence chez l'homme est controvers?e.

     Apports et limites de l'?pid?miologie
     Qu'il s'agisse du public, des patients qui b?n?ficient d'examens radiologiques ou des travailleurs expos?s aux RI, la radioprotection a besoin d'estimations quantitatives fiables du risque de tr?s faibles doses (Une radiographie de thorax d?livre une dose efficace d'une fraction de mSv, un scanner environ 10 mSv et la quasi-totalit? des travailleurs sont expos?s ? moins de 20 mSv par an). Les m?canismes de d?fense de l'organisme ?tant de nature et d'efficacit? diff?rentes selon la dose, on devrait estimer le risque des faibles doses par une m?thode qui ne postule pas a priori la forme de la relation dose-risque.
     Pourtant, pour des raisons de puissance statistique, la plupart des ?tudes ?pid?miologiques font l'hypoth?se d'une RLSS R=g.D entre la dose efficace et le risque de cancer radioinduit et, pour calculer le coefficient g, fusionnent des donn?es obtenues pour des gammes de doses tr?s ?tendues, par exemple de quelques mSv ? 500 mSv. Le calcul montre alors que g est dans un intervalle de confiance (a-b) dont les bornes sont positives, en raison de la pr?sence de doses ?lev?es dont on sait bien qu'elles pr?sentent un risque r?el. On en d?duit qu'une dose d, si faible soit-elle est affect?e d'un risque significatif r situ? dans l'intervalle de confiance (ad-bd), ce qui ?justifie? a posteriori le choix d'une RLSS!
     En r?alit?, les ?tudes ne d?c?lent pas d'effet significatif de doses inf?rieures ? environ 100-200 mSv chez l'adulte et 50-100 mSv chez l'enfant. Chez les survivants d'Hiroshima et Nagasaki, on n'a observ? de leuc?mies qu'au del? de 150 mSv et, r?sultat r?cent, le risque de tumeur solide est proportionnellement plus faible pour des doses inf?rieures ? quelques centaines de mSv. Les ?tudes sur les examens radiologiques ne montrent pas d'effet significatif des doses inf?rieures ? quelques centaines de mSv et, en dehors du sein, aucune ?tude n'a retrouv? de risque de canc?rogen?se secondaire ? des examens it?ratifs. Pour les radio?l?ments ?metteurs alpha, on observe chez l'animal et chez l'homme des seuils tr?s ?lev?s, de plusieurs Sv, avant que le risque de cancer radioinduit devienne significatif. Une synth?se de toutes les ?tudes de cohorte pour lesquelles il a ?t? possible d'obtenir des donn?es sur les doses inf?rieures ? 100 mSv chez l'adulte a ?t? r?alis?e en 2006 (voir rapport colonne de gaucje). Sur un total de plus de 415.000 sujets suivis pendant 17 ans en moyenne, cette synth?se ne montre pas de risque relatif significatif de cancer radioinduit, ni pour les tumeurs solides (risque relatif = -0,012; intervalle de confiance ? 95% = [-0,041 ; +0,017]), ni pour les leuc?mies (risque relatif = -0,032; intervalle de confiance ? 95% = [-0,11 ; +0,19]). Ces nouvelles donn?es heurtent certaines id?es re?ues, mais il faut rappeler que les RI sont un canc?rig?ne tr?s peu ?efficace?. A Hiroshima et Nagasaki, l'irradiation des survivants a ?t? ? l'origine d'environ 700 d?c?s par cancer, alors que les bombes ont fait dans l'imm?diat plus de 200.000 morts. D'autres probl?mes m?thodologiques, retrouv?s dans d'autres domaines de la m?decine environnementale, viennent entacher la validit? des ?tudes sur les risques de faibles ou fortes doses de RI.

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     1) Les incertitudes sur les expositions ne sont pas prises en compte dans l'analyse statistique, ce qui entra?ne certes une att?nuation du risque calcul?, mais aussi une r?duction artificielle de son intervalle de confiance, pouvant laisser croire qu'une ?tude est positive alors qu'elle ne l'est pas en r?alit?.
     2) L'exposition ? d'autres canc?rig?nes ?ventuellement associ?s est estim?e de mani?re approximative ou totalement n?glig?e. C'est surtout le cas du tabac, canc?rig?ne beaucoup plus puissant que les RI, et qu'aucune ?tude ne prend correctement en compte (ce qui n?cessite de conna?tre l'?ge de d?but, la dur?e et l'intensit? du tabagisme ainsi que la nature du tabac), m?me quand elle concerne des cancers provoqu?s par le tabac (poumons, ORL, vessie). Quand les donn?es sur le tabagisme ne sont pas disponibles, les techniques permettant de prendre en compte cette incertitude (avec un ?largissement des intervalles de confiance) ne sont jamais mises en oeuvre. Ce probl?me ob?re les r?sultats des ?tudes sur le risque de cancer du poumon d? au radon, conduites sur les mineurs d'uranium ou en milieu r?sidentiel : aucune ne prend correctement en compte les param?tres pertinents du tabagisme (Cf rapport sur les causes du cancer en France http://www.iarc.fr).
     Un m?me probl?me affecte les conclusions de la r?cente ?tude internationale sur les travailleurs du nucl?aire (Cardis E, Vrijheid M et al. The 15-Country Collaborative Study of Cancer Risk among Radiation Workers in the Nuclear Industry: estimates of radiation-related cancer risks. Radiat Res. 2007 Apr; 167(4):396-416).
     3) Certaines enqu?tes r?trospectives cas-t?moins fondent tout ou partie de la reconstitution de l'exposition sur les donn?es d'un interrogatoire, portant par exemple sur les habitudes alimentaires plusieurs ann?es auparavant. Il en r?sulte un grand risque de biais, impossible ? corriger, les cas (les malades), plus motiv?s, ayant davantage tendance ? se rappeler les expositions que les t?moins. Un tel probl?me, entre autres, a conduit un groupe de travail des acad?mies des sciences et de m?decine ? conclure que la responsabilit? des essais nucl?aires fran?ais en Polyn?sie ne pouvait pas ?tre consid?r?e comme ?tablie, malgr? les conclusions d'une ?tude ?pid?miologique (http://www.academie-medecine.fr). C'est pour ?viter cette difficult? bien connue que les essais des m?dicaments se font en double aveugle.
     4) Les enqu?tes ?pid?miologiques comportent souvent de tr?s nombreux tests statistiques sur le risque d'induction de tel ou tel cancer. Cela conduit ? une certaine proportion de r?sultats positifs, simplement par hasard. Quand un tel r?sultat est inattendu, compte tenu des connaissances ant?rieures et de sa plausibilit? biologique, il devrait ?tre valid? par une nouvelle enqu?te fond?e sur d'autres cas. Cette confusion entre un r?sultat soulevant une hypoth?se et un r?sultat ?tabli est particuli?rement fr?quente quand le plan d'analyse statistique est modifi? en fonction des donn?es collect?es.

      Les cons?quences
      Les cons?quences de ces incertitudes et faiblesses m?thodologiques sont nombreuses et potentiellement graves. En surestimant certains risques, elles conduisent ? fausser les analyses b?n?fice-risque n?cessaires ? de nombreuses d?cisions (en particulier m?dicales) et ? distordre l'attribution des moyens d?volus aux probl?mes de sant? publique, en privil?giant abusivement certains risques, en leur consacrant des sommes disproportionn?es qui seraient mieux utilis?es ailleurs, soit encore en impulsant des d?marches de pr?vention contre des risques consid?r?s comme ?tablis, alors qu'ils ne sont en r?alit? qu'hypoth?tiques et rel?vent d'un approfondissement des recherches.

suite:
Nous citerons quelques exemples.
     1) Chacun a ?t? frapp? par l'?ventail consid?rable des estimations du nombre de morts secondaires ? l'accident de Tchernobyl, qui vont de quelques centaines ? quelques dizaines de milliers. Les estimations les plus pessimistes reposent sur l'application abusive d'une RLSS ? des doses tr?s faibles (quelques mSv) touchant des populations consid?rables, par exemple l'ensemble de l'Europe et de l'ex-URSS. Des experts internationaux, r?unis sous l'?gide de l'ONU (WHO: Health Effects of the Chernobyl Accident Report of the UN Chernobyl Forum Expert Group "Health" (EGH) 2005) ont conclu ? un bilan de 4.000 morts survenues ou futures, en appliquant une RLSS, ? l'encontre des recommandations de la CIPR et en se fondant sur une esp?rance de vie des populations concern?es sup?rieure ? celle observ?e en r?alit?. En fait, m?me dans les zones les plus expos?es d'Ukraine et de B?larus, les seuls exc?s de cancers mis en ?vidence sont 4.000 cas de cancer de la thyro?de d'enfants dont 98% avaient moins de 10 ans ou ?taient in utero lors de l'accident. Une dizaine en sont d?c?d?s. On doit s'attendre ? quelques centaines de cancers en exc?s chez les liquidateurs ayant re?u des doses sup?rieures ? 200 mSv. On ne trouve pas d'exc?s significatif de cancer dans les populations d?plac?es ou r?sidant en zones contamin?es.
     2) En France, les retomb?es de Tchernobyl sont souvent consid?r?es comme principales responsables de l'augmentation de l'incidence du cancer de la thyro?de. En 2002, un travail de l'IPSN et de l'INVS avait estim? que le nombre de cancers thyro?diens en France secondaires ? Tchernobyl pouvait atteindre 55 cancers sur la p?riode 1991-2015, contre 900 ? 60 cancers spontan?s, rendant illusoire une enqu?te ?pid?miologique. Cette estimation souffre de deux erreurs m?thodologiques. L'exposition a ?t? estim?e ? partir des mesures de contamination effectu?es en 1986 par le SCPRI sur les denr?es alimentaires, mais les donn?es pour lesquelles aucune contamination n'?tait trouv?e n'ont pas ?t? prises en compte. D'autre part, une RLSS a ?t? utilis?e pour calculer le risque de doses ? la thyro?de ne d?passant pas 16 mGy, alors que l'augmentation de l'incidence du cancer thyro?dien n'est pas significative pour moins de 100 mGy. Bien que les auteurs pr?cisent ?qu'il est aussi possible que l'exc?s r?el de risque de cancer thyro?dien, aux niveaux de dose consid?r?s ici, soit nul?, leurs r?sultats alarmistes n'ont pas apais?, mais ?gar?, les inqui?tudes qui s'expriment dans les affaires judiciaires en cours. On observe bien, depuis 1975 (donc plus de dix ans avant Tchernobyl), une augmentation du nombre de cancers thyro?diens de l'adulte, dans les pays d?velopp?s touch?s ou non par les retomb?es de la catastrophe. La quasi-totalit? des sp?cialistes s'accorde pour y voir la cons?quence d'un meilleur d?pistage ?chographique et cytologique de petits cancers ?occultes?, naturellement fr?quents chez l'adulte, ce que confirme la surveillance ?pid?miologique de l'INVS (http://www.invs.sante.fr).
     3) Des articles r?cents (Berrington de Gonzalez A, Darby S. Risk of cancer from diagnostic X-rays: estimates for the UK and 14 other countries. Lancet 2004; 363: 345-51. Brenner DJ, Hall EJ. Computed Tomography — An Increasing Source of Radiation Exposure. N Engl J Med 2007;357:2277-84), fond?s sur l'utilisation d'une RLSS, font ?tat de centaines de morts provoqu?es par les examens radiologiques classiques ou scanographiques. Il s'agit heureusement de morts virtuelles r?sultant de calculs sans justification scientifique, mais qui conduisent par exemple certains ? conseiller une limitation des mammographies de d?pistage du cancer du sein par crainte d'un cancer radioinduit. De tels conseils sont tr?s dommageables pour la sant? publique, le b?n?fice de la mammographie ?tant largement sup?rieur ? son risque (si tant est que ce dernier existe), m?me pour des femmes pr?sentant un risque g?n?tique ?lev? de cancer du sein, spontan? ou radioinduit.
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     4) Une r?cente estimation (Catelinois O, Rogel A. Laurier D. et coll. 2006. Lung cancer attributable to indoor radon exposure in France: impact of the risk models and uncertainty analysis. Environ Health Perspect 114(9); 1361-66.) attribue au radon pr?sent dans les habitations fran?aises un nombre de morts annuel par cancer du poumon compris entre 540 et 3.100, la plupart chez des fumeurs. Cette estimation est encore plus approximative que ce que laisse supposer la large fourchette de son incertitude, pour plusieurs raisons. L'habitat individuel est surrepr?sent? dans les mesures de concentration en radon. Une RLSS est utilis?e m?me dans des gammes de concentration o? les ?tudes ne montrent aucun effet significatif du radon. Les facteurs de risque retenus r?sultent d'?tudes pour lesquelles le risque du tabagisme actif n'a pas ?t? correctement quantifi? et celui du tabagisme passif a ?t? n?glig?. Il s'agit pourtant de canc?rig?nes pulmonaires majeurs, qui ne sont pas ind?pendants de la dose d'irradiation pulmonaire par le radon. Il ne s'agit pas d'un d?bat th?orique, une surestimation pouvant conduire ? des d?penses consid?rables en contr?les, mesures, travaux et perte de valeur pour des centaines de milliers d'habitations qui ne le justifient pas, alors que les efforts devraient se concentrer en priorit? sur les lieux o? la concentration en radon d?passe 400 Bq/m3 et surtout contre le tabagisme. ?radiquer le tabagisme ?viterait 94% des cancers mortels du poumon soit environ 23.000 d?c?s et une campagne qui persuaderait 0,5% des fumeurs d'arr?ter ou dissuaderait 0,5% des adolescents de commencer, aurait autant d'impact sur la sant? publique qu'une lutte victorieuse contre le radon.      ?volutions
     Il est encourageant de constater que les positions ?voluent vers une plus grande rigueur. Dans ses derni?res publications, la CIPR, principale source des r?glementations internationales, cite largement le rapport des acad?mies fran?aises sur les risques des faibles doses et rappelle que, contrairement aux exemples ci-dessus, la dose collective (i.e. la dose efficace totale d?livr?e ? une population) ne peut pas ?tre utilis?e pour calculer le nombre de morts par cancer quand un grand nombre de personnes est soumis ? de faibles doses. La CIPR reste paradoxalement fid?le au dogme de la RLSS comme meilleure estimation du risque individuel quelle que soit la dose, alors que l'utilisation de RLSS et de la dose collective (qu'elle consid?re comme abusive) sont math?matiquement ?quivalentes...
     En septembre 2007, le Centre International de Recherche sur le Cancer (OMS), les Acad?mies de Sciences et de M?decine et la F?d?ration Nationale des Centres de lutte contre le Cancer ont publi? un rapport sur les causes du cancer en France lequel, pour la premi?re fois, fait une nette distinction entre les agents dont la responsabilit? est ?tablie (qui appellent des d?marches de pr?vention) et ceux qui doivent ?tre consid?r?s comme hypoth?tiques et rel?vent de recherches, voire de mesures de pr?caution r?visables avec l'avanc?e de nos connaissances. Une telle d?marche est n?cessaire pour ?laborer une politique de sant? publique efficace, lisible, proportionn?e aux risques et ?valuable. Une labellisation des ?tudes ?pid?miologiques selon leur rigueur m?thodologique et le degr? de preuve qu'elles apportent ? leurs conclusions devient n?cessaire. Toutes les donn?es des enqu?tes devraient ?tre accessibles, comme pour la plupart des publications scientifiques. Ces mesures permettraient de relativiser les r?sultats faussement alarmistes. Elles ?viteraient de gaspiller, pour se pr?munir contre certains risques hypoth?tiques, des ressources qui seraient mieux utilis?es contre les risques av?r?s.
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