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Un exemple typique de la propagande mensongère du gouvernement
et des technocrates du nucléaire.
On savait déjà qu'avec les surgénérateurs
(Superphénix), les technocrates français du nucléaire,
sûrs d'eux et de leur bon choix, préparaient la prolifération
de l'arme atomique au plutonium.
Soudain, ô surprise, les pistes s'embrouillent.
Personne n'a pu échapper, au moment
de la Conférence de Londres, à la grande nouvelle: la
France venait de mettre au point LE procédé d'enrichissement
de l'uranium à 3 ou 4 % et n'autorisant que les usages civils de
l'atome, interdisant la réalisation des bombes A! Cette information
a été très largement diffusée par les média.
et avec un ensemble suspect, comme une nouveauté sensationnelle.
Or:
1. Si un pays désire construire une
bombe A, il aura tout intérêt, comme l'a fait l'Inde et comme
va le faire à son tour le Pakistan avec l'aide française,
à utiliser, non pas de l'uranium, mais du plutonium; ce dernier
peut être produit à partir d'uranium faiblement enrichi (grâce,
par exemple, au nouveau français - moins cher disent les experts)
dans un réacteur rudimentaire comme ceux qui permirent la bombe
de Nagasaki.
2. Lorsqu'un pays comme les USA ou l'URSS
fournissait de l'uranium enrichi à un autre, il assortissait son
contrat de fourniture de clauses lui permettant, soit de récupérer
le plutonium produit dans les réacteurs, soit d'en contrôler
l'usage. Désormais, si le nouveau procédé français
se répand, ceux qui l'auront adopté seront en mesure d'acquérir
l'indépendance en matière de fabrication de bombes A. C'est
le respect de l'indépendance de chacun vu par M. Basil Zakarov [1]!
Comme le dit F. de Rose [2] dans Le Monde du 13 mai: «ce
procédé ne permettrait pas Hiroshima (bombe à
l'uranium), mais il rendrait plus facile Nagasaki (bombe au plutonium).».
Le Président Carter est ancien ingénieur
atomiste qui connaît la musique et s'oppose pour des raisons très
diverses à la prolifération atomique. Ne s'agissait-il pas
surtout, à Londres, pour le gouvernement français, de lui
forcer la main pour l'obliger à rompre l'embargo US sur l'uranium
enrichi (ce qui fut fait) sous la menace de faciliter la prolifération
par la diffusion du procédé français d'enrichissement
de l'uranium?
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suite:
Voilà qui serait très éloigné
de l'image officielle d'une France championne de «l'atome civil»!
Mais il ne fallait pas que le public français apprenne quel genre
de chantage on menait en son nom. Alors, raison d'Etat oblige, n'est-ce
pas, on a un peu forcé sur les agences de presse
1. Célèbre marchand de canons
2. Membre du Comité de l'Energie Atomique (52-64); ancien
Président du Conseil (1952) de l'Organisation Européenne
de recherches nucléaires.
LISTE DES SIGNES RENCONTRÉS DANS LE CORPS DU TEXTE
AIE: Agence Internationale de l'Energie dont font partie les pays membres
de l'OCDE
AIEA: Agence Internationale de lÌEnergie Atomique. En sont membres
les signataires du traité de non-prolifération, ainsi que
certaines autres nations (dont la France).
CP1: Première partie du programme Messmer, soit 16 tranches
nucléaires de 900 MWe.
PWR : Centrale nucléaire à eau pressurisée,
mise au point par Westinghouse.
MWe: million de Watts électriques; désigne la puissance
dÌune centrale produite sous forme d'électricité.
TEC: Tonne d'équivalent charbon. C'est l'énergie correspondant
à la combustion d'une tonne de charbon.
TWh: Mille milliards de Watt-heure; c'est une unité d'énergie
électrique.
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